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Société

L'histoire militaire, notre histoire à tous

Par L'Economiste | Edition N°:2215 Le 16/02/2006 | Partager

. Dans chaque aspect de notre société, une dimension militaire. Une UFR sur l’histoire militaire en projetLA grande muette? Certainement pas. Le cinquantième anniversaire des Forces armées royales aura prouvé encore une fois que l’institution militaire est soucieuse de s’ouvrir sur toutes les composantes de la société marocaine. Aux journées portes ouvertes organisées par les FAR dans plusieurs villes et régions du Maroc sont venues s’ajouter des journées d’études. Celles-ci ont été entamée mercredi 15 février à Rabat pour deux jours de débats. Organisée par la Commission marocaine d’histoire militaire, cette rencontre avait pour thématique principale les relations entre l’armée et la société. L’intervention de Bahija Simou, universitaire et chargée de mission au Cabinet royal, a renseigné à plus d’un titre à cet égard. Dans sa communication, Simou a d’emblée relevé les liens indissociables unissant l’armée et la société marocaine. «L’armée de tous les temps constituait un des instruments de l’Etat, au service du citoyen», a-t-elle affirmé, puisant dans l’histoire du Maroc pour étayer ses propos. Une histoire où la tribu a joué un rôle central, y compris dans le domaine militaire. «Chaque tribu était une unité militaire à part entière. Chacun de ses membres était un soldat accompli. Ceux-là mêmes qui portaient la pioche pour cultiver la terre et portaient les armes pour défendre leur pays». Les classes sociales se transformaient naturellement en unités militaires. En temps de guerre, les plus aisés, disposant de montures, étaient d’office promus cavaliers. Les pauvres composaient l’infanterie. Les représentations et symboles militaires ont su défier l’usure du temps. Les techniques et valeurs militaires d’antan restent présentes dans l’imaginaire marocain. «Un jeu d’enfants ayant marqué des générations de Marocains comme «dinifri» (qu’on appelle aussi zdinifri) n’est autre qu’un jeu de stratégie de défense et d’attaque». La manifestation la plus symbolique dans cet ordre d’idées n’est autre que la fantasia. La place qu’occupe le cheval dans la culture marocaine est liée dans une grande mesure à son rôle militaire. «Jusqu’à aujourd’hui, les Forces armées royales disposent d’une cavalerie qui fait plus d’un envieux». Ces représentations dépassent le cadre symbolique pour prendre forme dans plusieurs autres domaines tels que l’architecture. Remparts, kasbahs, forts et murailles, qui avaient pour premier rôle de défendre un territoire donné, ont constitué le cadre à l’intérieur duquel la société s’organisait, dans la paix et la sécurité. Leur beauté faisait, et fait encore, la fierté de tous. Même dans le domaine de la pensée, l’armée a marqué sa présence. L’histoire militaire du Maroc a commencé à être écrite avant toutes les autres. La bibliothèque royale regorge actuellement de documents et d’ouvrages riches de textes, mais aussi de dessins, cartes et illustrations techniques sur l’art de guerre. Idem pour les arts. Des récits comme Azalia (du nom du héros légendaire Sayf Doulyazal) et Antaria (par allusion à Antar Ibn Chaddad) continuent d’être relatés avec autant de passion qu’il y a des siècles. Les arts traditionnels et l’artisanat ne dérogent pas à cette règle. On retrouve aujourd’hui des expressions militaires dans l’Aïta. Le poignard est un apparat de première importance. «Dans certaines régions, on continue à appeler caïd (chef militaire) tout jeune marié», a rappelé Simou. Les Zaouia n’étaient pas seulement des lieux de culte, mais aussi de réunions militaires. Leur mission comprenait également la préservation de la paix et de la sécurité dans la société. Les mêmes liens continuent d’exister aujourd’hui. La forme a certes changé, mais le fond est resté intact. Mise à part sa fonction de défense de l’intégrité territoriale, l’armée a toujours été présente, dans les événements heureux comme dans les tragédies. Le rôle des Forces armées royales dans les opérations de sauvetage suite au tremblement de terre survenu à Agadir, et leur participation dans la reconstruction de la ville, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Le caractère social des FAR est institutionnalisé à travers des services comme les oeuvres sociales de l’institution militaire et à travers des organisme tels que la Fondation Hassan II pour les anciens combattants. La commission marocaine de l’histoire militaire est un autre exemple de l’engagement social et culturel des FAR. Un engagement qui dépasse les frontières nationales pour embrasser la recherche de la paix et la sécurité dans le monde. En témoigne l’engagement des FAR dans plusieurs opérations de maintien de la paix, sous l’égide de l’ONU. C’est le cas pour le Kosovo, où les actions du contingent marocain suscitent l’admiration et forcent le respect. Un passé et un présent qui gagneraient à être connus davantage. Pour cela, plusieurs autres journées d’études sont programmées dans les villes de Casablanca, Fès et Agadir. Elles porteront respectivement sur le rôle et la mission des FAR, son histoire et, de nouveau, ses liens avec la société.


Ouverture

L’institution militaire s’ouvre sur la communauté scientifique et universitaire. Créée cette année au sein de l’Université Mohammed V-Agdal de Rabat, l’Unité de formation et de recherche de la défense et la géopolitique en est le meilleur exemple. Sa mise en place est le fruit d’une collaboration entre le collège royal militaire, le ministère de l’Enseignement supérieur et l’université. Le suivi est assuré par la Commission marocaine d’histoire militaire. Une première promotion de 20 chercheurs a d’ores et déjà été admise. Une deuxième UFR du genre est également en préparation. Elle portera sur l’Histoire et le patrimoine militaire. Elle sera également mise en place à Rabat.Tarik QATTAB

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