×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Architecture : Le Ministère de la Justice réhabilite le tribunal de Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Le tribunal de Première Instance de Casablanca connaît actuellement des travaux de réhabilitation. NBR consultants a réalisé pour le compte du Ministère de la Justice l'étude-diagnostic de l'existant, et assure le suivi du projet mis en chantier depuis Mars. Coût global de l'opération : 13 millions de DH.

    "Nous allons le lâcher sans rides. C'est une opération de réhabilitation. On doit lui restituer son visage initial ". C'est en ces termes que s'expriment MM. Abdelhamid Refass et Zouhaïr Bennani de NBR consultants, le bureau d'études qui a effectué le diagnostic des bâtiments du Palais de Justice, pour expliquer ce qu'ils appellent désormais: " Opération TPI de Casablanca ". Le Tribunal, un petit joyau architectural construit dans les années 20, a subi au fil des décennies l'usure du temps. " C'est un bâtiment qui a souffert dans sa vie. Il a connu deux extensions, de style différent et n'a pas fait l'objet d'entretien particulier. Il présente la pathologie-type d'une construction ", explique M. Lahsen Arji, architecte au Ministère de la Justice, Il rappelle que le TPI de Casablanca est considéré comme " un monument historique ". Du côté du Ministère de la Justice comme du côté de NBR consultants, on insiste sur le terme de " réhabilitation ". Le laboratoire de bâtiment et Travaux publics assure actuellement le suivi du projet mis en chantier depuis Mars 92. Les travaux se heurtent à des difficultés d'exécution, car l'opération de la réhabilitation se déroule alors que l'activité judiciaire au Palais de Justice bat son plein du fait de la cohabitation de trois TPl.

    Ombres et lumières

    Lorsqu'en 1990, NBR consultants est appelé à faire l'étude-diagnostic du TPI, " les bâtiments allaient, par endroit, pratiquement à la ruine ", explique M. Refass, Directeur du laboratoire. Les études de diagnostic et de réhabilitation vont durer deux années. Des méthodes instrumentales non destructrices seront utilisées pour localiser les anomalies sans casser l'existant. " Le diagnostic s'est attaqué au côté structurel du TPI. Il s'agissait de reconstituer l'ensemble de la structure du bâtiment, d'analyser son historique et de voir comment son ossature a évolué dans le temps ", précise M. Zouhaïr Bennani. Le diagnostic va permettre de tirer plusieurs enseignements.
    La vie de ce vieux Palais a connu trois phases. L'année 1920 marque son ouverture. Bâti sur une surface de 3.600 m2, le Tribunal est conçu de l'extérieur comme un sérail avec notamment un jardin, en arrière du bâtiment. Au niveau de la façade, un jeu de lumière et d'ombre dans les allée donne au Palais une beauté naturelle Le bâtiment comporte des motifs décoratifs uniques, faits avec des matières nobles, travaillés à la main: beaucoup de marbre, de boiserie et une sculpture très recherchée de la roche, de la pierre taillée et de la pierre reconstituée. " Le bâtiment est classé à une époque où les architectes français se sont ouverts sur d'autres horizons. Le TPI représente une architecture européenne avec un habillage arabisant ", observent MM. Refass et Bennani.

    En 1940, une extension du Tribunal vers l'arrière entraîne la disparition du jardin. Et en 1978, il y a eu construction de deux bâtiments en aile pour fermer le Palais de Justice.

    Amorces de décollement

    Le diagnostic récent révèle plusieurs anomalies entre autres: vétusté assez avancée avec dégradation notable dans les éléments décoratifs, altération de la pierre reconstituée avec amorces de décollement, amorce d'attaque du marbre avec des surfaces décollées, garde-corps métalliques rouillés, amorces d'effondrement de certaines dalles... Seul le zellige artisanal va pouvoir résister à l'usure malgré le taux de 85 % d'humidité que connaît Casablanca. " Au niveau du zellige, il y a des couleurs qui ont gardé, par endroit, leur éclat ", observe M. Bennani.
    Sous l'édifice du Tribunal, une nappe phréatique de l'oued de Bouskoura menaçait les bâtiments de ruine... Le réseau d'électricité et les installations sanitaires étaient défectueuses. Il était temps d'agir pour éviter que l'irréparable ne se produise.

    Un budget de 13 millions de DH

    "L'objectif de la réhabilitation est, avant tout, d'assainir l'intérieur et de le rendre viable pour que le personnel du Tribunal puisse travailler dans des conditions dignes...", explique M.

    Arji. Les travaux entamés, depuis Mars 92, s'attaquent justement à réaliser ce premier objectif. Les ouvrages d'art et d'esthétique viendront dans un second temps.
    Globalement, un budget de 13 millions de DH est prévu. "C'est à la fois peu et beaucoup", expliquent les promoteurs du projet. Peu, au regard de l'importance de l'oeuvre entreprise (réhabilitation d'un monument historique).

    Beaucoup, au regard du budget général alloué au Ministère de la Justice. Conscient de cette réalité, ce dernier avait entrepris une campagne de sensibilisation, auprès des communes urbaines de la Wilaya du Grand Casablanca, pour qu'elles participent au budget du projet. Peine perdue. "Aucune commune n'a répondu à l'appel", confie M. Loutfi Ouahi, ingénieur de Génie civil au Ministère de la Justice. Pour des contraintes d'étalement des crédits, le marché a été subdivisé en neuf lots. Les gros-oeuvres et assainissements ont pris 28% du budget.
    L'électricité et le réseau d'informatique, 15%. La plomberie sanitaire et protection-incendie, qui vont commencer incessamment, devront prendre 12%. La menuiserie - bois et métallique. 20%. La peinture et vitrerie, 10%.
    La réalisation de ces premiers lots devra rendre les bâtiments du Palais de Justice " salubres ". Mais, des difficultés d'exécution subsistent.

    Un PV pour déplacer les archives

    Les dirigeants de NBR consultants ainsi que les responsables du Ministère de la Justice expliquent qu'il existe deux sortes de problèmes organisationnels. En premier lieu, ils rappellent que le Palais de Justice abrite trois tribunaux qui fonctionnent, chacun, d'une manière autonome. Il s'agit du TPI Casa-Anfa, du TPI Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ et du TPI de Hay Hassani-Aïn Chock.

    L'inflation des dossiers que connaît le Palais entraîne un mouvement de foule énorme. Ce qui perturbe l'exécution des travaux qui sont soumis parfois à des autorisations. "Il faut un PV pour déplacer les archives", note M. Arji qui ajoute que la pluralité des juridictions alourdit les procédures d'autorisation.
    En second lieu, la pluralité des entreprises intervenant dans le chantier a créé des problèmes de coordination. "On a relevé une série d'anomalies faites par des entreprises", observe M. Refass. Conscients de cet état de fait, les responsables du Ministère de la Justice envisagent de confier le reste des lots du marché " tout corps d'états à une seule entreprise ".

    Abdelkhalek ZYNE

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc