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L'hédonisme perturbe l'enseignement : Triomphe du "Cercle des poètes disparus"

Par L'Economiste | Edition N°:24 Le 09/04/1992 | Partager

Le cercle des poètes disparus", film de Peter Weir, a remporté à l'étranger, à sa sortie en 1990, et remporte au Maroc un succès public considérable grâce à un bouche à oreille extraordinaire.
Ce film est un film-émotion, grave et pudique. Il retrace l'histoire d'un professeur de littérature qui, par son enseignement, bouleverse la vie bien tracée de ses élèves, dans un collège très huppé des Etats-Unis, dans la puritaine Nouvelle Angleterre des années 90. La réputation de cet établissement est fondée sur un pragmatisme absolu: il faut travailler sans relâche pour devenir médecin, avocat ou financier.
Il ne faut surtout pas perdre son temps en rêverie ou en poésie.
John Keating, le professeur, veut enseigner l'inverse: au lieu de pousser ses élèves à se spécialiser, il les incite à ouvrir leur esprit. C'est l'éternel conflit pédagogique de la tête bien pleine et la tête bien faite.
Lors de son premier cours, il leur murmure aux oreilles: "Carpe... vous entendez? Carpe... Carpe diem... profitez du jour présent".
"Carpe diem": "cueille le jour" - Toute la morale de John Keating, tout son enseignement reposent sur ce leitmotiv. John Keating, admirablement bien joué par Robin Williams au visage malicieux, ne transmet pas une science, mais un regard sur le monde.
Dans ce film, la connivence entre élèves, l'ambiance chaleureuse dans la grotte du "cercle" ressussité, les aventures amoureuses prennent un sens et aspect de rêve. Même si Keating est loin d'être le personnage le plus présent, il est le plus marquant du film. Autour de lui, les autres jeunes acteurs "vomissent leurs tripes" dans des jeux de scènes extraordinaires.
Toute la panoplie de la jeunesse dorée des années 50, qui augure des grandes contestations des années 60 est là. Il y a le jeune Neil qui n'hésite pas à affronter la colère paternelle pour devenir acteur de théâtre, et dont la fin sera dramatique. On côtoie, tour à tour, Todd, le plus timide de la classe et le plus jeune; Charles, issu d'une famille très riche, un brin frimeur, le jeune amoureux transis, le premier de la classe et bien d'autres. Dans"Oh Capitaine, mon capitaine", saluent-ils, dans la dernière scène du film (l'une des plus bouleversantes) debouts sur leurs pupitres pour un dernier hommage à leur "prof bien-aimé". Il leur avait appris cette curieuse position pour "voir les choses, sous un autre angle". Thank you gentlemen", leur dira t-il en souriant.
Derrière ce sourire, il exprime son chagrin de quitter ses élèves qui l'ont adopté, mais aussi sa fierté de les voir capables de braver et transgresser la discipline rigoureuse. C'est là toute la preuve que son enseignement a porté ses fruits. John Keating a gagné contre la société conformiste et rigide. Riche d'idéalisme, de grands sentiments et de symboles, ce film nous pousse à réfléchir sur l'amitié, la mort, la primauté de l'opinion personnelle sur les dogmes établis.
"Le cercle des poètes disparus" touche bien plus qu'une génération: Si les adolescents sont concernés, les adultes ne peuvent pas être hors du coup.

Meriem OUDGHIRI

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