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    Politique Internationale

    Les Japonais craignent la fin du monde en juillet

    Par L'Economiste | Edition N°:535 Le 23/06/1999 | Partager

    · Un chercheur japonais prétend que le grand cataclysme aura lieu le 24 juillet à 17h pile

    · Des soutiens-gorge à la mode émettent des signaux s'ils détectent des objets tombant du ciel

    Si tout le monde attend avec une certaine anxiété mêlée d'excitation le passage à l'an 2000, des millions de Japonais tremblent à l'approche du mois de juillet. Date du vrai "bug" de cette fin de siècle, à en croire les prophéties de Nostradamus.
    Le succès de l'Année de la France au Japon, qui se termine ce mois-ci, n'y est sans doute pour rien. Mais force est de constater que la popularité du devin français du XVIe siècle, vivace dans l'archipel depuis une vingtaine d'années, n'a jamais été aussi forte qu'actuellement. Pour preuve, l'Internet est inondé de centaines de sites Web en japonais consacrés au confident de Catherine de Médicis qui a prédit l'extinction de l'humanité cette année. "La grande terreur tombera du ciel le septième mois de 1999 (Nostradamus, Siècles)". Symptomatiques encore de cette étrange psychose nippone, plus d'une vingtaine d'ouvrages ont été publiés l'an dernier dans l'archipel sur la vie et les prédictions de Nostradamus. Une dizaine d'autres l'ont été depuis le début de l'année, les maisons d'édition redoublant d'ardeur pour exploiter sans vergogne le filon apocalyptique.
    Auteur de l'un de ces best-sellers publié en février dernier, Akio Cho prétend même avoir réussi à décoder par des calculs savants les écrits nébuleux de Nostradamus et découvert l'heure exacte et la date du grand cataclysme: le 24 juillet à 17 heures pile.

    Au pays des montres à quartz et des trains qui arrivent à l'heure, une telle précision dans l'art de la prophétie n'étonne (presque) plus. Nostradamus est à ce point à la mode dans l'archipel que le fabricant de dessous féminins Triumph Japan s'en est inspiré pour sa dernière création futuriste, révélée la semaine dernière: "le soutien-gorge Armageddon". Doté d'un petit émetteur fixé sur la bretelle, il émet un signal et un SOS lumineux s'il détecte des objets tombant du ciel. Il est fabriqué avec le même matériau que celui utilisé par la Nasa pour ses combinaisons d'astronautes, gage sans doute d'efficacité.
    La popularité de ces croyances prêterait plutôt à sourire si elle ne reflétait pas "l'air du temps". Un sondage comparatif réalisé récemment par le Ministère de l'Education sur les aspirations des jeunes au Japon, aux Etats-Unis, en Corée du Sud et en Chine, apporte ainsi un début d'explication au symptôme. L'enquête montre que seulement 35% des étudiants se disent optimistes sur le siècle prochain. Une attitude qui tranche radicalement avec celle de leurs voisins. Les jeunes Chinois, par exemple, sont 90% à croire à un avenir meilleur et "plus prospère".
    La récession prolongée de l'économie japonaise, la montée du chômage des jeunes, un environnement international inquiétant avec les tirs de missiles nord-coréens en direction de l'archipel peuvent expliquer ce manque de confiance en l'avenir des Japonais par rapport à leurs voisins. Les mêmes raisons ont été citées pour expliquer la résurgence de la secte Aum Shinrikyo, qui inquiète de nouveau sérieusement les autorités nippones et dont les prophéties s'inspirent largement de celles de Nostradamus.


    La tête froide


    La secte, dont les responsables sont actuellement jugés pour avoir provoqué la mort de 12 personnes en 1995 par une attaque au gaz dans le métro de Tokyo, compte encore plus de 2.000 membres aujourd'hui, convaincus de l'imminence de l'apocalypse que leur gourou annonce toujours du fond de sa prison pour début septembre.
    Signe qu'ils gardent malgré tout la tête froide, les Japonais n'en sont pourtant pas à construire en masse des bunkers en béton armé en prévision de la fin du monde, à l'image des deux héros d'une série télévisée culte, regardée chaque semaine par plusieurs millions de téléspectateurs.

    Frédérique Amaoua
    Sydication L'Economiste-Libration(France)





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