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    Politique Internationale

    L'homme en question sur 2M: : Harouchi, réformateur incompris

    Par L'Economiste | Edition N°:28 Le 07/05/1992 | Partager

    D'un tempérament idéaliste et passionné, le "produit Harouchi", expression pour le moins surprenante employée par M. Melsa, a estimé se trouver toujours en "phase de croissance". Face aux problèmes divers, à l'environnement hostile, au manque de moyens, le Pr Harouchi a mené une véritable "course" pour le progrès. C'est ce qui ressort de l'Emission de "l'homme en question" du 30 Avril sur 2M. De par son ambition, il a mis toute sa foi et sa conviction dans le développement d'une pédagogie qu'il a estimée essentielle dans le milieu médical mais aussi universitaire. "Mal perçu", "prisonnier" d'une mission qu'il s'est imposée le Pr Harouchi est considéré, la plupart du temps, ou entre autres comme quelqu'un d'intransigeant voire même dur et impitoyable. N'admettant pas la médiocrité, il s'est souvent vu reprocher sa rigidité, et son manque de souplesse. Pourtant, selon lui, la rigueur est nécessaire voire vitale pour la sécurité de ses malades.
    Très explicatif, très optimiste, le Pr Harouchi a considéré que l'autorité n'est pas la solution face aux difficultés. Les ressources humaines sont un capital nettement plus riche et interessant. L'essentiel étant de mobiliser et de motiver le corps médical mais avant tout le corps enseignant. "Apprendre à apprendre", telle est sa devise. Le Pr Harouchi a estimé qu'il est impératif d'adopter un nouvel état d'esprit, de prendre conscience, de raisonner en terme de stratégie pour pallier aux insuffisances. Constatant la lente détérioration du corps médical quant à ses moyens qui sont appauvris, quant à ses structures qui nécessitent une rénovation, quant à une certaine mentalité aussi de ce à quoi elle sert, le Pr Harouchi a décidé d'un changement radical. Stratégie, pédagogie, motivation, changement de mentalité tels sont les atouts majeurs de réussite dans le secteur hospitalo-universitaire. Tout au long du débat, la définition d'objectifs, l'adaptation des moyens, la planification d'un système d'évaluation, et le changement radical de l'enseignement universitaire sont les seuls "remèdes" nécessaires au développement de la médecine au Maroc.
    Le "déluge" et "bachotage" des connaissances par les étudiants, système d'informations d'il y a 20 ans, n'est plus valable à l'heure actuelle. Les données du problème ont changé et il faut donc s'adapter. Par le biais de la "réforme" du Pr Harouchi, la sensibilisation à la pédagogie, admise par certains et contestée par d'autres, a permis toutefois une nette évolution. Mais l'objectif est-il réellement atteint? Malheureusement non. Ou pas encore, du moins. "L'évaluation du travail de l'enseignant par l'importance accordée au gestuel, au comportement, à l'intellectuel n'est pas encore tout à fait mise au point", a précisé le Pr Harouchi. Cependant, il a rajouté, à la grande satisfaction et au vif intérêt du public, que le capital santé est de mieux en mieux géré, maîtrisé. Même si la médecine choque par son caractère "mercantile" ("privé" plus cher que "public"), le Pr Harouchi a constaté que rien n'était parfait mais que, en général, au Maroc l'image de marque de la santé, de la médecine, était bonne, contrairement à la France. "Certes, la santé coûte de l'argent" mais a-t-il affirmé la qualité des soins, les nouveaux outils de gestion permettent de combattre la maladie. Malheureusement, et encore à l'heure actuelle, les Marocains sont persuadés que les personnes très "riches" sont mieux traitées (allusion au privé, plus cher et plus efficace que le public) que celles qui sont défavorisées voire démunies. Devant cet état de fait et d'esprit, le Pr Harouchi a déclaré personnellement qu'il y avait complémentarité entre le "privé" et le "public" et que le patient malade serait "traité" de la même manière avec les meilleurs soins. Néanmoins, l'image dépréciée de "l'hôpital-hospice" et de ces deux secteurs médicaux est toujours présente dans les mentalités marocaines. Homme sympathique, ouvert et communicatif, l'ex-doyen de la Faculté de Médecine de Casablanca, a affirmé être optimiste. Comme il l'a dit lui-même, au sujet de sa vivacité, de sa motivation dans ses projets, "ce qui me fait avancer, c'est le fait de vouloir faire avancer les choses, le sens que je donne à ma mission, l'envie de bien faire".
    Concernant son regret d'avoir été déchargé de ses fonctions, après six ans et demi, d'enseignement, d'exercice, le Pr Harouchi a préféré ne pas se prononcer, laissant place à un silence pudique, réservé mais révélateur.

    Nadia ELBAZ

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