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    Politique Internationale

    Casablanca en l'an 2000 : Projets pour l'expansion de la ville

    Par L'Economiste | Edition N°:24 Le 09/04/1992 | Partager

    Un microcosme, Casablanca? Plutôt un univers en expansion. Atteinte de gigantisme, la mégapôle n'a pas fini de faire plancher les urbanistes. Tout y va trop vite et dans tous les sens. Un mouvement brownien où à peine nées, les nouvelles fulgurances sont déjà consommées. Car Casablanca, la ville champignon qui concentre dans ses limites reconnues plus de la moitié de l'activité économique nationale et presque le sixième de la population totale du pays, étonne. Casablanca détonne même. A telle enseigne que, presque de manière cyclique, il faille faire le point de la situation d'une cité qui semble de plus en plus céder à une irrépressible boulimie. Encore dernièrement, une réunion présidée par le Ministre de l'Intérieur et de l'Information à laquelle ont pris part autorités et élus locaux a conclu à la nécessité de mettre bon ordre dans cette croissance qui tient, par bien des aspects, au dérapage presque incontrôlé. Car estime, M. Mohamed Moujahid, gouverneur responsable de l'agence urbaine, organisme qui a reçu en 1984 mission de restructurer la ville, l'un des obstacles qui contrarie le plus fortement les actions de remise en ordre initiées ou futures, est la multiplicité des centres de décision. En matière d'urbanisme en effet, plus on est nombreux et moins bien on agit. Or, dans le cas de cette ville aux "tentations tentaculaires", suivant le bon mot de la presse locale, la rapidité de décision est essentielle à la solution des problèmes. Plus que dans d'autres villes atteintes du même mal d'évasion vers les campagnes environnantes, l'expansion du bâti à Casablanca va vite. Trop vite pour que la quatrième dimension ne le conforte dans ses positions acquises.
    Des positions qui avancent à la manière concentrique des ondes. D'ondes de choc de surcroît. Si percutantes que tous les plans élaborés dans le passé pour en domestiquer l'énergie se sont révélés vains. Exit le plan Ecochard. Exit également le plan ....seul espoir d'éviter le pire: le plan d'aménagement mis en branle par l'agence urbaine. Il part d'un constat sans complaisance: dans sa hâte de prendre pied sur cet ailleurs qu'elle croit servir sa grandeur, Casablanca a oublié l'essentiel. L'essentiel? Tout un programme. Il va du cachet architectural qu'une fonctionnalité mal digérée a réduit à portion congrue, de l'insuffisance des grands axes viaires qui fait que presque toutes les heures de la journée sont de pointe, en passant un manque patent de zones d'aération et de verdure, d'aires de loisirs et de détente pour aboutir enfin à ce noyau lourd originel constitué autour de la place MohammedV, qui résume à lui seul les problèmes de la ville. Véritable noeud gordien que ce "centre-ville". Dans un énoncé où la concision le dispute à la perspicacité, l'Agence Urbaine de Casablanca en parle comme du canevas qui fonde son action d'aménagement de la ville. D'une façon schématique, note-t-elle, la ville se divise en trois grandes zones: une zone industrielle à l'Est, une zone résidentielle à l'Ouest, et une zone d'extension de l'habitat économique au Sud-Est. Et d'ajouter: ces trois zones s'articulent autour d'un noyau central composé du port, de l'ancienne Médina et du centre d'affaires d'où partent les axes reliant Casablanca aux autres régions du Royaume.
    Comme il y a rarement trois sans quatre: le Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme (SDAU) dont a été dotée la Wilaya depuis 1984 et dont l'agence urbaine est "l'outil technique de mise en oeuvre, de contrôle et de suivi" lui a fait adopter une nouvelle démarche en quatre points. Lors de la réunion de la Wilaya, M.Moujahid les a cités dans cet ordre: le plan et la gestion de l'urbanisme, l'application et l'exécution des documents élaborés dans ce cadre, la réalisation des projets prioritaires et, finalement, la réserve foncière ainsi que l'urbanisme opérationnel. Au total, toutes actions qui sont autant de jalons sur le chemin de choix qui doit mener la mégapôle vers cet an 2000 qui devrait marquer la fin de son chemin de croix. Car, affirme l'agence urbaine, les options fondamentales du SDAU sont: de corriger les tendances naturelles du développement de la ville vers le Sud, de développer un schéma linéaire côtier entre Casablanca et Mohammedia, appuyé sur les grandes infrastructures déjà existantes et de répartir les fonctions centrales, en créant des pôles secondaires autour des nouveaux complexes administratifs. Elles sont également de réduire la ségrégation entre l'habitat et les activités en procédant à une meilleure répartition des zones industrielles, d'assurer l'efficacité des transports collectifs et de mettre en place les moyens de gérer et de contrôler le développement urbain par l'établissement et l'exécution de documents urbanisme et l'adoption d'une politique foncière appropriée. A côté de ces grandes options, le SDAU et les autres documents ont défini "un certain nombre d'actions majeures ayant pour objectif l'amélioration qualitative du cadre de vie".

