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Société

Les Juifs du Maroc revendiquent une place dans l’Histoire

Par L'Economiste | Edition N°:2385 Le 18/10/2006 | Partager

. Pas de trace dans les manuels scolaires. Une commission planche sur une réforme. Azoulay: «Il est vain de réécrire l’Histoire en fonction d’accommodements conjoncturels»Apprendre aux petits Marocains et Marocaines que tous ne sont pas musulmans, qu’il existe une communauté juive importante, et que celle-ci a participé tout au long de son histoire à l’édification du pays, à sa culture et à son patrimoine. Une requête de plus en plus pressante de la communauté juive du pays, qui estime que l’histoire du Royaume, telle qu’enseignée dans les écoles marocaines, est amputée d’une partie de sa réalité. En effet, nulle trace, d’une quelconque présence juive dans les manuels scolaires malgré une présence deux fois millénaire, y compris dans ceux utilisés dans les écoles juives elles-mêmes. Un comité d’une quarantaine d’historiens et d’universitaires a été mis en place pour réflechir à une éventuelle réforme. La commission est présidée par Albert Sasson, membre du Conseil consultatif des droits de l’Homme et ancien doyen de la faculté des sciences de Rabat.Pour Simon Lévy, directeur du Musée du judaïsme marocain à Casablanca, «ne pas parler d’un élément qui a joué un rôle indispensable dans la société pendant des siècles et qui reste présent, c’est un déni de la réalité». Des arguments qui ne sont pas sans rappeler les revendications des militants amazighs qui bataillent depuis longtemps pour la reconnaissance de leur dimension culturelle non seulement dans les manuels scolaires mais également dans les différentes composantes de la vie quotidienne, sociale, spirituelle… Un avis que partage amplement André Azoulay, conseiller du Souverain, qui déclare à L’Economiste: «L’identité marocaine est bâtie sur trois piliers qui ont toujours été en interaction durant l’histoire à savoir l’identité arabo-musulmane, l’identité amazighe et l’identité juive. Concernant les manuels scolaires il affirme que «le gain le plus important est que le débat soit ouvert, même si le résultat est encore assez lointain». Et d’ajouter: «Bien que nous soyons, en tant que Marocains de confession juive porteurs de ce message, il est aussi de la responsabilité de mon -grand frère- de confession musulmane de prendre en compte cette dimension et d’assumer cette démarche en participant à son aboutissement».En somme, la demande est claire, Amazighs et Juifs revendiquent une mise à niveau de la mémoire collective. Car il est vain de réécrire l’Histoire, de la façonner ou la remodeler en fonction «d’accommodements conjoncturels», déclare Azoulay, par ailleurs fondateur du groupe Identité et Dialogue, qui préconisait dès 1973 la présence d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.L’histoire du judaïsme marocain, une des plus anciennes traditions juives, est marquée par une continuité inégalée en terre d’accueil. La présence des juifs remonterait, selon certaines légendes, à l’époque de la conquête babylonienne de Jérusalem et à la destruction du Temple au IVe siècle avant l’ère chrétienne. D’autres la situe autours de VIe siècle avant J.C. Elle est en tout cas bien antérieure à l’arabisation du pays.Il est certes difficile d’imaginer aujourd’hui ce que fut le judaïsme marocain, au regard de la très petite communauté qui vit actuellement au pays. Une vague d’émigration a quasiment vidé le pays des 285.000 Juifs que comptait le Maroc en 1956 (10% de la population d’alors). Cette vague a été renforcée par la montée de tensions entre les communautés, provoquée par les conflits politiques qui opposèrent le monde arabe à l’État d’Israël après la création de ce dernier. Aujourd’hui, le Maroc ne compte plus que 5.000 résidents, dont près de la moitié à Casablanca.Une rupture d’une histoire millénaire qui a effacé ce qui fut un modèle de vie commune et de traditions partagées. Les Juifs qui ont fait partie de la vie marocaine aussi bien dans le monde rural que dans les cités, ont joué un rôle important dans le tissu économique, social et culturel du pays. Un passé, très proche, encore fortement gravé dans les mémoires de la diaspora judéo-marocaine. Amine BOUSHABA

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