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Ramadan des Autres
Mauritanie: Le poids des traditions et des confréries

Par L'Economiste | Edition N°:2385 Le 18/10/2006 | Partager

A l’occasion du mois de Ramadan, L’Economiste publie une série d’articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l’honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l’animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque. . Veillées de chants soufis dans les mosquées. «La foi permet de tout transcender, aller au-delà de ses possibilités»«UN mois de grande piété, de sobriété et de pardon…» Les Mauritaniens résument ainsi l’esprit du mois sacré. Le pays du million de poètes, appelé aussi le pays des Chinguettis (appellation qui signifie le puits du cheval), vit Ramadan avec beaucoup de philosophie et de sagesse. «Chez nous, Ramadan se vit dans la pure tradition de l’abstinence, la simplicité, voire l’austérité des fois», explique un jeune Mauritanien installé à Casablanca. La rudesse du climat rend le jeûne très contraignant dans ce pays. L’aridité en Mauritanie, rappelons-le, est extrême presque partout. Le climat est chaud et sec. Ce qui rend éprouvant l’abstinence: «Les vieux jeûnent au risque de leur vie. Il y a plusieurs cas de déshydratation durant le mois sacré», témoigne un journaliste mauritanien. «Chez nous, la tradition veut que la foi permette de tout transcender, aller au-delà de ses possibilités apparentes, tient-il à préciser. Et d’ajouter, l’air solennel: «Nous sommes convaincus que c’est dans la souffrance la plus atroce que Dieu reconnaîtra les siens».Les vieilles traditions des tribus et les rituels pèsent de tout leur poids. A l’instar du Mali et du Sénégal (www.leconomiste.com), la Mauritanie compte plusieurs confréries. Les principales restent incontestablement celles des Tidjanis et des Hamalistes (une confrérie d’origine malienne). Que ce soit chez les maures (tribus d’arabes noirs et blancs basés au Nord et à l’Est), les samasites (tribu de l’ex-président Ould Taya), Ouled Dlim ou encore les Esbihis… la tradition est partout la même pendant le mois sacré: «le jeûne est un devoir mais en même temps il n’y a pas de contrainte». La tolérance est aussi de mise «tant que chaque individu est responsable devant Dieu», poursuit le journaliste.Le jour, les horaires de travail sont réduits et l’activité de production tourne au ralenti. En attendant la rupture du jeûne dans les grandes villes, les Mauritaniens passent leur après-midi à flâner dans les souks. Les marchés des villes sont inondés de fruits et légumes et articles fabriqués ou en provenance du Maroc. Le made in China n’épargne pas les étalages et devantures des magasins de Nouadhibou, Kaédi, Kiffa ou encore Nouakchott.Au coucher du soleil, petits et grands jubilent et se réunissent autour de la table. Pour rompre leur jeûne, les Mauritaniens font tout dans la simplicité: lait caillé et mélangé à de l’eau et du sucre, dattes, de la bouillie de céréales et du jus d’oseille. Le thé vert à la menthe se boit corsé et sans modération. Après, jeunes et adultes vaquent à la prière du Maghreb. Au retour, on sirote le thé accompagné généralement d’un tagine, le Benava. Un pot-au-feu sans légumes composé de sauce et de viande d’agneau, de chèvres ou de chameau. D’autres encore ont une préférence pour le méchoui avant d’enchaîner avec la prière d’Al Ichaa et les Tarawihs jusque tard dans la soirée. Les mosquées sont bondées d’enfants, de jeunes et de personnes âgées. Tout le monde s’y rend quel que soit l’âge. Le soir, les cafés et salons de thé ne sont pas très fréquentés en Mauritanie. Les jeunes se rassemblent dans les quartiers et discutent de sujets d’actualité: «la nouvelle équipe au pouvoir, la moralisation de la vie politique, les gisements pétroliers, la lutte contre la corruption, la revalorisation des salaires…».Parallèlement, des veillées de chant soufi sont tenues dans plusieurs quartiers et mosquées. Certaines familles font preuve d’une grande générosité, invitent proches et amis… et égorgent des bœufs ou des moutons pour des veillées à l’occasion. L’aumône et la charité deviennent fréquentes: l’on donne beaucoup d’argent et surtout du pain de sucre aux personnes âgées même si elles ne sont pas dans le besoin. C’est surtout durant la nuit sacrée que les dons et zakat deviennent importants. Les nantis achètent des centaines de kilos de pain de sucre qu’ils distribuent aux nécessiteux et aux vieux pour qu’ils prient pour eux. «Pour nous, les personnes âgées sont dépositaires de l’histoire, de la tradition et de la sagesse. Elles ont la Baraka!» Une manière de rendre hommage à la sagesse des vieux.


