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    Economie

    La communication des opérations de privatisation : Saaïdi joue la séduction de la presse

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    Lors d'un débat avec la section casablancaise du Syndicat National de la Presse Marocaine, M. Saaïdi a proposé un pacte Ministère de la Privatisation-Presse, a propose un pacte A la charge de son département une transparence totale, les journalistes vérifiant pour leur part l'information et la traitant de manière objective.

    M Abderrahmane Saaidi, ministre de la Privatisation, était l'invité des journalistes casablancais par le biais de leur syndicat le jeudi 10 mars 1994. Devant une assistance peu nombreuse mais fort accrocheuse, le ministre a réussi "une belle sortie". Se proposant de "parler sans tabous", il a brisé la glace et laissé une excellente impression aux journalistes présents qui ont loué sa franchise et son indépendance d'esprit.

    Encouragés par la proposition du ministre, les journalistes ne se sont pas fait prier pour ouvrir le feu. Les questions, précises, directes, mais parfois malveillantes ont offert au ministre l'opportunité de brosser un tableau général englobant la philosophie de la privatisation, les procédures utilisées, l'actualité et les différentes cessions réalisées et, last but not least, ses rapports avec la presse.

    Transparence et objectivité

    Sur ce dernier point, M. Saaïdi s'est adressé à l'assistance en des termes éloquents. "J'ai envie de vous séduire ", leur a-t-il lancé, pour préciser que lorsqu'un média se fait l'écho d'une rumeur mal intentionnée "ça lui fait mal" et que "même si c'est rectifié après, le mal est fait". L'évocation des rapports médias-Ministère lui a offert 1' opportunité d ' une proposition fort décente.

    Le ministre ne propose pas moins qu'un pacte. Les privatisations étant une question fort sensible, il s'engage à la transparence totale de son département. En contrepartie, il exige de la profession qu'elle se montre rigoureuse. " Vérifiez I 'information, le commentaire étant libre".

    Citant le cas d'informations dénuées de tout fondement, colportées Dar certains journalistes, il s'est attaché à démontrer que certains intérêts pouvaient être derrière. La Shell, par exemple, a fait l'objet de spéculations sur le prix de cession et la créance sur l'Etat. CMH vaudrait 16 fois le prix annoncé par le Ministère selon un quotidien. Sans mettre en doute la bonne foi des journalistes, M. Saaidi, très à l'aise sur "ses dossiers", adonné les éclaircissements nécessaires pour réfuter ces thèses. Mais allant plus loin, il a tenté "d'identifier" les sources de nos confrères et leurs intérêts dans la distillation de ce genre d'informations.

    Le moyen d'éviter ce genre de situations? la transparence. M. Saaïdi s'est engagé à fournir personnellement toute information demandée par un journaliste. Une seule restriction, l'information ne doit pas gêner une transaction en cours. La critique est alors possible sur la base d'informations fiables. "J'aimerai 4ue vous me répondiez par un dossier solide, chaque fois que je vous appellerai pour un article ". Citant le cas de la CIOR, "où il y avait effectivement problème sur la répartition régionale", il n'a pas exclu la possibilité d'appréciations divergentes

    L'appel d'offres, le pire des procédés

    Enhardis par cette ouverture, nos confrères se faisaient pressants. Le ministre s'est alors paré d'une stature didactique. Reprenant la loi sur la Privatisation, il a expliqué les mécanismes qu'elle met en place et critiqué certains aspects. "Si en apparence l'appel d'offres est la procédure qui garantie mieux les intérêts de I 'Etat, c'est en fait le pire des procédés". Explication de texte: la recette n'est pas 1' unique objectif de la privatisation. Assurer la pérennité de I ' entreprise et son développement sont tout aussi importants.

