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    Economie Internationale

    Malnutrition: L'Unicef fait le point

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Saviez-vous que la malnutrition est la cause d'au moins la moitié des décès d'enfants dans le monde? C'est ce que dénonce le dernier rapport de l'Unicef consacré à la nutrition.


    Nouvelle sonnette d'alarme de l'Unicef. Dans les pays en voie de développement, ils sont
    plus de 6 millions d'enfants de moins de cinq ans à décéder, car malnutris. La nouveauté cependant est que les pays en voie de développement ne sont plus les seuls concernés. Dans certains pays industrialisés, les disparités grandissantes entre les revenus et la diminution concomitante des prestations sociales ont des effets alarmants sur le bien-être nutritionnel des enfants.
    «La malnutrition est en général le fruit de l'association d'un apport alimentaire inadéquat et d'une infection. Chez les jeunes, elle est synonyme de troubles de croissance, les enfants mal nourris étant plus petits et plus légers que ne le voudrait leur âge», explique le rapport.
    Le Niger arrive en tête avec le plus grand taux de mortalité des moins de 5 ans: 320 naissances vivantes en 1996. Il est suivi de l'Angola avec 292 et de la Sierra Leone avec 284. Le Maroc occupe la 64ème position. L'année 1996 y a enregistré 74 décès d'enfants de moins de 5 ans sur 1.000 naissances vivantes. «En Asie du Sud, un enfant sur deux souffre de malnutrition, un sur trois en Afrique présente une insuffisance pondérale et dans plusieurs pays de ce continent l'état nutritionnel des enfants va empirant», s'indignent les auteurs du rapport.

    Typologie


    Il existe plusieurs types de malnutrition. Certains enfants souffrent de plusieurs types en même temps.
    L'anémie intervient dans 20 à 23% des décès post-partum en Afrique et en Asie. Chez le nourrisson et le jeune enfant, elle peut entraver le développement psychomoteur et cognitif, abaissant le quotient intellectuel de 9 points.
    La carence en vitamine A, elle, touche quelque 100 millions d'enfants dans le monde. Elle est une des causes de cécité. Agissant sur le système immunitaire, elle diminue la résistance à la diarrhée, à la rougeole, ou autres maladies graves.
    Les carences en minéraux et vitamines coûte à certains pays plus de 5% de leur PNB du fait des pertes de productivité, de capacités ou encore de vies.
    L'Unicef estime à 226 millions les enfants qui présentent des retards de croissance. Une étude menée au Guatemala a montré que, par rapport aux gens de taille normale, la durée de la scolarité était en moyenne inférieure de 1,8 année pour les hommes ayant une insuffisance staturale importante et d'une année pour les femmes.
    Près de 67 millions d'enfants souffrent d'émaciation (ils sont en dessous du poids qu'ils devraient avoir pour leur taille) et 183 millions pèsent moins que le poids moyen normal pour leur âge.
    Par ailleurs, les femmes mal nourries, de poids insuffisant, risquent fort d'avoir des bébés trop petits.

    L'allaitement maternel


    Les causes de malnutrition sont multiples. Elles vont de l'inadéqua-tion de la ration alimentaire à la mauvaise qualité des soins en passant par la maladie, l'insécurité alimentaire des ménages...
    Le rapport assure qu'agir contre ce fléau est à la fois impératif et possible. Une série d'expériences réussies sont citées en exemple. Ces programmes ont pratiquement tous mis l'accent sur l'alimentation des nourrissons. Leur objectif était avant tout de protéger, promouvoir et soutenir l'allaitement maternel. Pour cela, l'UNICEF et l'OMS se sont lancées en 1991 dans une initiative baptisée «Les hôpitaux amis des bébés». Une action visant à modifier les habitudes des maternités. En six ans, 12.700 hôpitaux dans 114 pays se sont transformés en centres de soutien à une bonne alimentation des nourrissons. Ainsi, «les vies sauvées ou rendues meilleures se comptent par millions. Il est difficile d'imaginer quel autre moyen aurait pu apporter autant d'avantages
    en aussi peu de temps», est-il souligné.
    Mais la guerre déclarée par l'homme à la malnutrition dans le monde ne s'arrête pas là. Il faudra utiliser les grands moyens pour sauver le maximum d'enfants: éduquer la femme, enrichir les aliments de base avec des nutriments essentiels, augmenter les investissements publics dans le secteur social...

    Hanaâ FOULANI

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