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Le 3ème négociant franco-africain passe chez l'ONA

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Les premières réactions sont plutôt favorables en France à la prise de contrôle par l'ONA du 3ème groupe de négoce franco-africain, Optorg. Compte tenu de la situation socio-politique dans ce pays, I'ONA redoutait des réactions épidermiques, mais M. Fouad Filali a au contraire été comparé à M. Bernard Tapie, dans ce que ce dernier a réussi en matière de redressement d'entreprises.

A Casablanca, tout en soulignant que l'opération doit encore obtenir l'approbation du Trésor français, l'état major du groupe commente avec soulagement et amusement les réactions de la presse française. "Attention aux raccourcis journalistiques, tempère M. Robert Assaraf, Optorg n'est pas une entreprise en difficulté, même s'il y a des ajustements à faire dans quelques filiales africaines"

L'ONA, via sa filiale ONA International, a conclu un accord pour le rachat des parts de trois partenaires dans Optorg: le groupe Salomon (20,97%), le groupe Doumeng (20,97%) et la Banque Bruxelles Lambert France (8,32%), soit la majorité du capital de la compagnie. L'ONA s'est en outre engagé à racheter les titres qui seraient présentés en Bourse, au cours de 320FF, ce qui pourrait donc aller jusqu'à la totalité des titres. Ces derniers sont dispersés: Bolloré (5%), AGF (3%), une Sicav du Crédit Agricole, Unifrance (5,6%).

MM. Filali et Assaraf soulignent que, pour l'ONA, "il ne s'agit pas d'une opération financière", mais au contraire une option pour le développement de l'agro-distribution, en Afrique comme en Europe.

Vieille compagnie de négoce d'origine hollandaise, Optorg intéresse l'ONA depuis 1987. Mais à cette époque, c'est l'association Doumeng-Salomon qui avait pris le contrôle de la compagnie. Aujourd'hui, le retrait de Michel Doumeng (le fils de Jean-Batiste Doumeng, surnommé le Milliardaire Rouge dans les années 70 en raison du développement du commerce avec les pays de l'Est) est expliqué par les difficultés de son groupe. En revanche, les raisons du départ de M. Salomon n'ont pas été données, mais elles sont attribuées aux effondrements sur les marchés de la viande en Europe. En 1991, M. Salomon, PDG de Optorg, programmait d'intégrer les activités de son groupe à Optorg. Le projet a donc été abandonné entre temps.

Optorg a une image de négociant de l'agro-industrie, mais ce n'est pas tout à fait exact. La compagnie réalise 30% de son CA dans le matériel de TP, forestier et manutention et 20% dans la quincaillerie et les matériaux. Il importe de noter que c'est une filiale de Optorg qui a commencé la commercialisation de Canal Horizon et que la Compagnie a récemment obtenu la carte Caterpilar. En revanche, la quincaillerie ne paraît pas une branche très porteuse, indique-t-on à Casablanca, tout en demeurant très prudent sur les décisions à prendre.

Présente dans 10 pays d'Afrique, la compagnie y réalise 91% de son CA, dont plus du tiers au Gabon, 13% en Côte d'Ivoire et au Cameroun, un peu plus de 8% au Maroc avec Stokvis, dont elle détient 50% du capital.

M. Benchellah, Directeur général de Stokvis, se déclare "satisfait de la prise de contrôle par l'ONA de la société mère, outre le côté affectif de retrouver des Marocains chez Optorg". Il y voit "des possibilités de synergies importantes". Les originalités de Stokvis, outre d'avoir su traverser trente ans de perturbations de conjoncture comme de réglementations, sont dans les parts détenues par le réseau de distribution et le personnel dans le capital, le contrôle à 100% de l'usine Mobylette Maroc et une forte capitalisation (pour une société de négoce). M. Benchellah explique que l'effort actuel porte sur le développement de la maintenance à travers les points de ventes.

L'ambition de l'ONA est de "développer rapidement le CA" de Optorg, qui aura été en réduction de 8% environ en 1992, et toujours selon l'ONA, la compagnie "trouvera au sein du groupe un appui pour se renforcer en Afrique, se développer au Maroc et se diversifier en Europe".

Nadia SALAH
et Laïla TRIKI

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