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    Economie

    Cherchant une stratégie et des perspectives : Le textile-habillement plongé dans la perplexité

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    Faute d'une stratégie pour le futur, le secteur textile-habillement diagnostique l'existant, analyse son passé. Un séminaire du CEM a permis de rappeler les réalisations de six phases "glorieuses".

    LES quelques participants au séminaire organisé le 8 mars par le Centre Marocain de l'Entreprise (CEM) et intitulé "Textile et habillement: quelles perspectives?", ont eu sur tout droit à... une rétrospective!

    Sur une éventuelle stratégie, M. Abdelali Berrada, directeur général de I ' Amith (Association Marocaine des Industries Textiles et Habillement) a seulement indiqué que des comités ont été créés pour établir un diagnostic du secteur en tenant compte de l'environnement local et international du secteur.

    La majeure partie de son intervention à été consacrée à l'évolution historique du secteur.

    Le flash-back a porté sur plus de 30 années divisées en six phases, la dernière s'arrêtant en 1991. Elle se caractérise par "la croissance sans retenue des investissements et fait apparaître de nombreuses lacunes". M. Berrada cite, entre autres, la valeur ajoutée textile qui atteint péniblement les 14%, le manque d'encadrement technique, la sous-utilisation des capacités installées, la mauvaise image qui colle au "made in Morocco" et enfin la concentration des débouchés sur l'Europe.

    Stratégie des prétextes

    Sur ce dernier point, M. Abdelkrim Abouyoub, responsable régional en marketing Textile et Cuir au CMPE, note que les dirigeants du secteur ont commis une première erreur en se limitant au marché européen, puis une seconde en se focalisant sur la France. La troisième erreur est en cours d'exécution. En effet, fait remarquer M. Abouyoub, "toute la stratégie du secteur à l'export est bâtie sur des prétextes, de la langue, de l'éloignement.. on part toujours perdant". Il ne manque pas de faire un clin d'oeil à la concurrence maroco-marocaine due à ce qu'il appelle des "entreprises parasites" décrites comme des entités peu structurées, soucieuses de rentabiliser leur investissement ou de récupérer leur amortissement.

    Invité en tant que consultant en stratégie marketing, M. Jean-Christophe Vergé a suggéré aux responsables du secteur, entre autres, une agressivité commerciale plus accrue, une meilleure intégration inter-branches, la segmentation dans la confection (produits haut de gamme). Il recommande de cesser de raisonner en terme d'avantage coût-minute. Or, sur ce dernier point, rien ne permet d'affirmer que le Maroc a puisé l'atout d'une main-d'oeuvre bon marché (C f Encadré).

    Le peu nombreux mais courageux auditoire qui a suivi le séminaire sera reparti en sachant comment l'industrie textile/habillement marocaine est parvenue à être victime de sa croissance exponentielle, à travers son histoire.

    La première phase (1960-65), selon le dé coupage de M. Berrada, a été celle du 1er code d'investissement. En 1960, le textile/habille ment réalise un chiffre d'affaires évalué à 60 millions de DR. Cinq ans plus tard, ce CA passe à 370 millions de DH. Le secteur compte 15.000 emplois. La seconde phase ( 1966-70) est caractérisée par une croissance de l'ensemble des activités textiles dont le CA grimpe à 900 mi1 lions de DH dont 13% à l'export. Les emplois se chiffrent à 30.000. La troisième phase est celle de I ' accomplissement du premier des deux axes de la stratégie adoptée pour le secteur au départ, à savoir l'auto suffisance. De 1971 à 1976,1eCA cumulé atteint 873 millions de DH. Le nombre d'emplois se situe à 50.000 en 1976. Le deuxième axe de la stratégie du secteur qu'est la promotion des exportations est amorcé entre 1977 et 1980 (quatrième phase). Le taux de couverture des importations par les exportations tourne autour de 93%. Par ailleurs, l'investissement moyen annuel s'établit à 200 millions de DH contre 146mi11ionspourlapériode 1971-76et 71 millions pour celle de 1965-70.

    La cinquième phase (1981-86) est celle du bilan... positif. Le CA cumulé dépasse les 9 milliards de DH dont le tiers à l'export. L'investissement moyen annuel passe à 560 millions. Le taux de couverture franchit la barre des 100% . L'effectif employé englobe 110.000 per sonnes. La dernière et sixième phase (1987-91) est qualifiée de décisive. Elle est notamment marquée par la libéralisation de certains produits textiles qui démarre en 1987. L'investisse ment de délocalisation représente 30% des investissements du secteur. Le taux de couverture de 130% en 1986 passe à 166% en 1991. En 1993, il frôle les 200% (199%) alors qu'il était à 177% en 1992. Depuis cette dernière date, I' industrie textile/habillement voit sa croissance se décélérer. Phénomène imputé au mouvement de déconsommation internationale, explique M. Berrada. Mais entre temps, le secteur a raté plusieurs fois le coche dont la formation, l'intégration...

    N. H.

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