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    Courrier des Lecteurs

    Financement de la dette publique : Le Trésor opte pour les conditions de marché

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager

    Fiscalisation des Bons du Trésor, réduction des emplois obligatoires, démarrage du marché des adjudications, alignement mdes taux des Emprunts nationaux... Les conditions de financement du Trésor se modernisent.

    La gestion de la Dette Publique se modernise. Se financer aux meilleures conditions dans un cadre concurrentiel constitue désormais la priorité du Trésor. Lors de la journée nationale de la finance et de la trésorerie organisée par l'AMTE, M. Abdellatif Loudiyi, directeur du Trésor, a énoncé les différentes modalités de financement récemment adoptées.
    En premier lieu, la fiscalisation des Bons du Trésor introduite entre 93 et 94 contribue à l'harmonisation du traitement des moyens financiers. En deuxième lieu, la baisse du plancher d'effets publics de 35 à 10% vise à rendre le financement du Trésor plus concurrentiel. Ce plancher est d'ailleurs appelé à disparaître. "Cette mesure a alourdi la charge de la Dette intérieure dans le Budget mais elle va doter le système bancaire d'une flexibilité dans la détermination des taux d'intérêt débiteurs", précise M. Loudiyi. La réduction de la réserve monétaire de 10 points va également dans le sens de la détente des taux.
    En troisième lieu, le marché des adjudications connaît, selon le directeur du Trésor, des avancées importantes mais n'a pas encore trouvé son rythme de croisière. Pourtant, ce marché de la dette négociable représente à lui seul plus du tiers de la Dette intérieure. Cependant, l'efficience de ce marché suppose une plus grande liquidité des Bons du Trésor et donc un marché secondaire dynamique. "Les Intervenants en Valeurs du Trésor (IVT) désignés pour animer ce marché doivent d'abord acquérir et maîtriser ce nouveau métier". Pour accélérer le processus, il est question de désigner de nouveaux intervenants (autres banques et sociétés de bourse).
    Enfin, les taux des émissions du Trésor auprès du public ont été alignés sur ceux du marché des adjudications.
    Par ailleurs, les interventions du Trésor sur le marché financier sont destinées à limiter l'effet d'éviction et à réduire la pression sur les taux d'intérêt. "Ainsi, le déficit budgétaire est passé de 13 à 3% depuis les années 80 et l'élargissement de la collecte de l'épargne via les OPCVM contribuera de façon notable à la réduction de l'effet d'éviction".

    Première émission de TCN

    En outre, le Trésor contribue à la dynamisation du marché des capitaux en demeurant le principal acteur des marché monétaire et obligataire. "A travers ses interventions, le Trésor envoie des signaux aux opérateurs, toujours en vue d'une détente sur les taux d'intérêt". De plus, quelques sociétés de financement commencent à émettre des Titres de Créances Négociables (TCN). C'est le cas par exemple d'Interleasing, filiale de la BMCI, qui a émis le 23 octobre dernier des bons de financement au taux de 9,75% pour 3 ans.
    Les émissions obligataires portent, elles, essentiellement sur l'Emprunt national. La part détenue directement par les particuliers représente 15% du stock de la Dette Publique. En outre, le portefeuille géré par les OPCVM varie entre 500 et 600 millions de DH en valeurs du Trésor.
    Par ailleurs, la gestion active de la Dette extérieure contribue sur le moyen terme à réduire le coût financier du service de la dette. "En fait, ces techniques modernes contribuent à l'alléger en évitant un surcoût, mais les gains escomptés sont limités par le poids de la Dette", précise M. Loudiyi. Le Trésor a, dans ce sens, adopté des mesures ponctuelles qui débouchent sur la conversion de la dette extérieure, soit en flux d'exportations, soit en projets d'investissements publics ou privés, l'objectif étant de réduire les règlements en devises. Le refinancement de la Dette à des conditions plus avantageuses contribue, pour sa part, à alléger la charge des intérêts.
    Enfin, un rating est actuellement en pourparlers avec les institutions financières pour augmenter le nombre d'investisseurs sur le marché des capitaux en 1997. L'objectif est de synchroniser le retour du Maroc sur le marché des Euro-émissions et de rembourser, le cas échéant, les tranches onéreuses de la Dette extérieure.

    Mouna KABLY

    Le poids de la Dette Publique à fin 1995

    - La Dette intérieure et extérieure atteint 225 milliards de DH, soit 80% du PIB et 50% des recetttes budgétaires.
    - La Dette extérieure est de 130 milliards de DH, soit 45% du PIB.
    - La Dette intérieure est de 95 milliards de DH, soit 35% du PIB.
    Celle-ci est constituée à hauteur des 2/3 de dettes à moyen et long termes et de 1/3 de court terme.
    - Le marché de la dette intérieure négociable est de 35 milliard de DH, soit le 1/3 de la dette publique intérieure.
    Dans la Dette intérieure, 90% de l'encours est mobilisé aux conditions du marché.

    Depuis la libéralisation des taux

    La concurrence des banques se joue sur la marge

    Depuis la libéralisation des taux débiteurs en février 1996, les banques ont commencé à se référer à une grille de taux nivelés en fonction du risque. "Le taux de base bancaire (TBB) défini comme le prix accordé au meilleur risque a été déterminé à partir de critères de rentabilité et de concurrence", affirme M. Khalid Oudghiri, directeur délégué à la BMCI. La conséquence immédiate de cette libéralisation a été la dilatation de l'échelle des taux. Ainsi, les PME et les particuliers se sont vus appliquer des taux plus élevés et les grandes entreprises et les groupes des taux proches du prime rate. "Ce qui marque la fin de la subvention des mauvais risques par les bons", précise M. Oudghiri. Parallèlement, le crédit bancaire devient accessible à une frange de la population qui en était exclue. Désormais, les banques acceptent de financer des projets plus risqués moyennant un taux de rémunération plus élevé. Concrètement, les banques déterminent le taux à appliquer à la clientèle en fonction de leur appréciation propre du risque.
    A titre d'exemple, la BMCI a mis sur pied un rating du risque en tenant compte de plusieurs facteurs. Entrent en ligne de compte notamment la structure financière et la rentabilité de l'entreprise, sa stratégie marché/ produit, la qualité de son management, ses perspectives d'évolution à moyen terme... Le niveau de la marge qui vient s'ajouter au TBB est alors fonction de la qualité du risque.
    "La concurrence est bel et bien là mais elle ne porte que sur la marge", affirme M. mOudghiri. De ce fait, le consensus apparent de la profession sur le niveau du TBB est perçu par la clientèle comme une entente, est- il précisé. Le directeur délégué de la BMCI avance plusieurs freins à la baisse de ce taux de base. Concurrence des taux appliqués par le Trésor qui détournent les dépôts et renchérit le coût des ressources, poids des règles prudentielles et de l'IS...
    "De plus, tant que les mécanismes de financement direct sont inopérants, la pression de la demande de crédit qui pèse sur les banques restera forte".
    En revanche, si la part de l'intermédiation dans le financement de l'économie recule, les banques seront contraintes de recourir à la facturation des services, pour pouvoir rémunérer leurs fonds propres et maintenir leur rentabilité. Autre contrainte: ce sont les grandes entreprises qui vont, à moyen terme, se tourner vers le marché financier. Or, elles représentent à elles seules près de 60% de l'encours des banques.

    M. K.

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