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    Politique Internationale

    Le commerce des arbres de Noël : Circuits structurés pour un marché saisonnier

    Par L'Economiste | Edition N°:59 Le 24/12/1992 | Partager

    Les marchés des fleurs sont dominés, en cette fin d'année, par les cyprès qui font office de "Sapin de Noël". Quoique saisonnière, la commercialisation de ces aires est bien structurée.

    "Les arbres de Noël sont pour les Chrétiens ce que le mouton est pour nous, à l'Aïd El Kébir", explique, sur un ton souriant, Youssef, un jeune fleuriste du marché de Maârif, à Casablanca. Visage légèrement barbu, Youssef a hérité de son père, aujourd'hui décédé, le métier de fleuriste.

    En parallèle, il suit des cours en sciences islamiques à l'université. Il explique que la commercialisation des arbres de Noël obéit à une psychologie, pratiquement similaire à celle que connaît la commercialisation des moutons.

    Faible au début, elle s'intensifie au milieu de la saison de vente, avant de "dégringoler", selon ses propres termes, à la veille de la fête.

    Outre le marché du Maârif, la commercialisation des arbres de Noël, essentiellement les cyprès, se déploie également, au marché central, à Beauséjour, au quartier Oasis... Là, où traditionnellement existent des marchés de fleurs.

    Cette structure fixe au niveau des points de vente donne au marché des cyprès un caractère de régularité, que ce soit sur le plan de l'approvisionnement ou de la commercialisation.

    Le cyprès pour célébrer Noël

    Le marché des arbres de Noël est approvisionné, en majeure partie, en cyprès. Le sapin, proprement dit, est rarement commercialisé, voire jamais. Un expert au service des plantations, au Ministère de l'Agriculture et de la Réforme Agraire, nous indique qu'il existe "un seul peuplement naturel de sapin au Maroc, du reste protégé". Il s'agit d'un parc naturel, d'une superficie de 2.000 hectares, localisé en montagne à 1,200 mètres d'altitude, qui surplombe la ville de Chefchaoun.

    Le cyprès fait office de "sapin de Noël". Non seulement il est de la même famille que le sapin et se prête donc remarquablement à la fête, mais il est, également, cultivé dans plusieurs régions du pays. M. Abdelahad Quotb, pépiniériste depuis 1984, explique que le cyprès sert comme "brise-vent". Il est planté par les agriculteurs pour protéger leurs champs. Il explique que sa culture n'est pas trop exigeante. Un cyprès avec racine, destiné à la plantation, coûte, prix grossiste, entre 8 et 15DH. l'arbre ne demande pas beaucoup d'eau et se développe dans un climat humide. Sa plantation se fait de Novembre à Février. Mais sa croissance est lente. Elle est de l'ordre de 12m3/an/ ha, indique M. Quotb.

    Deux mois à l'avance

    Ce sont, bien entendu, les agriculteurs qui fournissent, en cyprès, les marchés de la ville. Le produit de l'élagage, qu'ils effectuent annuellement, est vendu directement aux fleuristes. Ces derniers se déplacent chez les agriculteurs, presque deux mois avant l'ouverture de la saison de vente, pour assurer leur approvisionnement et négocier les prix de livraison. "Au début du mois de Décembre, les fermes ont déjà tout vendu", constate un fleuriste du marché central.

    Ces fermes sont localisées pour la plupart aux environs de Casablanca: à Tit-Mellil, à Bouskoura, à Ouled Haddou et à Ben Slimane. Les prix au gros tournent autour de 50DH/branche de cyprès. Dépourvues de leurs racines, les branches arrivent, tout de même, à conserver leur feuillage verdâtre au-delà même du 24 Décembre. Mais, elles sont retirées du marché.

    Peu d'imitants

    La commercialisation des arbres de Noël n'échappe pas aux règles qui régissent le marché des fleurs. Selon les commerçants, l'essentiel des ventes est réalisé avec leurs clients traditionnels, ceux de tous les jours. Pour la plupart, il s'agit de résidents étrangers, francophonnes ou anglo-saxons. Les Marocains qui achètent sont souvent mariés à des étrangères, alors que les "imitants", selon Youssef, sont peu nombreux. Une infime partie des cyprès est vendue aux hôtels, aux restaurants et aux écoles primaires d'enseignement français.

    Les prix de vente, au stade du détail, varient entre 50 et 150DH. La marge bénéficiaire oscille autour de 30% . Elle peut atteindre, selon un fleuriste, 100%, le tout dépend de la "tête du client".

    A.Z.

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