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    L'offensive des Espagnols sur les privatisations marocaines

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    De notre correspondant permanent à Madrid, Pascal BOURGAUX

    Telefonica et Tabacalera s'intéressent de près au Maroc. Intermédiaire de ces deux géants espagnols auprès de Rabat et premier homme d'affaires espagnol membre du Comité Averoès, qui se réunit ce 11 décembre à Tanger, Aldo Olcese explique le moment stratégique que traversent les relations bilatérales. Interview exclusive.


    «Le Maroc doit, une fois pour toutes, choisir un partenaire stratégique», lance d'emblée Aldo Olcese. L'homme d'affaires italo-espagnol, né à Tétouan, parle en connaissance de cause: cela fait plusieurs mois que sa société Fincorp -une mer-chantbank spécialisée dans le consulting financier et industriel internationale- a été mandatée par Telefonica et Tabacalera pour préparer le terrain de leur participation dans la privatisation de leurs homologues marocaines, Itissalat Al-Maghrib (IAM) et la Régie des Tabacs. «Ces deux opérations sont particulièrement sensibles, non seulement pour l'avenir des relations entre le Maroc et l'Espagne, mais aussi entre le Maroc et l'Union Européenne», poursuit Olcese qui s'est allié sur place avec un bureau d'expertise-comptable marocain, la société Manay.

    On ne privatise qu'une fois


    «Ce n'est pas tous les jours que l'on privatise ses joyaux, tels Itissalat Al-Maghrib et la Régie des Tabacs, lance Olcese, c'est comme le mariage, ce genre d'opération de privatisation n'a lieu qu'une fois dans la vie d'un pays. Or se marier, c'est miser sur un partenaire, sans réserves. Aujourd'hui, le Maroc ne peut plus se contenter de plusieurs prétendants, l'heure est venue de choisir son partenaire stratégique».
    «Il y a quinze ans, à la veille de son entrée à l'UE, l'Espagne a misé sur la France à cause de la proximité. C'était pourtant le pays avec lequel les Espagnols s'entendaient le moins bien... Mais cette politique a donné ses fruits: aujourd'hui principal investisseur en Espagne, la France est devenue notre plus fervent défenseur face aux autres partenaires européens, tout simplement parce qu'elle y avait de plus en plus d'intérêts économiques», conclut le président de Fincorp.
    Convaincant et optimiste, tel est le message qu'Aldo Olcese est bien décidé à transmettre au Comité Averoès, ce jeudi 11 décembre à Tanger. Un discours attendu, étant donné l'expérience de son auteur, qui est aussi le premier représentant du monde économique espagnol à intégrer le club formé par des professeurs d'université, des intellectuels et des journalistes espagnols et marocains: «Je revendique pour l'Espagne le statut de partenaire straté-gique du Maroc. Et que ce partenariat commence dès maintenant quand des secteurs sensibles vont être privatisés. Pour un bon mariage, il convient d'offrir la meilleure dote...».

    Privatiser les télécoms, vite et bien!


    Face aux autres «pré-tendants» de taille, la France et les Etats-Unis tout aussi intéressés par un partenariat stratégique avec le Maroc, l'Espagne bénéficie de plusieurs atouts: sa proximité et sa présence de 900 PME actives sur place. Pour Aldo Olcese, il y a un autre atout non négligeable: l'attitude moins impérialiste de l'Espagne, patente, selon l'homme d'affaires, dans la formule de Telefonica pour la privatisation d'Itissalat.
    Confidentielle, la stratégie de Telefonica est cependant connue et a fonctionné à merveille notamment au Chili: la compagnie espagnole s'intègre dans un groupe d'investisseurs locaux qui formellement présentent l'offre au gouvernement. Actionnaire minoritaire -dans le cas de la compagnie chilienne-, Telefonica n'a que 10%. L'opérateur espagnol se réserve cependant de larges sphères de contrôle, implicite-ment liées à son expérience et ses capacités techniques.
    Dans le cas du Maroc, Telefonica n'a fixé aucun minimum de participation et les premiers contacts avec des banques et des groupes industriels locaux ont déjà eu discrètement lieu. Un autre volet important de la stratégie de Telefonica consiste à convaincre les opérateurs économiques et la société civile que l'offre espagnole est la meilleure, en insistant sur les avantages: baisse des prix, amélioration des services, des lignes, etc...

    Publiquement annoncée le 21 novembre dernier lors de la visite à Casablanca du président de Telefonica, Juan Villalonga, l'offre définitive de la compagnie espagnole, officiellement appuyée par ses deux alliés British Telecom et Portugal Telecom, ne sera cependant concrétisée qu'une fois les modalités et le calendrier seront fixés par le gouvernement marocain.
    Telefonica a adressé une lettre à ce sujet au Premier ministre, dans laquelle la compagnie espagnole détaille les étapes et objectifs à suivre pour les prochaines années. Ce plan est bien évidemment confidentiel. La seule chose qui est pratiquement sûre est qu'il se base sur l'expérience acquise par la compagnie espagnole dans le secteur des télécoms de quatre pays latino-américains -Chili, Argentine, Brésil et Pérou- qui accusaient un retard semblable à celui du Maroc.

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