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    Economie

    La semaine marocaine à Londres : Forcing en Angleterre pour la diversification du commerce extérieur

    Par L'Economiste | Edition N°:58 Le 17/12/1992 | Partager

    Le marché britannique recèle des potentialités inexploitées, à l'heure où les marchés traditionnels deviennent saturés. La semaine commerciale à Londres marquait la volonté de diversification des opérateurs économiques marocains, conduits par M. Hassan Abouyoub.

    Entamée le 8 Décembre, la Semaine Commerciale Marocaine à Londres s'est achevée le 11. Elle a été

    organisée par le Centre Marocain de Promotion des Exportations et l'Ambassade du Maroc en Grande-Bretagne, avec la collaboration de la Chambre de Commerce Arabo-Britannique.

    “Le bilan est satisfaisant”, indique M. Mounir Bensaïd, Directeur du CMPE. Une réunion d'évaluation prévue dans quelques jours permettra de dégager les résultats globaux de cette manifestation et d'en tirer des enseignements. Pour l'instant, en une semaine (plutôt quatre jours), les organisateurs annoncent cinq projets d'investissement en gestation, notamment dans le textile et la chimie. De plus, des exportateurs ont noué des relations de partenariat prometteuses avec des centrales d'achats et des opérateurs économiques britanniques. Par ailleurs, les entreprises marocaines qui étaient déjà présentes sur le marché britannique ont conforté leurs relations avec leurs partenaires. Dans ce cadre, un homme d'affaires marocain s'est félicité de l'organisation de telles manifestations permettant de donner plus de crédibilité que “si l'on se lance seul dans la prospection”.

    Montrer ce que l'on peut donner

    L'objectif de cette manifestation d'envergure était de pousser les exportations marocaines en direction de la Grande-Bretagne, “ montrer ce que l'on peut donner", selon M. Hassan Abouyoub, ministre du Commerce Extérieur, des Investissements Extérieurs et du Tourisme, à l'ouverture de la Semaine Commerciale. Celle-ci s'inscrit dans le cadre de la stratégie de diversification géographique entamée depuis quelques années. Elle est d'autant plus significative que le marché britannique recèle des potentialités contrairement aux débouchés traditionnels qui manifestent une certaine réticence aux produits marocains.

    Les organisateurs avaient aussi pour objectif de promouvoir les investissements privés britanniques au Maroc. En somme, il s'agissait d'une manifestation globale (elle fait suite à la manifestation du même genre organisée en 1991 et spécifiquement axée sur le textile), incluant la promotion des exportations, du tourisme et l'appel aux investisseurs privés britanniques.

    Dans cette optique, tous les secteurs de l'activité économique étaient représentés: l'Industrie, les services liés au commerce international (en particulier le transport), la finance par le biais du Ministère des Finances et du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) ainsi que le patronat marocain.

    Cette semaine se présentait ainsi en quatre volets:

    - une exposition multisectorielle couvrant l'ensemble de la production industrielle marocaine (l'agro-industrie, le textile, la chimie et para-chimie, l'électrique et l'électronique);

    - des tables rondes et des séminaires animés par les opérateurs marocains à l'intention de chaque secteur;

    - des rendez-vous individualisés pour chaque homme d'affaires afin de faciliter les contacts et renforcer les relations avec leurs homologues britanniques;

    - la mobilisation et la sensibilisation autour de cette semaine des institutions financières et des banquiers d'autant que Londres est une place financière importante.

    Par ailleurs, les relations historiques entre les deux pays ont été mises en relief à travers une exposition regroupant l'ensemble des correspondances des souverains depuis le 16 ème siècle.

