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    Ingénierie : CID, un des bureaux leaders arrête une stratégie pour la prochaine décennie

    Par L'Economiste | Edition N°:54 Le 19/11/1992 | Partager

    CID Conseil, Ingénierie et Développement fête son dixième anniversaire. Pour la décennie à venir, le bureau d'études se donne des objectifs précis en terme de rentabilité et de développement de ses activités à l'export.

    A la veille de ses dix ans, CID (Conseil, Ingénierie et Développement), bureau d'étude à capitaux publics, se fixe les objectifs à atteindre pour la prochaine décennie.

    Le premier objectif est d'améliorer à terme la rentabilité. Jusqu'à présent le compte d'exploitation de CID a été soit équilibré, soit légèrement bénéficiaire. Les bénéfices sont de l'ordre de 2% du chiffre d'affaires. Ce chiffre d'affaires est passé de 1,5 million de Dirhams en 1983 à 35 millions de Dirhams en 1992, soit un taux de croissance de 35% par an.

    M. Abdeslam Aboudrar, Directeur Général, estime trois éléments nécessaires à la réalisation de ce premier objectif. "En premier lieu, il faut miser sur la qualité, parce qu'elle seule peut justifier des prix élevés." Le second élément consiste à obtenir une croissance annuelle de la productivité de 7 à 10%. Pour cela, la croissance des effectifs sera moindre et l'utilisation des méthodes techniques et outils les plus modernes sera systématique.
    A cet effet, un partenariat de CID et CRTS (Centre Royal de Télédétection Spatiale) sera conclu. Cette collaboration est en phase de démarrage cette semaine. L'utilisation des photos satellites et des systèmes d'informations géographiques aidera, notamment, pour les études d'aménagement urbain, les études d'impact sur l'environnement, d'aménagement côtiers ou maritimes...

    L'expertise internationale

    Le troisième élément qui pourra contribuer à améliorer la rentabilité de CID est le développement du volet expertise internationale. L'exportation, au stade du démarrage, devra atteindre 20 à 30% du chiffre d'affaires de CID. Les marchés sur lesquels le bureau d'études compte développer l'expertise internationale sont les pays d'Afrique francophone et le Moyen-Orient. Le CID est d'ores et déjà agréé auprès des principaux bailleurs de fonds internationaux spécialisés dans le financement des projets de développement (Banque Mondiale, BAD, BID, BADEA, FADES...). Le bureau d'études a commencé sur ce terrain en partenariat avec des bureaux internationaux. Ainsi, en 1990, CID et Sogréa (bureau d'études français) ont effectué une mission d'expertise en Arabie Saoudite portant sur les systèmes de gestion de l'eau de 8 grandes villes. M. Aboudrar indique: "certains ingénieurs conseils internationaux font appel à nous systématiquement". Il ajoute que "de plus en plus, CID est appelé seul par les bailleurs de fonds". Il en est ainsi pour le Sénégal où CID s'est vu confier la post-évaluation du schéma directeur d'assainissement de Dakar. La réalisation du schéma directeur avait été effectuée par un cabinet suisse. La post-évaluation du projet consiste à apporter une analyse critique aussi bien au niveau de la conception du projet que de sa mise en couvre. Pour le moment, l'expertise internationale n'est pas importante sur le plan du chiffre d'affaires, mais c'est une référence.

    Missions plus larges

    L'exportation va améliorer la rentabilité pour deux raisons, selon la Direction Générale. D'une part, les missions confiées, dans le cadre d'une expertise internationale, sont beaucoup plus larges. Elles vont généralement de la conception à l'assistance, à la mise en couvreet au suivi. "Ce qui se fait rarement au Maroc parce que nous avons une Administration forte, à commencer par l'Administration de l'Equipement et des Travaux Publics qui effectue certaines missions elle-même", précise M. Aboudrar.

    D'autre part, les expertises internationales sont mieux rémunérées. Les systèmes de jugement des offres donnent davantage de poids à la qualité plutôt qu'au prix. "La note technique étant plus importante que la note financière, on finit par obtenir des taux d'honoraires relativement intéressants", continue M. Aboudrar. Il faut souligner que le taux de change du Dirham rend l'ingénierie nationale très compétitive, alors que l'ingénierie internationale demeure hors de prix.
    Le second objectif que se fixe, le bureau d'études est la diversification de ses domaines de compétence. Sont visées l'ingénierie industrielle et l'énergie.

    Productivité par agent

    Depuis sa création fin 1982, CID est géré comme une entreprise privée, alors que son capital social est détenu en grande majorité par des actionnaires publics (BMCE, SNED, ODEP, LPEE). Une société d'ingénierie privée (IMEG: Informatique et Méthodes de Gestion) participe aussi au capital. Enfin, une petite part est détenue par les ingénieurs de CID.
    Le chiffre d'affaires a enregistré une augmentation d'à peu près 35% par an. L'effectif est passé de 20 personnes en 1983 à 120 en 1992. La productivité est passée d'environ 75.000 Dirhams à 300.000 Dirhams par agent entre 1983 et 1992.
    A sa création, CID s'intéressait à 2 domaines d'activités en ingénierie classique. Il s'agissait essentiellement des routes, et un peu, des ports. En 1992, le bureau d'études couvre quelque 6 domaines d'activités, allant des études de transport aux études de l'eau et de l'environnement, en passant par les études d'aménagements hydrauliques, portuaires et de structures.

    Le pain quotidien de l'ingénierie

    M. Aboudrar insiste: "dès le départ, CID s'est délibérément abstenu d'intervenir dans le bâtiment, le petit assainissement ou encore les petites études routières.". Ces domaines constituent le "pain quotidien" de l'ingénierie nationale.

    S'agissant de l'ingénierie de haut niveau, le partenariat constitue un passage obligé. Cependant, dans le cadre de ce partenariat, si les moyens sont suffisants, le bureau d'études marocain est à même d'effectuer une part importante du travail. Nombre de bureaux marocains travaillent en partenariat, mais leur part est souvent de l'ordre de 10%, voire moins. Ainsi un bureau d'études qui ne dispose que de deux ou trois ingénieurs ne pourra pas effectuer une part importante du travail sur un projet. L'affranchissement de CID a été plus rapide. Si, dans ses débuts, l'entreprise réalisait entre 30 et 40% des travaux dans le cadre du partenariat, elle est vite passée à des proportions de 60, 70% et plus.
    Enfin un autre élément mérite d'être rapporté dans cet ordre d'idées. Il concerne non seulement CID mais les autres bureaux marocains. Certains clients ont pesé de tout leur poids pour imposer une part marocaine de plus en plus importante dans les projets confiés à des bureaux internationaux. C'est le cas notamment de l'Administration de l'Hydraulique qui a commencé par imposer 60% de participation marocaine pour les études de grands barrages. Cette part a été portée à 70, voire 80%. Les bureaux internationaux sont obligés de s'y plier.

    Naïma HADER

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