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    Politique Internationale

    L'origine du Prix Nobel : Un monopole de la dynamite pour encourager la paix et les sciences

    Par L'Economiste | Edition N°:51 Le 29/10/1992 | Partager

    Lorsque SOBRERO découvrit pour la première fois la nitroglycérine à Turin en 1846, il ne réalisait absolument pas que cette étonante découverte allait révolutionner le monde des explosifs. A l'époque, seuls la poudre noire et le coton poudre constituaient les explosifs pratiquement employés par excellence. L'action de l'acide azotique sur la glycérine allait en effet permettre d'obtenir un nouveau produit recelant une force explosive jusqu'alors inconnue. Cependant, la nitroglycérine à son stade préliminaire apparaît inutilisable à moins d'être maîtrisée et conçue. A partir de ces données, et sur la base des travaux de SOBRERO l'Italien, Alfred Nobel, chimiste de son époque allait entreprendre des recherches qui vont le conduire en fin de compte à concevoir la dynamite. En effet, Nobel transforma la nitroglycérine en pâte, lui ajoutant une terre silicieuse à diatomées, le Kieselguhr. Formée de carapaces d'infusoires microscopiques, cette substance chimiquement inerte et très pareuse fixera l'explosif liquide.
    La nouvelle formule est brevetée en 1867, et Nobel appellera dynamite le produit qui se présente sous tubes en carton, manipulés sans dommage, pour éviter l'explosion, et qui est aisément inséré dans des trous de mines.

    Monopole de la dynamite

    L'essor considérable de la dynamite a donné lieu à la création et la prolifération rapide des usines Nobel à travers le monde entier. Ainsi la production, favorisée à l'époque par les aménagements des chemins de fer, et l'exploitation des bassins houillers, a connu une augmentation sensible passant de 11 tonnes au début de l'année 1867, à 3.000 tonnes en 1874.
    Autant de travaux irréalisables avec les moyens explosifs précaires sont devenus avec le concours des fabrications Nobel une réalité concrète, tels l'entaille profonde du Canal de Corinth (90m sur 7km), le percement du tunnel Saint Gothar ainsi que d'autres chantiers gigantesques.
    A sa mort en 1896, dejà une centaine d'usines dispersées à travers les continents produisaient 65 à 66.000 T. de dynamite et de plastic, découvert également par Nobel. Il incarnait déjà le monopole et se trouvait à la tête d'une fortune colossale.
    Nobel ne laissait à sa mort aucun successeur direct. Il considérait ses frères, avec lesquels il entretenait des rapports moins bons, comme des aventuriers en matière d'investissement, ayant lui-même préféré asseoir sa fortune sur un monopole, la dynamite, plutôt que sur des produits soumis à une forte concurrence et qui nécessitaient une infrastructure, à ses yeux trop compliquée et peu rentable. En plus, pour lui la transmission des fortunes par héritage est inadmissible, car il pense qu'elles vont trop souvent à des incapables et n'apportent que des calamités par tendance à l'oisiveté qu'elles engendrent chez les héritiers.

    Testament

    Ainsi son testament rendu public le 2 Février 1897 stipulait: "la totalité de mes biens réalisables devra être utilisée de la façon suivante: le capital sera investi par mes exécuteurs testamentaires en placement de toute sécurité et constituera un fonds dont l'intérêt devra être annuellement distribué sous forme de Prix à ceux qui pendant l'année précédente, auront apporté les plus grands bienfaits à l'humanité". Cet intérêt sera divisé en 5 parts égales qui seront distribuées de la façons suivante:
    - une part à qui aura fait la découverte ou l'invention la plus importante dans le domaine de la physique,
    - une part à qui aura fait la découverte ou le progrès le plus remarquable en chimie,
    - une part à qui aura fait la découverte la plus importante dans le domaine de la physiologie ou de la médecine,
    - une part à qui aura produit dans le domaine de la littérature l'oeuvre la plus remarquable d'une tendance idéaliste,
    - une part à celui qui aura agi le plus ou le mieux pour la fraternisation des peuples, l'abolition ou la réduction des armées permanentes ainsi que pour la formation et la diffusion des congrès de la paix.

    Nobel poursuit dans son testament

    Les prix de physique et chimie seront décernés par l'Académie Suédoise des sciences, celui de physiologie ou de médecine par l'institut CAROLINA de Stockholm, pour la littérature par l'Académie de Stockholm et pour les champions de la paix par une commission de cinq personnes élues par le Parlement norvégien. "C'est ma volonté la plus expresse qu'il ne soit fait dans l'attribution des prix, aucune considération de nationalité quelle qu'elle soit, et que le plus digne reçoive le Prix, qu'il soit ou non Scandinave".
    Malgré quelques difficultés d'application, les dernières volontés d'Alfred Nobel rentrèrent en vigueur en 1901, année de la distribution des premiers Prix, sans pour autant échapper aux critiques de la gauche qui proteste publiquement contre l'attribution du Prix de Littérature à Sully Prud'homme, et qu'elle voulait attribuer à Zola.

    La fondation Nobel avait pris un caractère officiel symbolisé par la présence des monarques suédois lors des remises des Prix.
    En 1968, un autre Prix Nobel relatif au meilleur travail économique vient se greffer à la liste des Prix.
    La somme affectée à ce Prix a été prise en charge par la Banque Royale de Suède, et les lauréats sont choisis par l'Académie des Sciences.
    Le capital dont la vente alimente depuis 1801 les Prix Nobel attribués par la fondation était en 1898 de 33 millions de Couronnes-or, il est passé en 1968 à 82 millions de Couronnes et il est toujours en constante augmentation.
    Mais quoi qu'il constitue une récompense pour les meilleurs, le Prix Nobel n'a pas toujours été accepté par les bénéficiaires, pour une raison ou une autre, comme ce fut le cas de Boris Pasternak en 1958 ou le refus formulé par Jean-Paul Sartre en 1964 ou celui de Le Duc Tho, lorsqu'il a refusé de partager le prix de la paix avec Henry Kissenger.

    Abdelkrim SAIB

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