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    Courrier des Lecteurs

    Journée de la finance de l'AMTE : Marché monétaire: Discorde sur l'origine des blocages

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager

    Les causes du blocage du marché monétaire sont identifiées. Mais autorités monétaires, trésoriers et banquiers se rejettent les responsabilités.


    Un aller-retour Paris-Casablanca dans la journée pour un exposé instructif devant un parterre de cadres financiers, directeurs de trésorerie et banquiers: M. Jacques Attali, économiste, ancien conseiller de feu François Mitterrand et ancien directeur général de la Berd (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), a marqué la Quatrième Journée Nationale de la Finance et de la Trésorerie organisée par l'AMTE (Association Marocaine des Trésoriers d'Entreprises) le jeudi 31 octobre. Son intervention constitue un cadre de réflexion pour un pays émergent tel que le Maroc, soumis à une forte mutation structurelle et institutionnelle.
    Les données économiques mises en relief par M. Attali représentent un message pour qui veut s'intégrer et conquérir une place confortable dans une économie qui s'est mondialisée.
    Il précise que le Produit National Brut du monde est estimé à 35 trillions de Dollars dont 7 pour la Naphta (ALENA), 15 pour l'Asie, 7 pour l'Europe et 5 pour le reste du monde. Les réserves des banques centrales représentent 100 trillions de Dollars, les transactions financières 500 trillions et les investissements annuels 6 à 7 trillions. Ces chiffres sont réalisés à une époque où le taux de croissance mondiale a atteint son niveau le plus élevé, à 4% annuellement. Corrélativement, la demande de capitaux, dopée par l'investissement en infrastructures dans les pays en développement, est énorme et les besoins largement supérieurs aux disponibilités, particulièrement en période d'inflation.

    Fluidité et concurrence


    De l'avis de M. Attali, les taux à long terme continueront à augmenter. Il estime que le Maroc doit réunir cinq conditions pour tirer profit de la manne financière: «s'intégrer le plus rapidement possible à l'Union Européenne, lutter pour la création d'un marché commun maghrébin, s'ouvrir sur certains grands pays africains, tenter de devenir un pôle d'attraction pour les capitaux étrangers et assurer une cohésion sociale et une justice partagée» .
    M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances, a bien senti les urgences, estimant que «nous devons aller vite», faisant allusion aux réformes. Le Maroc vise en effet un taux de croissance fort et, par conséquent, des moyens importants pour l'atteindre. M. Kabbaj a rappelé les projets en cours. Système de collecte de l'épargne, titrisation, réforme, code des assurances et réforme de la Bourse des Valeurs constituent les dossiers les plus urgents.
    En attendant leur résolution, il invite les entreprises «à s'approprier les outils mis en place» pour lever des capitaux ou mieux gérer leurs ressources financières. En effet, la fluidité et le dynamisme du marché intérieur constituent des conditions sine qua non pour l'attrait des capitaux étrangers.
    Le problème: la jonction entre les différents compartiments n'est pas encore complètement achevée. Des blocages persistent.
    M. Mohamed El Hajjouji, président de l'AMTE, a de nouveau précisé que le fonctionnement optimal des mécanismes de marché et l'implication de tous les acteurs dans le jeu de la concurrence sont la base d'une «plus grande efficacité des circuits et une amélioration des coûts de financement». Il milite pour la mise en place «d'un marché des capitaux allant du jour le jour au long terme et qui permettra la formation d'une courbe de taux et l'existence de véritables taux de référence». Un clin d'oeil aux banques, aux IVT (Intermédiaires en Valeurs du Trésor) et particulièrement au Trésor.

    Mise à niveau financière


    Bank Al-Maghrib, quant à elle, semble irritée par le surplace. Mme Fathia Bennis, responsable du service Marché monétaire à l'Institut d'émission, n'a pas mâché ses mots. Tout en déplorant l'attentisme des opérateurs, entreprises, banques et sociétés de financement sur le marché des TCN, elle souligne que le Trésor doit harmoniser ses émissions pour permettre au marché secondaire de fonctionner.
    Pour l'instant, investisseurs et entreprises doivent faire avec ce qui existe. La plupart des entreprises devront toutefois se remettre à niveau financièrement pour mieux s'intégrer aux marchés local et extérieur.
    Parmi les faiblesses, M. Sâad Bendidi, directeur général de Moussahama, relève le problème des délais de paiement qui continue de plomber le bas du bilan. Il a par ailleurs souligné que la désintermédiation constitue un transfert de la gestion des risques vers l'entreprise. Ce faisant, «le rôle de la direction financière doit être renforcé», précise M Olguin, directeur de la salle des Changes de la CCF à Bruxelles.
    La remise à niveau financière intéresse dans une large mesure le haut du bilan. Le constat est fait depuis belle lurette.
    Les entreprises doivent cependant être fortes pour mériter une recapitalisation. Et pour cause, «il est difficile de demander aux actionnaires de suivre en l'absence de perspectives de rémunération», souligne M. Abdelkrim Raghni, directeur général d'Interfina.

