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    Economie

    L'activité minière en 1991 : La conjoncture internationale affecte le secteur à la baisse

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    La production minière nationale, qui était de près de 22.500.000 tonnes en 1990, a baissé de 15,2% en 1991 pour se situer à un peu plus de 19.000 tonnes. Parallèlement, la part du secteur minier dans les exportations globales du pays connaît une baisse légère. Celles-ci ne représentent plus que 30,46% du chiffre global en 1991, contre 34,23% l'année précédente.

    La raison principale de ce recul est une baisse quasi-généralisée de la demande sur l'ensemble des marchés internationaux des matières premières minérales. Ces déséquilibres structurels mais cycliques entre l'offre et la demande ont été aggravés en 1991 par les nouvelles politiques économiques dans les pays de l'Europe de l'Est et de l'ex-U.R.S.S., avides de devises, qui ont développé tous azimuts leurs exportations de matières premières minérales. Troisième producteur dans le monde et premier exportateur de phosphates, le Maroc a produit 17,97 millions de tonnes en 1991 contre 21,36 millions en 1990. La production marchande phosphatière nationale, en dépit de cette régression 15,9%, toujours la part du lion dans le chiffre d'affaires du secteur.

    En ce qui concerne les ventes, les exportations de phosphates bruts (9 millions de tonnes) ont procuré au pays l'équivalent de 3,028 milliards de Dirhams en devises et celles des produits dérivés a rapporté 6,962 milliards. La production minière de cuivre est en recul de 2% à 38.900 tonnes. Le volume des exportations a baissé de 3,3%. Le chiffre d'affaires à l'export est de 203,7 millions de Dirhams (contre 213,4 en 1990).

    La production de minerai de plomb progresse de près de 7%. Mais le volume global des ventes a baissé de 15%. Les recettes à l'exportation du plomb métal et des concentrés de plomb atteignent 361 millions de Dirhams en devises, contre 509 millions en 1990. Celles du zinc, en revanche, sont en légère hausse (+4,2%) à 110,55 millions de Dirhams, tout comme celles de l'argent: 241,6 millions de Dirhams contre 227,7 millions. La fluorine et le manganèse chimique restent pratiquement stables avec des chiffres d'affaires de 94,2 pour la première et 83,6 millions de Dirhams pour le second.

    Le chiffre d'affaires total des ventes locales du secteur minier, tous produits confondus s'élève en 1991 à 3,576 milliards de Dirhams (en 1990, il était de 3,631 milliards); celui réalisé à l'exportation atteint 11,354 milliards, en légère augmentation par rapport à celui de 1990 (11,293 milliards). Partant de l'idée que "la mine n'est plus depuis fort longtemps une industrie archaïque, mais un vecteur puissant de l'innovation technologique", le président de l'A.I.M.M., M Mourad Chérif, invite les opérateur minier à accroître leur capacité de résistance face à la crise. L'industrie minier est, en effet, un facteur de développement économique non négligeable, en particulier au plan régional. Elle contribue, de plus, à la décentralisation du tissu industriel national. Elle emploie directement plus de 62.000 personnes, dont 1.309 ingénieurs. Contribuant pour 6% dans le P.I.B, le secteur production minière induit pour 100 Dirhams, une valeur ajoutée de 200 à 300 Dirhams.

    Il regrette particulièrement que "le calcul de la contribution minimale soit établi sur la base de 0,5% du chiffre d'affaires qui pénalise les entreprises réalisant des chiffres d'affaires importants avec des résultats négatifs". De même, il appelle à la suppression de la taxe "ad valorem" et à l'augmentation de la limite supérieure de la provision pour la reconstitution de gisement de 15 à 30% du chiffre d'affaires. Dans le même ordre d'idées, l'A.I.M.M. demande l'extension du champ d'application de la législation minière à l'ensemble des substances minérales et l'instauration des permis d'exploration et de recherche de plus grande superficie.

    C'est dans cet esprit que la maîtrise en recherche et développement acquiert toute son importance en vue d'augmenter la productivité. Les investissements en recherches ont été de 1,611 milliard de Dirhams, ceux du "social et formation" de 787 millions pour la décennie 80. Le Fonds de Formation Professionnelle Inter-Entreprises Minières (F.F.P.I.E.M) a été crée à cet effet. Sur un autre plan, le président de l'A.I.M.M. estime que l'adaptation du cadre législatif et réglementaire est souhaitable. A ce titre, un règlement minier établi et finalisé par l'A.I.M.M. et son ministère de tutelle a été soumis fin Novembre au gouvernement pour approbation. L'octroi de tous les avantages du code des exportations à l'ensemble de l'industrie minière et l'adoption d'une fiscalité moins contraignante auraient valeur incitative sur l'investissement minier et métallurgique. Cela contribuerait à encourager une plus grande ouverture vers le Maghreb et l'Europe. Enfin, l'environnement demeure "la priorité des priorités" pour l'A.I.M.M.

    K.L.

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