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    Le mouvement syndical victime de ses propres défaillances

    Par L'Economiste | Edition N°:441 Le 11/02/1999 | Partager

    Tantôt haute, tantôt basse, la marée du mouvement social dépend d'abord du rapport de forces établi entre centrales, patronat et... gouvernement. Outre sa trajectoire conjoncturelle, la ligne syndicale souffre de ses propres défaillances.

    Désenchantement. "Qu'est-ce qu'il peut nous apporter ce syndicat", lance d'une voix mordante un ouvrier. Traînant ses revendications depuis des années, sinon des décennies, la "classe ouvrière" est simplement et entièrement déçue.
    Mais au-delà des clivages politico-syndicaux, c'est toute l'action sociale qui demeure en cause. Pourquoi n'arrive-t-elle pas à satisfaire les revendications de ses troupes? "Car d'abord elle ne dispose pas suffisamment de compétences pour négocier et mener à terme ses revendications", affirme un responsable syndical.
    Autre défaillance, la démocratie interne de ces organisations, précise ce responsable, qui demande à garder l'anonymat de crainte de représailles internes. Pour lui, les décisions de grève sont souvent prises par les états-majors sans implication des sections locales. "Ces défaillances organisationnelles renseignent d'emblée sur le degré d'efficience de l'action syndicale, d'une part, et mettent en relief d'autre part la nature de bilan que nous pouvons dresser de cette action", affirme un syndicaliste.
    Premier résultat de l'inefficience du mouvement syndical, le Code du Travail. "Nous souscrivons toujours à la même loi régissant les relations entre employeurs et employés de l'avant et après-indépendance". Et d'ajouter: "Même les modalités de l'exercice de droit de grève ne sont pas encore déterminées".

    Respect des conventions


    En effet, si le droit de grève est assuré par la Constitution, ses modalités ne sont pas encore fixées. Le projet sur l'exercice du droit de grève, quant à lui, n'est toujours pas sorti de la Direction de Travail au Ministère de l'Emploi.
    Mais d'ores et déjà la CDT y émet quelques réserves. "Le texte est de nature à défavoriser le déclenchement spontané d'une grève. Il faut d'abord négocier avec l'employeur et lui octroyer même un préavis avant d'entamer tout mouvement de contestation", déclare en substance M. Abdelmajid Bouzoubaâ vice-sécrétaire de la Confédération Démocratique du travail à L'Economiste(1).
    Autre élément s'inscrivant dans le passif de la lutte syndicale, les conventions internationales. Pas plus de 40 ont été ratifiées. En fait, des années durant, les relations entre l'OIT (Organisation Internationale du Travail) et le Maroc étaient "quasiment gelées". La visite de M. Michel Hansenne, directeur général de l'OIT, au Maroc le 21 octobre 1998 préfigure néanmoins de l'amorce d'un nouveau type de partenariat. C'est du moins ce qui ressortait du protocole d'accord. Encore faut-il que les conventions ratifiées soient respectées.


    Quelques conventions ratifiées par le Maroc


    Conventions sur le congé payé ratifiée en 1956; travail forcé (1957); droit d'organisation et de négociation collective (1957); inspection du travail (1958); obligations de l'armateur en cas de maladie ou d'accidents des gens de mer (1958); discrimination (1963); abolition du travail forcé (1966); égalité de rémunération (1979); inspection du travail pour le secteur de l'agriculture (1979); continuité de l'emploi pour les gens de la mer (1980); licenciement (1993).

    Hassan BOUCHACHIA


    (1) Cf l'article sur les libertés de travail.

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