    Il s'agissait, par ces actions, de mettre en exergue l'ensemble des potentialités de l'économie marocaine. De l'avis de M. Richard Needham, ministre britannique du Commerce, cette manifestation est importante à plus d'un titre parce qu'elle permet aux opérateurs économiques britanniques de s'approcher davantage du Maroc. Eu effet, la méconnaissance du marché cible ou des partenaires potentiels constitue un blocage psychologique important dans toute décision d'investir ou de mise en place d'une opération commerciale. Par conséquent, des actions toujours dynamiques doivent être menées dans le sens de l'information. C'est ainsi que M. Abouyoub avait mis l'accent sur cet aspect lors de ses différentes interventions portées essentiellement sur la politique de libéralisation, la réforme du système financier, la convertibilité du Dirham, la mise en place de la zone off shore de Tanger, les opportunités offertes par le Maroc aux investisseurs étrangers, ainsi que la qualité et la compétitivité des produits marocains. Ces différents thèmes ont été repris lors des séminaires sectoriels en vue de mieux préciser les potentialités existant dans chaque créneau.

    L'écueil de la langue

    La forte présence d'opérateurs économiques marocains à cette manifestation témoigne d'une volonté de percer le marché britannique supposé être difficile d'accès. Pourtant, souligne M. Ahmed Faouzi, Conseiller Economique à l'Ambassade du Maroc à Londres, “ les difficultés sont inhérentes à n'importe quel autre marché, même s'il se montre très sélectif ”. Le principal écueil, qui résidait dans la langue, est en train d'être surmonté. “Un effort important a été réalisé dans ce sens”, précise-t-il.

    Quant aux intentions affichées par les opérateurs anglais de développer le partenariat et de nouer des relations solides avec leurs homologues marocains, elles demeurent réelles. Le problème est alors de maintenir la pression, de poursuivre le travail de terrain entamé depuis la première semaine commerciale de 1991. En cela les responsables du CMPE et du Ministère de tutelle sont décidés à poursuivre la voie tracée. Une “Journée conférences” est déjà prévue en 1993 avec le Patronat britannique, annonce M. Faouzi, (en plus de la Semaine Commerciale).

    Alié Diour N'Dour

    Les échanges commerciaux Maroc/Grande-Bretagne

    Les échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne ont connu une progression appréciable entre 1987 et 1991. Le volume global des échanges est passé de 1,6 milliard de Dirhams à 3,1 au cours de cette période, soit une croissance de plus de 82%. Les importations marocaines en provenance de la Grande-Bretagne se sont accrues de 93,5%, passant de 1,06 milliard de Dirhams à 2,06 sur cette même période. En revanche, les exportations ont augmenté moins que proportionnellement. De 628 millions de Dirhams en 1987, elles se sont situées à 1,02 Milliard de Dirhams, soit une hausse de l'Ordre de 62%.

    Les échanges se caractérisent ainsi par un déficit persistant au détriment du Maroc. Le taux de couverture était estimé à 50% en 1991, après avoir culminé à 90% en 1989. Toutefois, la Grande-Bretagne reste un partenaire important avec 3,3% de l'ensemble des exportations marocaines (8 ème client en 1990) et 3,5% des importations (7ème fournisseur). Celles-ci sont composées essentiellement de propane, butane à usages divers, moteurs à combustion pour l'Industrie, fils et fibres synthétiques polyamide, antibiotiques, papier, polybutadeine, syrène et tracteurs. En contrepartie, le Maroc exporte des agrumes, des primeurs, des conserves de sardine, du phosphate et des produits dérivés. D'autres produits sont en train de pénétrer dans le marché britannique. Le textile et cuir ainsi que les fleurs y sont déjà présents. L'agro-alimentaire et l'artisanat pourraient s'y introduire sous peu. Pour leur part, les investissements britanniques au Maroc sont estimés à 4% du volume des investissements étrangers durant l'année 1991, contre 2,6% en 1987. Dans líensemble, 22 entreprises britanniques sont directement présentes au Maroc. Les participations sont orientées vers le textile (bonneterie et vêtements pour enfants), l'hôtellerie et les hydrocarbures. En outre, des sociétés marocaines représentent en tant qu'agents ou intermédiaires, les intérêts de certaines compagnies britanniques. C'est ainsi que British Leyland est représentée par Difama et Africauto et les tracteurs Fergusson et Leyland respectivement commercialisés par Comagi et Berliet. D'un autre côté, Saîda Star Auto assure le montage de camions pour Bedford et Smadia en fait de même pour Lister & Petter en ce qui concerne les motopompes et les moteurs diesels.

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