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    Economie

    La présence espagnole au Maroc : Expotecnia confirme la stratégie espagnole de proximité

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    Les 170 entreprises espagnoles, prévues pour l'Expotecnia finissent d'arriver à Casablanca. Le 8 Décembre, les machines-outils, arrivées par containers spéciaux seront montées, la plupart mises en marche pour des démonstrations.

    C'est le forcing espagnol. Jamais une manifestation commerciale n'avait pris cette ampleur, et n'avait été aussi fortement médiatisée. Tous les supports ont été utilisés : télévision, radio, presse écrite et même affichage. L'exposition technique qui s'adresse en priorité aux industriels, acheteurs potentiels de machines-outils, a été promue comme un produit grand public. Les espagnols veulent marquer les esprits, à long terme. Le slogan, "Nous avons tant de choses à faire ensemble", est presque celui d'un produit de consommation. Les "nous" et "ensemble" appellent à la communion, à la convivialité. Les "choses" sont très simples.

    Expctecnia, même si elle permet de conclure quelques affaires, sera un tremplin, pour confirmer une percée commerciale récente qui remplit les Espagnols de fierté. Entre 1988 et 1991, les importations marocaines en provenance de l'Espagne sont passées de 3 milliards de DH à 4,9 milliards, en hausse de 61%. Les exportations passaient de 2,1 milliard de DH à 3,28, en hausse de 55%. En terme relatif, le Maroc est le 11 ème client de l'Espagne, mais surtout le premier hors OCDE. L'Espagne s'enorgueillit d'être devenu le 2 ème "partenaire" du Maroc. "Les secteurs traditionnellement considérés comme concurrentiels entre les deux pays, se transforment en aires de coopération et de complémentarité", explique Alvaro Genfiro, conseiller économique et commercial à l'Ambassade d'Espagne, chargé de la coordination générale d'Expotecnia 92,3 ème manifestation du même nom. Les précédentes avaient été organisées dans des pays liés à l'Espagne, géographiquement ( le Portugal ), ou historiquement ( le Mexique ). Avec le Maroc, et en attendant d'être fixe, la liaison est considérée comme naturelle. Pour preuve, elle se renforce alors que l'Espagne s'arrime à une Europe tentée de se refermer sur elle-même.

    Cette Europe s'installe dans une crise structurelle, une récession. Les ménages et les entreprises se sont équipés dans l'euphorie des années 80, et pour préparer l'échéance 93. Les marchés sont saturés. Les espagnols ont compris qu'il fallait chercher au Sud, des marchés "en développement". Ils ont mis le prix, ont investit et pas seulement en promotion d'Expctecnia. Entre 1988 et 1991, l'investissement espagnol au Maroc a été porté à 10 milliards de Pesetas. Il a été multiplié par 20. La tendance continue en 1992, et l'Espagne se trouve en tête de l'investissement étranger. Elle occupe donc une première place. C'est la référence ultime. Agro-industrie, pêche et textiles, et mines attirent les opérateurs ibériques.

    Dans ce ballet commercialo-financier, les grands noms s'affichent. Dragados, le leader des T.P. est à Jorf Lasfar. L'INI, ( holding étatique employant 140.000 salariés ) y est impliqué dans la construction de la centrale thermique. Il a créé un bureau de liaison à Casablanca, le 3 ème monde après Bruxelles capitale de l'Europe et New York, capitale du monde de la finance. Endesa, sa filiale, veille à l'interconnexion électrique Maghreb-Europe. Cuibertas est présent dans le consortium qui construit le barrage Al Wahda sur le fleuve Ouergha. Les Espagnols sont présents sur terre et sur mer : ils ont construit lbn Battouta II et une bonne partie de la flotte de pêche. Partout, ils jouent la stratégie de proximité, laissent les grandes productions à l'Asie, développant le service personnalisé, se spécialisant sur des niches. Une entreprise comme Eliop, spécialisée dans l'électronique et l'informatique industrielle laisse la production de composants à Toshiba ou Matsuhita. En revanche, elle se spécialise dans l'automatisation des procédés, qu'elle exposera à Casablanca; c'est l'application de l'équipement de base qui est la valeur ajoutée.

    Les écrans de visualisation, les instruments de mesure sont les mêmes. C'est l'application à la régularité des eaux ou de l'électricité qui est une niche viable. La machine-outil est conçue et commercialisée ainsi. L'Asie a gagné la bataille des prix sur le tour ou la fraiseuse standard. Les entreprises, concentrées dans le Pays Basque " personnalisent " la machine de base pour les besoins de l'industrie automobile allemande par exemple. Elles viendront à Expctecnia pour proposer des " solutions périphériques ", une ingénierie. La spécialisation sur des niches ne se fait pas loin des grands courants industriels, au contraire.

    Les leaders de l'industrie espagnole des biens d'équipements visités exhibent fièrement des classeurs ou des programmes de normalisation. Ils se mettent au diapason européen, normalisent la qualité des pièces fabriquées, les procédures de fabrication, de contrôle.

    K.B.

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