    Alié Dior NDOUR
    (Voir 253Mo3)

    La réforme achevée

    Bourse espagnole: Repositionnement avant l'Euro


    Avec un volume moyen de transactions de 238 milliards de Dollars, la Bourse espagnole se range au 7ème rang des places les plus liquides du monde. Actuellement, 40% des actifs sont détenus par des investisseurs étrangers. Le programme de privatisation en cours permettra d'attirer davantage d'investisseurs. Autant que toutes les places financières, la Bourse espagnole garde un oeil sur les mouvements de capitaux internationaux. Une menace pour les places émergentes du Maghreb, le Maroc en particulier? Non, corrige M. Josep Oliu Creus, président de Barcelone Place Financière et directeur général de Banco Sabadell, un des animateurs du séminaire organisé par le réseau Monnaie-Finance-Banque de l'Université Mohamed V de Rabat les 28 et 29 octobre 1996. De son avis, la proximité entre les deux places ne peut constituer un facteur gênant. La Bourse espagnole est actuellement à mi-chemin entre les grandes places financières mondiales et les places émergentes. Elle est entrée dans une phase de transition depuis la réforme de 1989. Il est à souligner que cette Bourse est composée de 4 places distinctes, Madrid, Barcelone, Bilbao et Valence. En pratique, «elles constituent un seul marché doté de plusieurs portes d'entrée» , explique M. Joan Hortalla, président de la Bourse de Barcelone.
    Avec cette réforme, les Bourses sont devenues des institutions entièrement privées. Il a été parallèlement créé une Commission Nationale du Marché des Valeurs, équivalent du CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobi-lières), chargée de réglementer et de superviser le marché. L'intermé-diation a été démonopolisée. Le marché a été élargi aux sociétés de valeurs qui peuvent se porter contrepartie et aux agences de valeurs strictement spécialisées dans l'intermédiation. La cotation électro-nique s'est substituée à la criée pour les 120 valeurs les plus liquides. Les 200 valeurs les moins liquides sont encore cotées à la criée. La réforme de la Bourse de Casablanca ne prévoit pas cette différenciation. Toutes les transactions passeront par le système électronique. Il est vrai que le nombre de sociétés cotées ne milite pas pour cette option. En dépit du maintien des deux systèmes, 95% des transactions sur les différentes places espagnoles sont réalisées par l'intermédiaire du système électronique, lequel «a permis de créer un réseau entre les quatres Bourses espagnoles», souligne M. Hortalla. Il précise que les Bourses espagnoles sont aujourd'hui en conformité avec les usages internationaux qui veulent que les Bourses les plus développées procèdent à la liquidation au bout de trois jours avant la fin de cette année.
    Actuellement, quelque 25.000 ordres, dont 50% sont sanctionnés par une transaction, transitent quotidien-nement par le système. La réforme a favorisé le changement de l'image de la place espagnole, note M. Creus. Mais pour l'heure, elle reste portée sur le domestique. Seules cinq valeurs étrangères sont cotées en Espagne, alors que six espagnoles le sont à l'étranger. De nouveaux créneaux émergent sur la place espagnole. M. Hortalla indique que les options et le terme y sont devenus importants et enregistrent une croissance exponentielle. L'avenir de cette place espagnole sera toutefois marqué par l'avènement de la monnaie unique. Elle entraînera «une convergence des marchés financiers européens», affirme M. Hortalla. Pour illustration, il avance qu'avec des taux d'intérêt similaires, les marchés de dette publique n'auront pas une grande différence. «Mais, dans tous les cas, il y aura une plus grande concurrence» , souligne le président de la Bourse de Barcelone.

    A.D.N.

    Jacques Attali

    «La Méditerranée a besoin d'une Europe forte»


    - L'Economiste: La concréti-sation du projet de création d'une banque de développement pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient butte toujours sur des divergences. Votre position sur cette question?
    - Jacques Attali: J'ai lancé moi-même l'idée d'une banque de développement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient en 1989. Je souhaite que ce soit possible. Je sais que la négociation est difficile. Mais il faut savoir qu'une telle institution est extrêmement importante pour la paix dans la région. Elle peut à la fois développer les investissements privés et les grandes infrastructures qui relieront ces pays.

    - Quelle sera l'importance de l'Euro pour la zone méditer-ranéenne en général, le Maghreb en particulier?
    - La zone méditerranéenne a besoin d'une Europe en pleine croissance, d'une Europe forte. L'accord d'association entre le Maghreb et l'Union Européenne constitue l'une des conditions de la croissance soutenue de l'économie de la sous-région.
    L'Euro sera une monnaie forte et permettra de développer les échanges dans la Méditerranée.

    - Cette zone est composée pour la plupart de pays dits émergents. Comment interprétez-vous ce qualificatif?
    - Pour être un pays émergent, il faut avoir une stabilité politique, des institutions économiques fortes, une vraie liberté économique et politique et un grand projet à long terme qui permet de développer des technologies de pointe.

    - Comment jugez-vous l'économie marocaine?
    - La Maroc a une économie en forte croissance qui a des problèmes de stabilisation et en particulier de diversification.

    - Quels créneaux faut-il alors développer?
    - Je pense qu'il faut essayer de mettre en valeur tout ce qui tourne autour des industries de pointe, l'informatique en particulier, sans oublier le tourisme et l'agro-industrie.

    Propos recueillis par
    A.D.N.


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