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    Politique Internationale

    La voix et la mémoire de Taos Amrouche

    Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

    LE Centre Culturel Français de Casablanca a offert aux Casablancais le Jeudi 16 Avril à 20h30, un spectacle qui pouvait, au premier abord, paraître surprenant: Roundja, la jeune fille plus belle que lune et que rose, conte berbère, créé, dit et joué par Laurence Bourdil, en langue française, ponctuée par la musique traditionnelle de Saïd Akhelfi.
    Ce fut un événement culturel. Parce que Roundja est un récit superbe, cousu de poésie, dévidant le fil de l'histoire si banale dans les contes, et toujours si troublante, du fils désiré, privilégié, mené par l'amour, la force et la beauté, trahi par la jalousie, et dont le propre père finit par envier la jeunesse et la puissance jusqu'à vouloir lui ravir une vie qu'il a lui-même engendrée, les biens qui dépassent les siens, les jeunes femmes qui l'aiment et le protègent: une lutte à mort où émerge la bienveillance réelle de parents adoptifs, pauvres, prêts à tout pour réconforter le fils qui les soutient, et ne se remettra jamais de devoir supprimer son père pour suivre et faire régner la justice et la vérité.

    Ce fut aussi la révélation du pouvoir de la mémoire et de la voix qui l'évoque.
    Car Laurence Bourdil a repris la tradition orale kabyle que lui ont léguée sa mère Taos Amrouche après sa grand-mère Fadhma Aïth Mansour Amrouche. Après le spectacle, où elle a donné une expression splendide au conte, pensive, sereine, elle répondait aux remerciements de spectateurs émus: "je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi, mais les ancêtres. Ce sont eux qui sont présents." Si présent que ce spectacle avait débuté, dans l'obscurité, avec le chant de la joie -un des plus anciens chants berbères- interprété par les voix de Fadhma et de Taos Amrouche.
    Tellement vivants que la voix de Laurence Bourdil avait ressuscité, pour une heure inoubliable, une mémoire collective, où chacun retrouvait, au delà de son enfance, de ses souvenirs ou d'un appel lointain, les mythes d'une culture invoquée du fond d'âges habités des fantasmes universels.

    Thérèse BENJELLOUN

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