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    Le "12-13" de la RTM Chaîne Inter et de L'Economiste : Divergences sur l'analyse de la crise du textile

    Par L'Economiste | Edition N°:52 Le 05/11/1992 | Partager

    Le secteur textile connaît-il une crise conjoncturelle ou des problèmes structurels liés à la concurrence mondiale ? Les avis des responsables de l'industrie et de l'Administration divergent.

    Le thème du “ 12-13 ” de la RTM du 29 Octobre(1) était “crise ou pas crise dans le textile”. M. Mohamed Tazi, Président de l'ASMAEX et vice-président de l'AMIT, a qualifié les difficultés que connaît le secteur du textile et de l'habillement de “mini-crise”. M. Noureddine Chhoul, chef de la Division des Industries du Textile et du Cuir au Ministère du Commerce, de l'industrie et de la Privatisation, n'a pas contredit cette qualification.

    M. Tazi a motivé son point de vue en expliquant que cette mini-crise puise ses origines dans plusieurs causes. La récession internationale a des effets certains sur les secteurs du textile et de l'habillement marocains. Sur le plan interne, deux catégories de facteurs ont des effets accentuants. La première catégorie de facteurs qualifiés d'endogènes est la faiblesse du pouvoir d'achat du consommateur local, la mauvaise productivité et surtout l'encadrement. Sur ce dernier point, les auditeurs de l'émission ont pu obtenir des données de comparaison. Ainsi, dans les entreprises françaises, il existe 1 technicien pour 25 ouvriers et un ingénieur pour 75. Au Maroc, l'encadrement est de l'ingénieur pour 120 ouvriers et 1 technicien pour 90. Parmi les facteurs exogènes, M. Tazi a cité la baisse des droits de douane, l'ouverture aux importations et la contrebande.

    “Pas de déprotection”, selon M. Abouyoub

    L'intervention de M. Hassan Abouyoub, ministre du Commerce Extérieur, sur la “ déprotection ” était catégorique : “ celle-ci n'est pas du tout à l'ordre du jour”. En effet, la protection contingentaire existe par le biais d'autorisations administratives. L'Etat, a-t-il ajouté, continuera de jouer son rôle. “Certes toutes les branches textiles doivent être plus compétitives et l'Etat fera ce qu'il faut”, s'est contenté de dire M. Abouyoub. M. Tazi a exprimé son désaccord, affirmant que la protection de l'Etat est insuffisante.

    Les divergences de points de vue ont été plus marquées sur le démantèlement de l'AMF (Arrangement Multifibres). L'AMF devait prendre fin en Juillet 1991. Il a été prorogé à fin Décembre 1992. Interrogé sur le démantèlement de l'AMF, M. Abouyoub a précisé “que le désarmement de cet Arrangement Multifibres n'était pas redouté pas les industriels marocains”. Il a même ajouté que “le Maroc reste compétitif et ne craint pas la concurrence loyale”. Ce qui est loin d'être le point de vue des industriels. En effet, tant que cet Arrangement Multifibres s'applique, il y a des quotas qui s'imposent aux asiatiques. Tout ce qui ne peut être obtenu en Asie par les Européens est obtenu auprès des Maghrébins. Or si demain, les pays asiatiques ne rencontrent aucune barrière quantitative eux seuls s'imposeront sur les marchés actuellement acquis aux confectionneurs du Maghreb. Les industries asiatiques sont quasiment les seules à être parfaitement intégrées. Le Maroc est loin d'être intégré.

    S'agissant des moyens qui pourraient aider à surmonter la crise, ont été avancés notamment la possibilité d'importer des supports d'origine autre qu'européenne ou maghrébine et le fameux “plan textile” qui permettrait aux pouvoirs publics d'adopter une stratégie d'ensemble. Sur le premier point, M. Tazi a dénoncé le détournement de trafic qu'utilisent les entreprises européennes, fortes des règlements communautaires. Sur le second point, à savoir le plan textile, les demandes des industriels sont pressantes mais l'Administration considère que le mot “plan” n'est pas approprié, puisque le secteur n'est pas sinistré. Pour l'instant, elle s'en tient à une étude globale du secteur avant de parler d'éventuelles mesures à prendre.

    Enfin, sur la hausse du coût/minute et l'avantage comparatif par rapport au marché international, M. Abouyoub affirme que “ ce n'est pas un critère en soi et qu'il devait être pondéré avec une Série d'autres critères valables ”. Il a ensuite indiqué que l'avenir des entreprises marocaines était le réassort et les petites séries. Là aussi, M. Tazi n'a pas caché son désaccord, puisque pour réaliser des réassorts, il faudrait des unités Très flexibles, des ouvrières de base polyvalentes et répondre dans des délais très rapides. Il en est de même pour les petites séries. Le réassort suppose que le confectionneur ait eu la commande de base.

    L'avenir de l'industrie marocaine est le partenariat qui apporterait le savoir-faire et la technologie du Nord. Ceci suppose que l'investisseur européen trouve des conditions favorables et des locaux, là où les pouvoirs publics sont seuls à pouvoir agir.

    N.H.

    (1) Tous les Jeudis, entre 12 heures et 13 heures, est traité un sujet d'économie dans le cadre de l'émission de la RTM Chaîne Inter (co-produite avec L'Economiste). Le principe est la diffusion en direct depuis les studios de Rabat et du mini-studio installé au siège de L'Economiste à Casablanca. Pour chaque édition sont invités à participer à la fois des dirigeants d'entreprises ou autres institutions publiques et privées et les représentants de l'Administration.

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