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    Economie

    Journée d'études à HEM : Un souci majeur comment mobiliser l'épargne?

    Par L'Economiste | Edition N°:52 Le 05/11/1992 | Partager

    L'Institut des Hautes Etudes de Management a réuni des opérateurs économiques, des universitaires et des cadres d'entreprises pour réfléchir sur le thème “Redéploiement financier et promotion des investissements”. Cette journée a permis d'ouvrir un débat relatif à la mise en place d'une stratégie de mobilisation de l'épargne intérieure et d'accès au marché financier extérieur.

    Le programme d'ajustement structurel arrive à son terme. “Il englobe des réformes de structures sur les plans économique et social”, souligne M. Abdelali Benamour, Président de HEM, “Mais le débat ne doit pas s'y focaliser”. Il doit être orienté vers les problèmes de fond, en particulier l'entreprenariat et la nature de l'entreprise, la nouvelle culture économique... le tissu économique, les possibilités de croissance sans soubresauts et plus précisément la problématique de financement des investissements. En effet, “dans une économie moderne, la promotion de l'investissement passe par une mutation des circuits de financement”, précise M. Mohamed Berrada, ministre des Finances. Et d'ajouter, “les établissements de crédit vont jouer un rôle important. Mais la croissance économique ne va plus reposer sur eux. Le problème est alors de chercher les voies et moyens de mobiliser toutes les ressources potentielles pour assurer le financement des investissements.

    Une épargne sous-évaluée

    Pour ce faire, les canaux de financement doivent être multipliés. Ils sont d'abord internes de par l'épargne domestique et externes ensuite avec le recours au marché financier international. Cependant, depuis la crise de la dette, celui-ci est devenu instable et très sélectif, “d'où un effort d'adaptation et la mise en place d'une stratégie de mobilisation de l'épargne”, souligne M. Mohamed Daïri, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures au Ministère des Finances. Cependant, se pose le problème de l'évaluation de cette épargne, de son importance et de sa structure. Cette épargne existe mais son recyclage se heurte à la faiblesse du marché financier. En fait, le système bancaire a jusqu'à présent joué le principal rôle dans la collecte et l'affectation des ressources, même s'il a souvent fait l'objet de critiques. Toutefois, relève M. Larbi Jaïdi, Professeur à l'Université Mohammed V de Rabat, sa structure est très concentrée. Seules deux banques drainent 65 à 70% des ressources. De plus, leurs emplois (crédit sur dépôt) restent faibles. De manière générale, les pratiques concurrentielles devraient être encouragées, notamment par la poursuite de la réforme financière. Celle-ci concerne, outre les banques et les autres organismes financiers, la bourse qui ne contribue que de façon marginale à la mobilisation de l'épargne. Pourtant, le marché boursier recèle des potentialités “bloquées par l'insuffisance des produits”, constate M. Berrada. Dans ce cadre, les avis convergent sur le fait que les textes le régissant sont devenus inadaptés. Des projets de réforme seraient mis en veilleuse depuis plusieurs années. L'accélération du processus de sa dynamisation devrait sans nul doute avoir des implications positives dans la collecte de l'épargne domestique qui demeure cependant insuffisante pour le financement de l'économie. Le recours aux flux internationaux s'avère encore nécessaire, souligne Mme Fatima Kenfaoui, Directeur Adjoint du Département des Etudes à Bank Al Maghrib, qui précise que l'équilibre est rompu entre l'épargne et les besoins de financement de l'économie.

    Méconnaissance du marché international

    D'ailleurs, la fin du programme d'ajustement structurel permettra au Maroc de renouer avec le marché financier international. Dans cette optique, les entreprises devraient s'y préparer. Cependant, il est nécessaire de s'interroger sur les moyens d'accès à ce marché. Pour cause, le pays y est absent depuis dix ans. Des mutations se sont produites, notamment par la rareté de l'épargne internationale et la multiplication des produits financiers devenus plus complexes. Les participants au colloque s'accordent sur sa méconnaissance qui est réelle. Dans ces considérations, le besoin d'information s'impose. Une stratégie élaborée sur quatre à cinq années est en phase de préparation, annonce le Directeur du Trésor et des Finances Extérieures . Pour les participants, cette stratégie devra d'abord reposer sur l'identification et l'évaluation des besoins, la privatisation en particulier avec une ouverture sur le capital étranger, la gestion active de la dette, la restructuration des entreprises publiques, le renforcement de la transparence des entreprises et la réalisation de projets d'utilité publique. L'accès au marché financier international se fera cependant de manière graduelle. Le Trésor serait le seul habilité à y accéder dans un premier temps. Au préalable, le Maroc doit être coté par les grandes agences de rating et payer le prix du recours au marché international notamment en terme de coût des crédits qui seront consentis.

    A.D.N.

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