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    Economie

    Handicap mental: La prévention devient une priorité

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Les causes du handicap mental sont multiple. La prévention doit être organisée. Tel a été l'un des points forts du séminaire international sur le handicap mental organisé par l'AP.A.E.I.

    Organisé les 3 et 4 Décembre 1992 par l'Association des Parents et Amis d'Enfants Inadaptés (APAEI), le premier séminaire international sur "le handicap mental: un défi global; ensemble nous le relèverons" avait pour principaux objectifs de sensibiliser l'opinion publique aux souffrances de l'enfant mentalement handicapé, au sein de sa société et souvent au sein même de sa famille. Plusieurs experts marocains et étrangers (France, Algérie, Mali, Canada) spécialisés dans le handicap mental ont participé à ce séminaire.

    Une société de cousins

    D'après un sondage réalisé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 10% de la population présente un handicap quelconque, soit à peu près 3 millions de Marocains. Prés d'un demi-milliard d'enfants dans le monde souffrent d'un handicap mental, dont 80% dans les pays sous-développés. Au Maroc, près de 30% de personnes handicapées vivent en ville et 70% dans les campagnes, dont 60% d'hommes et 40% de femmes. Les handicapés moteurs sont actuellement estimés à 705.000, au même nombre que les retardés mentaux. Les sensoriels sont 470.000, les neuro au nombre de musculaires 235.000, les mentaux profonds 200.000 et les divers 140.000. Les causes du handicap mental sont dues à 80% aux maladies tardivement soignées, aux accouchements prénataux, ainsi que les accouchements hors milieu hospitalier... La principale cause mise en avant est la consanguinité qui reste au Maroc prédominante. " La société maghrébine est une société de cousins " rappelle un intervenant. De plus, poursuit-il, certaines habitudes sociales sont à incriminer telles que le sevrage de l'enfant réalisé tardivement et de manière brutale. " Nous nous trouvons ainsi devant un enfant mal nourri pendant plusieurs semaines, fragile et par conséquent exposé à des risques de troubles mentaux ".

    Une société civile, ajoute-t-il, ne peut être en bonne " santé mentale " que lorsqu'elle englobe deux concepts principaux, à savoir, une attitude d'aide et un comportement préventif, Tel est le constat auquel ont abouti la majorité des intervenants,

    Matraquage et lavage de cerveau

    Parmi les différentes solutions proposées figurent en premier lieu l'éducation et l'information de la mère face à certaines maladies. Viennent ensuite la planification familiale, l'éducation sanitaire ( eau potable, vaccination... ) à travers les différents médias. " Matraquons et lavons le cerveau des citoyens s'il le faut ", s'exclame un intervenant. Il faut également généraliser la sécurité sociale et prendre en charge non seulement les handicapés, mais aussi leurs familles.

    " Le handicap de manière générale ne choisit pas uniquement les grandes capitales, En effet, la prévention ainsi que l'information ne doivent pas s'arrêter seulement à Casablanca et à Rabat, mais englober les autres régions, surtout les plus reculées ".

    Par ailleurs, concernant l'enseignement, deux théories s'opposent.

    Les uns prônent la création de classes spécialisées pour les enfants handicapés mentalement, les autres les accusant de vouloir " les enfermer dans des guettos " , bataillent pour la cohabitation. " Le rapprochement de l'enfant inadapté du milieu d'existence et culturel des autres enfants est la meilleure insertion ", explique un intervenant. Toutefois, dans les écoles normales marocaines, aucune disposition d'appui ( classes spéciales, enseignants conseillers ou matériel didactique...) n'est prévue. Au Maroc, prés d'un millier d'organismes de prévention bénévole et de différentes orientations sont actifs dans le domaine social. Leurs ressources proviennent de dons, d'activités ( galas, ventes aux enchères..) et de contributions privées. Parallèlement au séminaire, a été inauguré le nouveau centre Médico Educatif pour enfants inadaptés ( de 4 à 10 ans) de Hay Inara à Aïn Chock. Près de 2 millions de DH ont été nécessaires à la construction de ce centre, auquel ont participé la Fondation Suisse Michelham ( avec 100.000 Francs suisses) et le Lion's Club Atlantique. Il s'agit du sixième centre à Hay Inara de Aïn Chock. S'étendant sur une superficie de 845m2 couverts, le nouveau centre se compose de huit lieux de vie, d'un réfectoire, d'une salle polyvalente, de deux bureaux et d'une salle d'eau. Sa capacité d'accueil est de 120 enfants. Il comprend également un centre commercial, situé au rez-de-chaussée, avec 37 boutiques qui seront louées à des particuliers et dont les revenus serviront de support au budget de fonctionnement du centre.

    L'Association des Parents et Amis d'Enfants inadaptés

    Créée en 1972, l'Association des Parents et Amis d'Enfants Inadaptés (APAEI), association à but non lucratif, compte actuellement plus de 220 enfants et adolescents handicapés mentaux de 4 à 30 ans. L'encadrement est assuré par 100 personnes dont 70 qualifiées et 30 stagiaires et bénévoles.

    Rééduquer les enfants inadaptés, contribuer à la défense des intérêts des familles des enfants et entretenir entre les familles un esprit d'entraide et de solidarité, tels sont les buts poursuivis par l'association.

    Les handicaps pris en charge sont la trisomie 21, le retard global du développement, le retard intellectuel et psychomoteur, les troubles de comportement et les troubles psychotiques (autisme). Le siège social de l'association gère les différences activités administratives, telles que le personnel, la comptabilité, l'organisation des manifestations de charité, la coordination et la supervision des relations entre les cinq établissements, le centre de formation en cours d'emploi qui forme et recycle le personnel éducatif...

    Les établissements gérés par l'APAEl sont, tout d'abord, l'Institut Médico Educatif (IME) du Mâarif avec une capacité d'accueil de 60 enfants de 4 à 10 ans. Ses activités dominantes sont l'apprentissage de l'autonomie (vestimentaire, propreté, alimentaire...), la psychomotricité, c'est-à-dire l'acquisition du schéma corporel, équilibre... Le second centre, l'IMP (Institut Médico Pédagogique) de Dar Bouazza accueille les enfants déficients intellectuels de 10 à 14 ans. Ses activités englobent l'apprentissage scolaire (pré-calcul, pré-écriture, forme, couleur, graphisme...), les travaux manuels (afin de développer l'esprit créatif et le sens de l'esthétique), la psychomotricité, l'expression (peinture, théâtre, marionnettes) comme moyen de communication.

    Vient ensuite l'Institut Médico Thérapeutique de Dar Bouazza (enfants de 6 à 19 ans) qui se charge des enfants présentant des troubles psychotiques (autisme) et dont l'activité n'est qu'un moyen de médiatisation pour entrer en relation avec l'enfant. Le quatrième centre, situé à Dar Bouazza accueille des adolescents et des jeunes adultes déficients intellectuels avec des troubles associés de 14 à 30 ans. L'activité principale est axée sur l'apprentissage professionnel (agriculture, cuir, menuiserie, vannerie).

    L'institut Médico Professionnel de Casablanca prend en charge des adolescentes de 14 à 25 ans et englobe les activités de broderie, de couture et d'art ménager. Le dernier centre géré par l'APAEl a été inauguré le 4 Décembre dernier.

    Meriem OUDGHIRI

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