Ould Daddah, le père de l’indépendance

LE père de l’indépendance en Mauritanie, c’est lui. Alors que son pays est encore sous colonisation française, Mokhtar Ould Dadda fonde en 1958 le Parti du regroupement mauritanien qui obtient l’ensemble des sièges à l’élection de l’Assemblée nationale en 1959. Dans la foulée, il devient Premier ministre. L’indépendance est proclamée le 28 novembre 1960. Ould Daddah est élu président par l’Assemblée en 1961.Deux ans plus tard, il crée le Parti du peuple mauritanien (PPM) qui devient l’année suivante le Parti national unique. Le pouvoir sans partage du président sera émaillé par plusieurs crises majeures. L’une des plus importantes se produit en 1966 entre le groupe arabo-berbère et la composante négro-africaine de la population : des émeutes meurtrières se produisent à la suite du décret instaurant l’enseignement obligatoire de l’arabe. Deux ans plus tard, des grèves de mineurs de la Miferma, (société des mines) sont écrasées par l’armée. Pendant ces années, l’opposition est durement réprimée.La situation semble s’apaiser lorsque Ould Daddah mène une série de réformes populaires: il a été l’artisan du retrait de la Mauritanie de la zone franche et de la création de la monnaie nationale (ouguiya). La dénonciation des accords de coopération économique et culturelle avec la France, la nationalisation des sociétés d’exploitation des mines de fer... sont autant de décisions qui ont marqué la Mauritanie sous l’ère Daddah. Mais l’action-phare reste incontestablement la signature de l’accord tripartite de Madrid. Une reconnaissance de la marocanité du Sahara. Chose qui a soulevé un tollé en Algérie et du côté de la pseudo Rasd. En juillet 1978, Ould Daddah est renversé par un coup d’Etat militaire mené par le colonel Ould Mohamed Salek. Après quinze mois de prison, il est libéré grâce aux pressions françaises. Un bref passage par la Tunisie et le président déchu rejoint la France. Il devient alors le chef du parti d’opposition Alliance pour une Mauritanie démocratique (AMD) mais s’exprime peu sur la situation de son pays et sur ses 17 ans de pouvoir. Après 21 ans d’exil, Ould Daddah retourne en Mauritanie en juillet 2001. Il rentre au pays pour être «une sorte d’arbitre, celui auquel on s’adresse pour résoudre les problèmes», comme il définissait lui-même son nouveau rôle au service de son pays.Deux ans plus tard, Mokhtar Ould Daddah est mort à Paris à l’âge de 79 ans.«Le boulversement de l’échiquer politique en Mauritanie (coup d’Etat du 3 août 2005) n’ a pas inquiété les sociétés pétrolières présentes dans le pays. L’entrée en service du gisement de Chinguetti prévoit, dès 2006, une production de 75.000 barils par jour. Le nouveau gouvernement a annoncé la création d’une compagnie publique des hydrocarbures (SMH), dont la mission consiste à gérer l’activité pétrolière et gazière. Le premier forage «on shore» d’exploration pétrolière en Mauritanie dénommé «Heron 1», situé dans la partie sud-ouest du Trarza, sud de Nouakchott, a officiellement débuté le 16 octobre. Ceci étant, la nouvelle équipe au pouvoir n’ a pas manqué de dénoncer la situation financière héritée de l’ancien régime. Pour 2005, le déficit budgétaire atteindrait 10% du PIB, soit 14 millions d’euros et l’endettement du pays dépasse les 2.620 millions d’euros. Ce qui correspond à deux années de recettes pétrolières.En plus des bonnes perspectives pétrolières (plusieurs contrats d’exploration signés et les premiers barils exportés), la Mauritanie a bénéficié en 2005 d’une bonne année céréalière. Les récoltes ont atteint un record (150.000 tonnes, soit plus de 77% par rapport à 2004) et ce, en raison de la bonne pluviométrie enregistrée en 2005. Selon l’Indice de développement humain (IDH), la Mauritanie reste un pays à faible développement. Sur 177 pays, le pays est classé au 152e rang. Une situation qui ne va pas durer longtemps avec la manne de l’or noir.«

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