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    Economie

    La Direction de la Statistique confirme la stagnation

    Par L'Economiste | Edition N°:535 Le 23/06/1999 | Partager

    · Le taux d'évolution du PIB ne devrait pas dépasser 0,2%

    · L'agriculture et le BTP constituent des points noirs

    · Le taux d'inflation devrait être de 1,6%



    Les prévisions de la Direction de la Statistique pour l'année 1999 confirment la morosité de l'activité économique. Elles sont même bien en déçà de celles du Centre Marocain de Conjoncture qui, lui, plus optimiste, tablait sur une croissance de 0,6%. L'évolution du PIB à prix constant ne sera que de 0,2% en 1999 contre 6,5% en 1998. Pour se rassurer, il serait tentant de signaler que le contexte mondial serait à un ralentissement de la croissance qui n'est pas aussi important qu'au Maroc. La croissance mondiale devrait se situer aux alentours de 2,3% contre 2,5% en 1998. Cette évolution devrait être accompagnée d'une inflation modérée. Quant aux échanges mondiaux qui se sont ralentis en 1998, suite à la contraction des importations des pays émergents, ils devraient connaître une reprise au cours de 1999.
    Côté marocain, l'heure n'est pas à l'euphorie. Les indicateurs sont au rouge. C'est autant de mauvaises nouvelles pour le gouvernement qui avait basé ses prévisions sur une croissance de l'ordre de 3% en 1999. Evidemment, c'est la mauvaise campagne agricole 1998/1999 qui est montrée du doigt. La sécheresse serait à l'origine d'une chute de 11,1% des activités agricoles. La production céréalière a en effet diminué de près de la moitié. La récolte serait largement en déçà de la moyenne des années précédentes et ne devrait même pas atteindre les 36 millions de quintaux. A cela s'ajoute une montée des cours du pétrole, alourdissant ainsi la facture énergétique. A fin avril, déjà la facture s'est accrue de près de 6%. En 1998, l'économie avait largement profité de la tendance baissière.

    Bien que l'économie soit fortement tributaire de l'agriculture, cette dernière n'est pas la seule cause du ralentissement de l'activité. Les secteurs non agricoles devraient également connaître des performances relativement moins fortes en 1999. Le PIB hors agriculture ne s'accroîtrait que de 2,3% contre 3,7% en 1998. Son ralentissement s'explique surtout par le recul du BTP, du commerce et du transport. En revanche, l'industrie afficherait de meilleures performances avec une croissance de 3% contre 2,4% en 1998. A cela s'ajoute une tendance baissière des prix.
    Le taux de variation de l'indice moyen des cinq premiers mois de l'année s'élève à 0,1%, avec une hausse de 0,5% enregistrée en mai. Les courbes des prix des années 1998 et 1999 s'enchevêtrent. C'est le même tableau qu'en 1996/1997 où, fait historique, au cours du premier semestre 1997, les deux courbes se coupaient. C'était la première fois que les courbes se rejoignaient. Habituellement, elles évoluent en parallèle, les unes au-dessus des autres. Les prix de l'année N-1 sont toujours inférieurs à ceux des années N. Cette année, la même tendance a été observée.
    Le Centre Marocain de Conjoncture prévoit d'ailleurs en 1999 un taux d'inflation de 1,6% contre 2,7% en 1998. Pour la Direction de la Statistique, le taux devrait être plutôt similaire à son niveau 1997, soit 1%.

    204.000 chômeurs urbains supplémentaires


    Conséquence de cette conjoncture plutôt morose, la recrudescence du chômage. Au premier trimestre 1999, l'aggravation est nette. Le taux de chômage urbain croît d'une manière importante et avoisine les 22% contre 19,1% en 1998. Il évolue ainsi de plus de 2,9 points. Le cap du million de chômeurs est dépassé au niveau urbain et le plafond du million et demi au niveau national est presque atteint. Il faut rappeler que 80% des chômeurs sont des citadins. Le nombre de chômeurs supplémentaires est de 204.000.
    La création des 85.000 emplois au niveau urbain est désormais insuffisante pour compenser l'arrivée des 289.000 personnes sur le marché de l'emploi et ce, alors que la moyenne annuelle ces dernières années se situait à 170.000 personnes. La pression sur le marché de l'emploi devient ainsi de plus en plus forte.
    Au niveau national, le taux est moins alarmant, atténué par la faiblesse du chômage rural, mais il n'en demeure pas moins important. Le taux national est en effet de 13,8%. Au niveau rural, il n'excède pas les 5,6%. Mais, pour cette tranche de la population, c'est plutôt le problème de sous-emploi qui se pose.

    Fatima MOSSADEQ

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