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Politique Internationale

Les puissants de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:535 Le 23/06/1999 | Partager

Cinquième épisode

Roman inédit de Rida LAMRINI

5- La colère froide des jeunes

Résumé de l'épisode d'hier

Ba Lahcen, le pauvre commerçant de Derb Talian, est enfin sorti du Commissariat où il avait été enfermé pendant trois jours suite à une rafle. Le père raconte devant sa famille et ses voisins, curieux et solidaires.

OMAR, son fils cadet, laisse éclater sa colère le premier:
"Comment osent-ils s'en prendre à mon père? Il n'est tout de même pas un voleur? Ils laissent courir les bandits, les vrais, et coffrent pendant trois jours un pauvre homme qui trime et qui n'a même pas où loger sa famille. Pourquoi font-ils cela? Parce que soi-disant il ne portait pas de pièces d'identité sur lui? Mais cela peut arriver à n'importe qui! Ah! Bien sûr, s'il roulait en voiture ou s'il était bien habillé, la question ne se serait même pas posée! Pourtant, les plus grands voleurs de ce pays roulent en Mercedes et portent costume et cravate. Ah! Maudites apparences!
- Tu sais qu'en ce moment il y a une rencontre internationale, fait le locataire du premier dans une tentative de calmer Omar. C'est pour ça qu'il y avait une grande rafle ces jours-là. Ils voulaient nettoyer la ville des mendiants et des voleurs. Comme lors de la tenue du GATT à Marrakech!
- De qui ont-ils peur? Depuis quand attaquons-nous les étrangers? Ils veulent plutôt masquer la misère pendant quelques jours. Mais personne n'est dupe. Même les étrangers. Ils sont forts pour ramasser les honnêtes gens dans les paniers à salade! Ils sont aussi forts pour se mettre plein dans les poches! Notre argent! Celui qui nous revient. Et que font-ils contre la misère? Celle-là même qu'ils veulent masquer pour ne pas indisposer les étrangers? Cela fait plusieurs années que notre maison s'est effondrée. Et on nous fait patienter à coups de promesses mensongères. Rien que dans ce quartier nous sommes des centaines sinon des milliers de jeunes totalement perdus et sans avenir. On ne nous laisse d'autre choix que de voler pour vivre. J'en ai marre de notre vie. J'ai envie de quitter cette ville. Quitter le pays. Je veux aller en Espagne ou en Italie. Là-bas, je ferai n'importe quoi. Oui, n'importe quoi! Pourvu que j'aie du travail! ".

Omar ne s'est jamais exprimé ainsi en présence de son père. Il vient de déverser le trop-plein qu'il avait en lui. Profitant de la présence de l'auditoire de voisins, Ali, l'intellectuel de la famille, lance à l'adresse de son frère:
"Ce n'est pas une façon de parler. Il ne faut rien attendre des autres. Et ce n'est pas en partant que nous résoudrons quoi que ce soit. Il faut nous battre si nous voulons changer notre condition. C'est vrai qu'il n'y a qu'une minorité qui vit bien. Mais cela ne peut durer éternellement.
- Ali, laisse tes discours pour les campagnes électorales, grommelle le voisin d'en face. Sa longue barbe et son qamis en disaient long sur ses convictions. Pour le moment, nous sommes des millions de misérables qui n'avons que les yeux pour pleurer et regarder les belles voitures passer sans espoir qu'un jour nous puissions y caler notre postérieur. Sauf peut-être lorsqu'elles finiront en taxis déglingués".
Ba Lahcen tousse légèrement comme pour attirer l'attention.
"Ecoutez, remercions Dieu de m'avoir rendu à ma famille et à mes amis. Je vous suis reconnaissant d'être venus vous enquérir de mon état. C'est notre devoir de voisins. Aujourd'hui, ce qui compte pour moi, c'est retrouver ma fille Aïcha. Je sais que je peux compter sur votre aide".

Avertissement
Malgré la grande familiarité avec la vie casablancaise et le monde du petit commerce ou de la grande finance, les événements et a fortiori les personnages de ce roman sont parfaitement fictifs. Le lecteur qui croirait reconnaître un ami, un ennemi ou une relation d'affaires ferait fausse route.
Pour ceux qui voudraient contacter M. Lamrini: [email protected]

Demain, vendredi 25 juin, 6ème épisode
Monsieur
le Président est contrarié

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