    Or, que se passe-t-il dans un appel d'offres? Les différents soumissionnaires présentent des plans de développement. Les organes "privatiseurs" n'ont pas la latitude d'apprécier ces plans. Le ministre cite le cas d'une entreprise où 2 soumissionnaires avaient présenté des plans, l'un prévoyant 2 millions de !DH d'investissement, I' autre 10 ou 20 fois plus. C'est le premier qui a été retenu, parce qu'il était plus disant de. . . quelques centaines de millions de DH. Le ministre trouve aberrante cette situation. Ce pourquoi, à titre personnel, il préfère la cession directe qui lui permet de faire un "package" entre les différents objectifs de la privatisation. Il rappelle d'ailleurs que les ^'garde-fous" sont nombreux. Le prix minimum est fixé par la commission d'évaluation, et le mode choisi par la commission des transferts qui donne son visa d'agrément en fin de parcours. "Le ministre ne donne même pas son avis sur les prix, ce qui est une erreur".

    Privatisations, social et politique

    L'aspect social du processus de privatisation était sous-jacent à la majeure partie des questions. M. Abderrahmane Saaïdi a d'abord rappelé qu'en dehors de COMAGRI, aucune opération de privatisation n'avait donné lieu à des licenciements . Or COMAGRI n'a pas été privatisée par son département. Ce sont les services du Domaine qui ont procédé à la location. Deux problèmes ont surgi: les locataires avancent que les fermes louées ne répondaient pas exactement aux descriptions contractuelles, et qu'en outre les employés étaient "fonctionnaires", dans un sens péjoratif. Des solutions seraient à l'étude.

    M. Saaïdi, estimant qu'il était un homme politique et non un technocrate, estime que les recettes de la privatisation sont allouées au social, puis qu'elles permettent à I ' Etat d'augmenter son budget d'investissement. Ces recettes doivent, à son avis, servir d'abord à créer des emplois et non à augmenter les salaires.

    "Créer un environnement incitatif pour l'investissement est le meilleur moyen de générer des emplois ", a-t-il martelé en précisant que c'était là l'objectif n°1 de la privatisation. 

    Jamal BERRAOUI

    Les petites phrases du ministre

    Au cours de ce débat, certaines réflexions de M. Lundi étaient "croustillantes":

    Quand nous négocions avec des groupes internationaux, ils envoient des gens "balèzes". Les négociations très pénibles. J'ai besoin de gens valables à mettre en se, or ce n'est pas à 5.000 ou 10.000DH que je peux les trouvons. Ce problème de salaire est d'autant plus important e ce sont des fonctions exposées à la tentation. Que l'un qui veut investir 45 milliards fait facilement "un d'eau" de 30 ou 40 millions.

    Certains établissements publics n'ont pas tenu de conseil d'administration depuis 4 ou 5 ans. Leurs chiffres inexacts ou "indisponibles". Sans que l'on puisse incriminer personne, puisque le contrôle financier s'est toujours exercé dans les formes légales. Il y a des gens qui en place depuis 20 ans, sans rendre compte à premiers. Il faut qu'il y ait une sanction positive ou négative X fonction des résultats. Et ça, seules le méthodes du privé le permettent.

    On a vendu Petrom à 850.000 DH et récupéré un compte courant de 3,5 millions de DH, et j'étais content. C'est le premier canard boiteux que nous cédons, et maintenant je peux vous le dire, nous aurions été satisfaits pour moins que ça.

    Dans le cas de 5S50, il n'y a pas d'autres choix réalistes que de traiter avec le partenaire en place. Mais ne le répétez pas beaucoup; ils risquent de me faire des propositions ridicules.

    La Bourse comporte des risques pour les petits épargnants? Oui, nous le savons et nous le disons. Mais primo, nous limitons ce risque au maximum en accordant une prime sous forme de remise, secundo nous n'allons pas décourager les épargnants en claironnant qu'il y a un risque. Il faut faire un effort didactique sans les éloigner de la bourse.

    Le Budget publicité(') est géré à la manière d'un bon commerçant. Je ne peux donc acheter des emplacements qu'auprès des médias qui touchent ma cible. Quand certains journaux m'appellent pour avoir de la "pub" et qu'ils sortent des articles incendiaires le lendemain parce que j'ai refusé, j'appelle ça du chantage.

    (1) NDLR : Les budgets publicité sont gérés par les agences adiucatrices des marchés : : shems's (campagne générique et CTM), Klem-RSCG( CIOR), saga (SOGAC) etc...

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