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    Economie

    Les dessous de l'accord Maroc-Egypte

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    Entre le Maroc et l'Egypte les barrières douanières tombent. Un accord de libre-échange vient d'être conclu avec un démantèlement sur 12 ans. Une période test démarre dès à présent avec trois listes de produits.


    Le Maroc confirme sa volonté de mettre en place un partenariat régional. Après la Tunisie, le Maroc vient de parapher avec l'Egypte un accord de libre-échange. Il s'agit du deuxième accord entre deux pays de la zone méditerranéenne.
    Cet accord, qui devrait être signé à la mi-décembre par les chefs d'état des deux pays à Assouan en Egypte, s'inscrit dans la continuité des accords commerciaux existants. L'originalité de celui-ci est de prévoir un démantèlement douanier sur douze ans. De plus, ce désarmement tarifaire a lieu en deux étapes: sur cinq ans et sur sept ans. Concernant la première étape de cinq années, les détails ont fait l'objet de l'accord qui vient d'être négocié. Pour la seconde période de sept ans, une clause de révision a été introduite pour tenir compte de l'évolution des échanges entre les deux pays.
    D'une manière générale, l'accord concerne les produits industriels (chapitres 25 à 97). Quant au volet agricole, son examen est renvoyé à une date ultérieure, non fixée pour l'heure. Le secteur est sensible et impose par conséquent une réflexion plus poussée.

    Globalement, l'accord inclut trois listes de produits, dédoublées pour tenir compte de la volonté de chaque partie. La première concerne des produits exonérés dès le départ. La liste comprend les acquis des précédents accords de 1988 et 1995, auxquels quelques produits ont été rajoutés. Il y a grosso modo une trentaine de biens de chaque côté. Il s'agit principalement de produits fabriqués par un pays et pas par l'autre.
    Le flux d'échanges pour ces derniers n'est pas significatif. La deuxième liste est composée de tous les produits dont les droits de douane y compris le PFI (Prélèvement Fiscal à l'Importation) sont inférieurs ou égaux à 25%. Ici il est prévu une réduction de 20% sur cinq ans.

    Segment identique


    La dernière liste est constituée de biens taxés à un taux supérieur à 25%. Pour ces produits, il y a des baisses progressives sur cinq ans de manière à atteindre au terme de cette période un taux réduit de 25%.
    Côté liste négative, les négociations ont permis de la restreindre à trois produits. Deux sont des justifications égyptiennes et une marocaine. La dernière concerne le fer à béton. La privatisation de la Sonasid impose en effet une période de protection. Côté égyptien, les deux exceptions visent les secteurs du textile et de l'automobile.
    Avec la conclusion de cet accord, le grand avantage dont tirent partie les deux pays est d'être sortis des négociations produits par produits. Les listes des produits établis précédemment ne visaient qu'à prévoir des exonérations totales dès la première année. "Les échanges n'étaient pas pour autant favorisés. L'ouverture était brutale et irréaliste", explique M. Fath'Allah Sijilmassi, directeur des Relations Commerciales Internationales au Ministère des Finances, du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat.

    A côté de cela, les pouvoirs publics ont toujours raisonné en complémentarité au lieu de concurrence. Or, les deux pays au même stade de développement se trouvent sur des segments identiques. Résultat: les échanges sont ridicules. Le Maroc exporte pour plus de 30 millions de Dirhams et importe pour près de 123 millions. Or, l'Egypte importe annuellement 12 milliards de Dollars. Ainsi, le Maroc ne peut que profiter de l'ouverture. Autre fait important, le pays des Pharaons ouvre son marché intérieur depuis deux ans. Les droits de douane passent de 70 à 50% sur cette période. A ces taux s'ajoute une taxe douanière additionnelle de 6%, l'équivalent du PFI.
    Aussi le grand avantage de l'accord qui vient d'être conclu réside-t-il dans son "réalisme et sa modernité". "La libéralisation progressive va permettre au bout de la cinquième année de digérer la première étape", indique-t-il.
    Outre ce volet tarifaire, le protocole assouplit les règles d'origine entre les deux partenaires. Alors que le taux de valeur ajoutée est de 60% avec l'Union Européenne, il n'est que de 40% entre le Maroc et l'Egypte.

    Fatima MOUSSADEQ

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