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    Entreprises

    Jeunes promoteurs : Trois casse-tête: local, crédit, comptabilité

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    l'Association Ribat Al Fath et le Club des Jeunes Promoteurs viennent d'organiser la Journée du Jeune Promoteur. Les débats ont été centrés sur les nouveaux mécanismes de financement et de soutien introduits par le Fonds d'Aide aux Jeunes Promoteurs et les obligations comptables et fiscales.

    Le but de la tenue de la Journée du Jeune Promoteur est de "favoriser l'émergence d'un espace de dialogue et de concertation et de transformer cette manifestation en un rituel annuel des recontres des jeunes promoteurs avec les promoteurs avec les acteurs de leur environnement (administrations, banques, et autres etc.)", selon les organisateurs.

    Les débats sur le Fonds pour la promotion de l'emploi ont été incontestablement les plus animés. Il ressort des interventions des participants, en particulier les jeunes promoteurs, que leurs préoccupations majeures résident dans l'effectivité des mesures d'accompagnement prévus par les texte en vue d'assurer plus de chances de succès à leurs projets. La mortalité des entreprises créées par les jeunes promoteurs restent encore très élevées.

    Le taux de défaillances est compris entre 50 et 60% des projets. Tout en reconnaissant que l'effort accompli de la part des pouvoirs publics est appréciable, les jeunes promoteurs reprochent au système actuel (Crédit Jeune Promoteur) de trop insister sur la problématique du financement du projet. Ils souhaiteraient que des mécanismes d'encadrement et d'assistance aux jeunes prévus par les textes du Fonds pour l'emploi soient réellement opérationnels. Le CNJA propose en effet la création d'une agence pour l'aide à la création d'entreprises, car tout le monde reconnaît que l'échec de plusieurs projets est imputable à une mauvaise approche dans la phase de conception. Pour assurer le maximum de chances de réussite aux projets initiés par les jeunes promoteurs, le Fonds prévoit d'accorder des subventions à certains établissements ou organismes de formation susceptibles de leur assurer des actions d'information, de formation et d'assistance.

    Les banques sur la sellette

    Les jeunes promoteurs ont par ailleurs reproché aux banques de se montrer trop timorées dans l'opération d'insertion des jeunes à l'exception toutefois de la Banque Populaire.

    En outre, les banques sont "droite" de privilégier outrageusement le montage financier du projet et de n'apprécier que très accessoirement les aspects techniques (ceci a été soulevé pour des domaines tels que la chimie et l'électronique).

    En réponse, M. Laraki, a dit en substance que les banques s'entourent de compétences - pluridisciplinaires pour analyser la fiabilité d'un projet.

    L'assistance ne semblait pas trop, convaincue du reste; et M. Abdellatif Laraki de poursuivre que les banques effectuent des comparaisons sectorielles ou interentreprises, le cas échéant, pour s'entourer du maximum de paramètres de décision. En conséquence, il serait donc faux, indique-til, d'affirmer que les banques ne prêtent qu'aux riches. "Les banques prêtent aux personnes qu'elles estiment être en mesure de rembourser et dont les projets sont jugés fiables. Un bon projet trouvera toujours un financement" conclut-il.

    Pour sa part, M. A. Belmansour, directeur du Trésor au Ministère des Finances, a observé qu'il n'a jamais été question d'obliger les banques à accorder des crédits aux jeunes promoteurs, mais plutôt de mettre en place des mesures incitatives pour les amener à s'impliquer (risquer) davantage auprès des jeunes promoteurs.

    L'équation du terrain...

    Pour bien de jeunes promoteurs trouver un terrain industriel ou, mieux un local, relève d'un "casse-tête chinois" pour reprendre l'expression d'un des participants.

    Les pouvoirs publics prévoient de signer des conventions avec les collectivités locales qui seraient appelées à procéder à l'aménagement de terrains industriels qui seront vendus à des pris abordables.

    A l'heure actuelle, les contraintes budgétaires ne permettraient pas à l'Etat d'envisager des programmes d'envergure en vue de mettre à la disposition des jeunes promoteurs des terrains industriels à des conditions préférentielles, reconnaît M. A. Belmansour.

    Que faire en cas d'insolvabilité

    L'insolvabilité des jeunes promoteurs, dont les projets ont échoué, pose également problème: il existe plusieurs jeunes promoteurs en situation de cessation de paiement. Pour ces jeunes, le dépôt du bilan est vécu comme un échec personnel avant d'être celui de l'entreprise, souligne un participant au débat. Psychologiquement, la défaillance d'une affaire est assimilée à une forme d'incapacité vis-à-vis de la société, renchérit-il.

    Le Fonds pour l'emploi des jeunes envisage, entre autres mesures, le report d'échéances. Les poursuites en recouvrement des créances peuvent aller du simple rééchelonnement à la contrainte par corps. A ce jour, aucune procédure de contrainte par corps n'a été relevée. La possibilité d'abandon de créances était également envisagée dans le projet initial du Fonds, mais elle a finalement été retirée. Dans le traitement des contentieux, l'examen se fait au cas par cas par le Ministère des Finances.

    Les débats ont également insisté sur le fait que le Fonds pour l'emploi, tout comme le Crédit Jeune Promoteur, concernait uniquement la première insertion dans la vie active. Il est donc exclu que les jeunes exploitant déjà une affaire puissent bénéficier de mesures prévues par le Fonds. Toutefois, indique M. Laraki, à l'avenir les pouvoirs publics devraient réfléchir sur ce cas afin d'accorder le bénéfice des mesures du Fonds à cette catégorie de jeunes promoteurs, ne serait-ce que pour les encourager.

    SMIG comptable

    Pour le reste, et à la suite des débats soulevés par les obligation. liées à la mise en place du nouveau plan comptable, la problématique de la transparence de 1'information dans l'entreprise est revenue comme un leitmotiv. Est-ce que l'entreprise marocaine est-elle culturellement prête à relever le défi?

    Pour M. Al Mechatt, président de l'Association Marocaine des Experts Comptables, "la comptabilité générale doit être considérée comme un système minimum d'information garanti dans l'entreprise".

    Pour sa part, M. Fawzi Britel, expert-comptable et membre du Conseil National de la Comptabilité, a indiqué que "si la comptabilité générale a longtemps été considérée comme un outil de mentir avec précision aujourd'hui elle doit être appréhendée comme un instrument de gestion ". Il a tenu à souligner que la loi n'imposait pas le recours à l'expert comptable pour l'établissement des états de synthèse. Et dans tous les cas, l'entreprise marocaine n'est pas encore imprégnée par le recours au consulting.

    Compte tenu des problèmes d'adaptation que pose le passage au nouveau plan comptable, il a été suggéré aux jeunes promoteurs de s'attacher, du moins au début, des services d'experts-comptables pour l'établissement des états comptables. Il y a également nécessité d'informatiser les procédures comptables dans l'entreprise; dans le cas des jeunes promoteurs, le modèle simplifié (Bilan et Compte des Charges et Produits) est celui qui est applicable (le modèle simplifié est réservé aux entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes est inférieure à 7,5 millions de DH et le modèle normal à celles dont le chiffre d'affaires reste supérieur à 7,5 millions de DH).

    M. Abdellatif Laraki, en faisant un bilan partiel du Crédit Jeunes Promoteurs", a mentionné qu'à fin 1993 5.000 entreprises ont été créées, avec 2,4 milliards de DH d'investissement pour un total de 20.000 emplois crées.

    Abashi SHAMAMBA

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