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    M Philippe Vasseur au dîner de la CFCIM : «Les certificats d'importation ne devaient pas concerner le Maroc»

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager

    M. Philippe Vasseur a tenté de convaincre les entrepreneurs marocains sur la nécessité de renforcer la coopération franco-marocaine. Message reçu. Mais le protectionnisme déguisé de l'Union Européenne inquiète.

    Quand un ministre européen de l'Agriculture se met à table pour disserter sur les relations Maroc-Union Européenne en général et Maroc-France en particulier, les discussions ne doivent être que passionnantes. Le dîner-débat organisé par la CFCIM le 31 octobre 1996, avec pour invité principal M. Philippe Vasseur, ministre français de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, ne devait pas déroger à la règle. Cependant, malgré un menu alléchant, nous sommes restés sur notre faim. Les exigences de l'hospitalité avaient certainement ramolli la hargne des opérateurs qui sont d'habitude plus critiques sur les relations commerciales Maroc-UE.
    Après l'exposé de M. Alain de Beauchamp, président d'honneur de la CFCIM, qui a repositionné les relations Maroc-France dans le contexte actuel, M. Vasseur a annoncé la couleur en précisant qu'il «existe bien un problème dans les relations Maroc-UE». Et de souligner au passage, dans un langage cru, que «tous ceux qui disent le contraire sont des menteurs».

    Prix de restitution


    La porte fut ouverte pour des discussions nourries. Le feu d'artifice n'a pourtant pas eu lieu. En bon tacticien, le ministre français est aussitôt passé à l'offensive pour préciser qu'il ne répondrait pas à des questions imprécises ou qui ne pourraient faire avancer les discussions. Cette annonce ne pouvait que mettre les opérateurs économiques locaux sur la défensive.
    Pour autant, M. Vasseur a reconnu que l'Accord d'association ne satisfait pas entièrement le Maroc. Mais, indique-t-il, «la France a pesé de tout son poids pour qu'il profite autant que possible aux Marocains». Et d'ajouter: «Je ne veux pas que l'UE fasse des profits sur le dos des agriculteurs marocains du fait que de bonnes relations incluent une notion d'équilibre» .
    Si l'on en juge par leur fougue dès qu'on aborde ce volet agricole, les exportateurs marocains n'ont pas encore senti cet équilibre.
    Pis, plusieurs dispositions prises par Bruxelles continuent de faire pencher la balance du côté européen, d'une part, et de grignoter la compétitivité des exportations marocaines par rapport à celles des PECO (Pays d'Europe Centrale et Orientale) d'autre part.
    Pour les agrumes, les prix de restitution et les certificats d'importation ont donc catalysé les préoccupations des intervenants, en particulier M. Ahmed Darrab, secrétaire général de l'Aspam (Association des producteurs d'agrumes du Maroc), qui maîtrise parfaitement ses dossiers.
    S'il a réussi à ébranler un exportateur de vins, M. Vasseur n'a pu esquiver les questions de M. Darrab dont certaines critiques ont été soutenues par M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole. Sans risque de froisser son invité, M Abouyoub a souligné que «les prix de restitution en faveur des pays de l'Est n'ont aucune raison d'être».
    Il a par ailleurs rappelé que les CI ont été mal perçus par les exportateurs marocains.
    M. Vasseur a déploré la sévérité des critiques des chefs d'entreprises marocains en ce qui concerne l'évolution des exportations. Cela ne l'a pas empêché de se ranger de leur côté sur la question des CI. Le ministre français a reconnu qu'il existe bien des difficultés. «Normalement, cette procédure ne devait pas toucher les exportations marocaines», a-t-il avancé. Du coup, il a invité le Maroc à soulever cette question devant le Conseil d'Association qui sera prochainement mis en place.

    Coopération bilatérale


    En dehors des piques sur certains points relatifs aux relations Maroc-UE, les interventions de M. Vasseur ont été surtout un plaidoyer pour le renforcement de la coopération franco-marocaine.
    Le ministre français de l'Agriculture l'a réaffirmé. La France soutient le Maroc et continuera à appuyer sa position dans les négociations avec l'UE. Pour M. Vasseur, «le partenariat Maroc-UE ne doit pas faire disparaître les relations maroco-françaises» . Au nom du gouvernement français, il s'est engagé à faire en sorte que les opérateurs économiques français reprennent leur place, notamment dans le secteur sucrier. Le retrait de l'Etat de ce secteur pourrait permettre aux Français de rompre avec la frilosité dont il font preuve depuis le début des opérations de privatisation.
    Outre les opérateurs français résidant au Maroc, les industriels français étaient bien représentés dans la salle par la forte délégation qui a accompagné M. Vasseur. Dans les coulisses, quelques hommes d'affaires français indiquent avoir mis à profit cette visite pour avancer sur des projets de joint-ventures ou créer directement des entreprises. C'est le cas d'un exportateur de viande installé dans le Sud de la France.
    En relançant le comité mixte avec M. Abouyoub, M. Vasseur espère que les chefs d'entreprises français vont participer davantage au développement économique du Maroc.

    Aliè Dior NDOUR

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