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    Economie

    Banques : Les derniers aménagements des emplois obligatoires

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    La construction d'un système de financement régi par les mécanismes du marché se poursuit. Dans la foulée de la modification du mode de calcul des taux d'intérêt, quelques emplois obligatoires sont supprimés. Les banques récupèrent une partie de leurs ressources qui devraient être utilisées de manière plus efficiente.

    Une bonne partie du dispositif de contrôle quantitatif et sélectif du crédit s'est écroulée suite à la suppression de tous les coefficients de retenue à l'exception du plancher d'effets publics et du portefeuille des bons CNCA à moins d'un an. Disparaissent ainsi:

    - le portefeuille minimum des effets représentatifs de crédits à moyen terme réescomptables;

    - le coefficient d'emploi en crédits immobiliers;

    - le coefficient de retenue pour la créance née sur l'étranger.

    Démarche logique: les emplois obligatoires s'effacent dans le cadre d'une politique monétaire basée sur les taux d'intérêt et les mécanismes de marché. En dehors de la réserve monétaire qui constitue un important instrument de régulation et un filet de sécurité dans le dispositif dont la mise en place est en cours, les autres coefficients de retenue ne devraient donc plus exister à moyenne ou longue échéance.

    3 milliards de Dirhams dégagés

    En attendant, les décisions annoncées lors du CNME (Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne) permettent aux banques de disposer un peu plus librement de leurs ressources avec la perspective d'une affectation plus efficiente. De ce point de vue, "ces mesures ne peuvent être que salutaires", se réjouissent quelques banquiers. Elles ont permis de libérer de toute administration environ 3 milliards de Dirhams, soulignent ils.

    Auparavant, les banques étaient obligées de maintenir en portefeuille des effets représentatifs de crédits à moyen et long termes destinés au logement à hauteur de 2,5 % de leurs exigibilité. Elles devaient également conserver, sous forme de portefeuille de créances nées sur l'étranger, 3% de leurs exigibilité telles qu'elles ressortent de leur dernière situation comptable mensuelle. Quant aux emplois obligatoires en CMTR, ils devraient se situer à 2,50% des dépôts, abstraction faite des comptes en de vises étrangères. A cela s'ajoutaient le plancher d'effets publics et les bons CNCA à un an qui restent maintenus.

    Le plancher d'effets publics ou portefeuille minimum en bons de Trésor, rémunérés à 4,25% l'an, que les banques doivent impérativement conserver. Ce plancher représente

    25% des exigibilité telles qu'elles ressortent de la dernière situation comptable mensuelle.

    Demandes saines et justifiées

    Les bons CNCA à un an doivent représenter 2% des exigibilité, déduction faite des dépôts à terme et des dépôts en Dirhams convertibles. Quant à la réserve monétaire proprement dite, elle est fixée à 10% des exigibilité à vue en plus d'une tranche de 15% souscrite en bons du Trésor à 7 ans rémunérés annuellement au taux de 10,5%.

    Au total, les institutions bancaires ne pouvaient librement utiliser que près de 40% de leurs ressources. A l'exclusion de la réserve monétaire dont la principale finalité est de contribuer à la régulation du niveau de liquidité des banques, les autorités monétaires visaient un double objectif à travers les emplois obligatoires: faciliter le financement du Trésor et canaliser une partie des ressources bancaires en direction de quelques secteurs d'activité ou d'autres institutions financières, précisément le CIH, la CNCA et la BNDE.

    Les emplois obligatoires ont ainsi toujours pesé sur le compte d'exploitation générale des banques, font remarquer quelques professionnels. Pour compenser le manque à gagner, elles se sont donc portées sur les crédits considérés comme les plus rémunérateurs ou se sont placées au taux maximum après la libéralisation des taux d'intérêt, expliquent-ils. De fait, certains domaines privilégiés, bénéficiant de taux administrés plus faibles, tels que l'exportation et le financement de l'investissement des PME, en ont fait les frais.

    Il est attendu maintenant que les mécanismes du marché jouent pleinement leur rôle. Par conséquent, si l'offre de crédit augmente, "la baisse des taux d 'intérêt pourrait être accélérée", commente un banquier. En tout état de cause, l'argent ne va pas couler à flot pour toutes les entreprises. En raison des contraintes liées à l'amélioration des équilibres interne et externe, les autorités monétaires ont invité les banques à "faire preuve de vigilance dans la distribution des crédits" et à ne répondre "qu'aux demandes économiquement saines et justifiées".

    Dans cette optique, M. Mohamed Sekkat, gouverneur de Bank Al Maghrib, a bien précisé que "la hausse de la masse monétaire en 1994 devrait être contenue dans une fourchette oscillant entre 8 et 10% et l'accroissement des crédits à l'économie ne devrait pas dépasser 10%". Compte tenu de ces limites, les crédits à l'économie devraient augmenter d'un peu plus de 7 milliards de Dirhams au cours de cette année pour atteindre78 milliards. Quant à la masse monétaire, elle devrait monter de près de 16 milliards pour se situer au maximum à 174 milliards à fin 94. 

    Nouveau système de fixation des taux

    Les banques redoutent la baisse de leur rentabilité

    "Nous restons toujours dans un système administré". C'est une des opinions les plus partagées dans les milieux bancaires après la modification du système de calcul des taux d'intérêt débiteur. Cette situation ne fait cependant pas jaser.

    Les banques, dans l'ensemble, "redoutent plutôt l 'effritement de leur rentabilité", notent quelques cadres. D'ailleurs, pour tenter d'atténuer la baisse de la marge, elles ont aussitôt réduit d'un point les taux créditeurs. Cette baisse se répercutera au terme de ces six prochains mois sur les taux débiteurs.

    La tentation sera encore grande de faire une nouvelle ponction sur le coût des ressources pour conserver la marge. Cette politique de découragement des dépôts " plus ou moins voulue" est d'autant plus aisée que, pour le moment, il n'y a aucune inquiétude quant au niveau des ressources.

    Cependant, du fait de l'impossibilité de la reconduire indéfiniment, "les banques vont tenter de comprimer leurs frais généraux pour sauvegarder leur rentabilité", fait acquis, les recrutements et certains avancements pour raient être gelés", explique-t-il.

    L'autre moyen pour maintenir la marge réside dans la possibilité d'augmenter les emplois. Dans cette optique, il est expliqué que les banques sont dans l'obligation de rentabiliser leurs capitaux, notamment après les dernières opérations de recapitalisation.

    Pour ce qui concerne la relance de l'investissement, quelques banquiers estiment que le coût de l'argent n'en constitue pas réellement un frein d'autant que "les bons projets trouvent toujours un financement adéquat". Pour autant, ils reconnaissant que les institutions financières se sont un peu retenues dans la distribution du crédit, mais notent au passage que les opérateurs économiques font preuve, depuis près de deux ans, d'une grande retenue motivée, entre autres par une conjoncture internationale incertaine.

    Ils espérant tout de même que la baisse des taux pourrait être à l'origine d'un déblocage psychologique: toutes les récriminations des entreprises à l'égard des banques étant focalisées sur le prix de l'argent.

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