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    Economie

    Marchés financiers
    Les pays émergents prônent le «ni-ni»

    Par L'Economiste | Edition N°:2879 Le 13/10/2008 | Partager

    . Réunis à Marrakech, les membres de l’OICV prêchent la modération. Ni hyperrégulation, ni pilotage total par le marchéLA crise des marchés des capitaux interpelle particulièrement les autorités de régulation. Les 150 gendarmes des marchés des capitaux émergents, présents à Marrakech lors des travaux de la réunion annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), en étaient conscients. La débandade actuelle des marchés financiers s’est naturellement imposée à cette réunion en bousculant l’ordre du jour. Pour les régulateurs des marchés boursiers, le défi est désormais d’imaginer des garde-fous plus efficaces pour éviter de sombrer à nouveau dans la tempête actuelle. Mais tous savent qu’il n’y a pas de recette miracle face à l’ingéniosité des as de la finance, qui sont aujourd’hui cloués au pilori. Trois jours durant, ils ont discuté des programmes qui seront utiles aux autorités de différents pays pour identifier les meilleures solutions. Et les marchés émergents pourraient justement aider à stabiliser cette crise, estime Jane Diplock, présidente de l’autorité de régulation de la Nouvelle-Zélande. Dans ce groupe homogène, les marchés ne sont pas tous logés à la même enseigne. «Il y a de bonnes pratiques à recommander», croit savoir Grec Tanzer, secrétaire général de l’instance des valeurs au Chili et président du Comité des marchés émergents à l’OICV, «mais le plus important dans ce moment de crise est de coordonner les actions; des décisions unilatérales d’un pays peuvent affecter d’autres. Il faut que les membres d’un groupe prennent en compte les situations des uns et des autres dans ces prises de décision».On ne sait pas jusqu’où iront les choses. Au début, on a pensé que la crise financière était focalisée uniquement sur les marchés américains des subprimes. Celle-ci a évolué comme une bulle à l’envers et a affecté d’autres marchés à l’intérieur des Etats-Unis. Ensuite, la crise a touché les pays européens et, plus récemment, les pays asiatiques et les pays émergents. Maintenant, il faut aussi penser à la post-crise. Les pays émergents doivent réfléchir aux conditions à mettre en place pour attirer les capitaux.«Le régulateur se doit de mener des actions transversales pour limiter la casse au niveau et aller au-delà des discours, y compris sur le cadre législatif. Il doit aussi intervenir au niveau de la communication financière des entreprises cotées. Le petit porteur doit être suffisamment sensibilisé et informé de la logique du marché» propose Zakaria Fahim, président du CJD.La toile de fond des travaux de Marrakech fut constituée par une meilleure efficience des instances de régulation des pays émergents, de leur rôle et surtout des leçons à tirer de la déréglementation. C’est que la crise a démarré là ou les pays ont complètement dérégulé leur système. Ce qui n’est pas le cas de plusieurs pays émergents. «Piloter correctement les systèmes exige une solution à mi-chemin entre une hyperrégulation et une ouverture totale», observe cet opérateur. Une réflexion sur une régulation rénovée à même de prévenir les crises et garantir la stabilité des systèmes financiers est aussi le projet du gouvernement marocain concernant son système financier. Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances et invité d’honneur de la réunion des marchés émergents de l’OICV, a tenu à rappeler le processus de modernisation du système financier marocain. «Le cadre légal a été à chaque fois renforcé de manière à lui assurer une adéquation entre ses responsabilités et ses missions», martèle le ministre. Ce processus de réforme devra d’ailleurs être poursuivi avec de nouveaux chantiers. Un projet de loi modifiant le texte régissant le CDVM a été finalisé et sera introduit dans le circuit d’adoption incessamment. Il devra doter le régulateur marocain d’une indépendance totale afin de renforcer ses prérogatives et ses moyens d’intervention, annonce Mezouar. « C’est une décision politique de faire en sorte que le politique ne soit plus impliqué au niveau du CDVM».


    Expériences

    DES problématiques comme l’accès des petites et moyennes entreprises au marché financier dans les pays émergents, l’éducation et la protection des investisseurs, ont été débattues. Ont été également présentées des expériences comme celles de l’Egypte, du Maroc et du Nigeria, dont les marchés des capitaux ont enregistré durant la dernière décennie des croissances significatives, et ont été touchés directement ou indirectement par la crise récente.Badra BERRISSOULE


    Ils ont dit

    - Salaheddine Mezouar, ministre des Finances«Les fondamentaux économiques et ceux des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca sont sains et solides. Ils sont sans commune mesure avec l’évolution de notre Bourse depuis quelques semaines, et augurent plutôt une évolution positive du marché. Cela étant, nous, autorités publiques et de supervision, restons attentifs et vigilants quant à l’évolution de l’environnement international». - Hicham Ealamy, DGA du CDVM«L’effet de contagion des turbulences du marché international commence à toucher aussi les Bourses des pays émergents. Conséquences directes ou indirectes? L’Egypte qui a clôturé à -16% en un jour, le Maroc lui-même n’est pas épargné, alors qu’on a toujours l’habitude de dire que notre marché est isolé. Il le demeure, ne ce-serait que pour des raisons de restriction de change et, également, parce que les investisseurs étrangers sont relativement peu présents dans la Bourse marocaine. Ceci étant, les effets indirects ont été observés dans tous les pays et le seront davantage. Les économistes prédisent un ralentissement de la croissance de certains pays. Alors comment retenir les leçons et quel rôle du régulateur dans l’éducation du public au sens large ? C’est une question qui n’est pas propre au Maroc. H. H.

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