    Cadre de vie

    Cadre de vie. Des mots qui n'ont pas moindre importance que le reste dans le cas de Casablanca. Au demeurant, des mots qui ont la qualité de référer directement à un vécu quotidien qui est loin d'être ce que la "cité blanche" offre de meilleur. Particulièrement sensibles à cette question, les responsables ont mis en chantier tout un assortiment de projets qui va de l'aménagement de certaines places centrales (place MohammedV et place des Nations-Unies) à l'aménagement de zones touristiques aux quatre coins du périmètre urbain: aménagement de la corniche et du secteur touristique d'Aïn Harrouda, création d'un centre balnéaire à Dar Bouazza et d'un centre de loisirs à Sidi Moumen, ainsi que la création d'une ceinture verte.

    Monument unique

    Cadre de vie est également l'action menée sur le plan de l'esthétique et de l'architecture qui retrouve de plus en plus son cachet originel et dont le plus beau fleuron restera à jamais cette mosquée HassanII qui, à mesure que s'achèvent les travaux de sa construction, s'impose comme "une oeuvre des plus prestigieuses au monde et un monument sacré unique de par sa situation et ses dimensions. "Complexe culturel et cultuel aménagé sur 9 hectares dont partie sur fond marin, sa capacité d'accueil est de 20.000 fidèles à l'intérieur et de 80.000 sur l'esplanade qui la jouxte.
    Toujours dans l'esthétique, la sauvegarde du patrimoine architectural est d'importance. Ainsi, les plans d'aménagement communaux ont localisé les bâtiments à protéger. Il en est ainsi de la muraille de l'ancienne Médina et du quartier des Habous. A côté de ces préoccupations relevant de l'esthétique, d'autres sont liées à l'aménagement de la circulation. Car Casablanca est une ville qui a besoin d'être aérée. D'où l'aménagement de la route de Médiouna qui deviendra un axe urbain où est prévu le développement de logements, de bureaux, des services et des équipements publics. Il en est de même de l'axe urbain "préfecture Aïn-Sebaâ - Hay Mohammadi". Axe destiné à former une perspective visuelle dégagée formée de trois places situées aux croisements des grands boulevards d'Aïn Sebaâ.
    Reste l'extension de la ville. Là sont prévus deux projets. L'un porte sur "Lissasfa" regroupant une zone résidentielle et une zone d'activité (voir article page 27).
    L'autre projet concerne la création d'une zone industrielle à Oulad Saleh qui viendra compléter le triangle industriel du Sud Ouest de Casablanca: Bouskoura, Oulad Salah et Nouaceur.
    Ce changement dans la continuité va permettre de porter Casablanca d'une surface urbanisée de 9.260 hectares en 1982 à 21.500 hectares en l'an 2000.

    Leïla TAARJI
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