×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Chômage: Le plus mauvais score en 1998

    · Le taux atteint 19% dans les villes

    Par L'Economiste | Edition N°:441 Le 11/02/1999 | Partager

    En attendant une étude sur l'emploi qui couvrira l'ensemble du territoire, les chiffres disponibles ne concernent que le milieu urbain. Les taux révèlent une faible féminisation de la population active et une disparité entre les différents secteurs.

    Combien d'actifs compte le Maroc? Pour à cette question, il y a lieu de préciser que les statistiques officielles ne couvrent que le milieu urbain. Le rural n'est pas encore touché pas les enquêtes menées par la Direction de la Statistique, relevant du Ministère du Plan et de la Prévision Economique. Toutefois, est-il précisé auprès de cette Direction, une enquête globale, qui couvrira l'ensemble du territoire, est en cours de réalisation. "Les premiers chiffres ne seront cependant disponibles que six mois après la fin de l'enquête. Le temps d'effectuer le traitement des informations collectées", précise un responsable de la Direction.
    S'agissant du milieu urbain, la population active âgée de 15 ans et plus aurait augmenté de près de 1% en 1998(1) contre 3,6% en 1997. Les spécialistes expliquent que le ralentissement de la croissance de cette population a entraîné un recul du taux d'activité. Ce dernier est passé, en 1998, à 47,6 contre 49,3 et 49,9%, respective-ment en 1997 et 1996. Le retournement de tendance est plus observé chez les fem-mes dont le taux d'activité à chuté de 24% en 1997 à 21,9% en 1998.
    Le niveau d'occupation de cette population révèle encore un gap entre les deux sexes. Au total, l'économie marocaine emploie près de 4,22 millions de personnes, se répartissant entre 3,22 millions d'hommes et un million de femmes. Les entreprises privées non agricoles restent le principal pourvoyeur d'emplois avec plus de 3 millions de personnes en 1997. Elles sont suivies de loin par l'Administration Générale (770.634 personnes dont 193.865 femmes). En fin de liste arrivent les entreprises publiques et semi-publiques avec seulement 138.245 postes offerts. Le secteur qui emploie le plus de femmes est celui des services personnels et domestiques dont le taux de féminisation est de 46,5% suivi de l'industrie manifacturière (42,3%).
    Du côté du chômage, le nombre des demandeurs d'emplois a augmenté de 13% s'accompagnant d'une baisse de l'emploi urbain. Cette situation a fait que le taux de chômage a atteint 19% de la population active, soit le plus mauvais score depuis celui de 1995 qui avait dépassé la barre des 20%. La femme reste plus touchée que l'homme avec 24,4% contre 17,3%. Selon l'âge, la catégorie qui enregistre le taux le plus élevé est celle des 25-34 ans (29,6%). Les actifs diplômés du supérieur sont quant à eux concernés à hauteur de 25,2%(2). Par régions, c'est le Sud qui est le plus frappé. Le taux le plus élevé (22,1%) est enregistré dans la région de Oued Eddahab-Lagouira-Laâyoune et Guelmim-Smara. A l'origine de cette hausse du niveau du chômage, le bon comportement en 1998 de secteurs peu utilisateurs de main-d'oeuvre.

    Aniss MAGHRI

    (1) Tous les chiffres concernant l'exercice 1998 sont des estimations provisoires. Les chiffres définitifs ne sont pas encore arrêtés.
    (2) Les diplômes du supérieur regroupent le Baccalauréat et ceux de la formation supérieure (facultés, grandes écoles et instituts).


    L'Euroland sous le poids du chômage


    Alors qu'aux Etats-Unis les niveaux de chômage enregistrés à fin janvier sont jugés des plus faibles, l'Union Européenne bascule sous le poids de ce fléau.
    A fin 1998, l'UE comptait près de 16,5 millions de personnes au chômage, soit près de 10% de la population active. La situation est encore plus grave pour les chômeurs de longue durée. Ainsi, près de 49% des concernés sont sans travail depuis plus d'un an et 30% depuis plus de deux ans. Cette situation a poussé les socialistes et les socio-démocrates européens, réunis à Vienne à fin janvier, à décréter l'état d'urgence contre ce fléau. Ils sont allés jusqu'à désigner le Premier ministre portugais, M. Antonio Guterrres, à la tête d'un groupe de travail chargé d'examiner la situation de l'emploi au sein de l'UE. En attendant, le manifeste des socialistes, adopté à Vienne en janvier, accorde la priorité à l'emploi en le citant en premier parmi les 21 points énumérés par ce document.
    Parallèlement, une enquête réalisée du 25 au 28 janvier 1999 par Reuter auprès de 35 économistes internationaux a révélé que le niveau de chômage devrait rester élevé en 1999 et 2000 dans la zone Euro. "Nous prévoyons un fort ralentissement de la demande externe, en raison des crises asiatiques, russe et latino-américaine, ainsi que de la demande interne qui sera affectée par les incertitudes sur l'économie globale", estime ainsi Paolo Guida, économiste chez UniCredito Italiano à Milan. Les spécialistes interrogés dressent ainsi un tableau sombre. Selon eux, la croissance devrait se contracter à 2,1% cette année, contre 2,8% en 1998, pour remonter à 2,6% en 2000. Ce niveau de croissance ne pourra pas assurer, selon eux, une baisse notable du taux de chômage qui touche 18 millions d'habitants de la zone Euro. Les économistes sondés prévoient un niveau encore très élevé de 10,6% cette année et en 2000, après 11,1% en 1998.

    A.M. (Reuter & MAP)

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc