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Gestion du risque financier
Les assureurs se tournent vers l’ALM

Par L'Economiste | Edition N°:2252 Le 10/04/2006 | Partager

. L’adéquation actif/passif pérennise l’activité. Le code des assurances n’impose pas cette technique. Pas d’ALM sans culture de gestion des risquesLA gestion actif/passif a apparemment de beaux jours devant elle. Du moins dans le secteur des assurances, si l’on en juge par le nombre de participants (plus d’une centaine) à un séminaire de la Société Centrale de Réassurance (SCR)(1). Le sentiment qui a prévalu au terme de cette rencontre de deux jours, c’est que l’ALM (Asset/Liability Management) permettrait aux sociétés d’assurances de mieux cerner leurs risques financiers. Car la technique, inspirée du secteur bancaire qui l’a adoptée en premier dans les années 80 aux Etats-Unis, comporte des avantages avérés. Selon Hervé Douard, président de la société d’assurance française Altia, «l’ALM permet de piloter la solvabilité prospective et les fonds propres par l’utilisation des leviers d’actif et de passif». Elle permet surtout, à travers la technique de l’adossement, de rapprocher la duration des deux postes bilantiels et, par là même, immuniser le bilan contre le risque de taux. Car le risque de fluctuation des taux d’intérêt est l’une des principales préoccupations des assureurs, d’autant plus que la structure des actifs financiers des compagnies marocaines est dominée par la poche obligataire. Les rendements évoluant en sens inverse des taux d’intérêt.«Des assureurs vont jusqu’à investir la totalité de leurs actifs en produits de taux même si la nouvelle réglementation encourage plus les placements en actions», regrette Saïd Ahmidouch, directeur général de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS). «Même si le code des assurances ne force pas les compagnies à appliquer l’ALM, il le suggère fortement», indique, pour sa part, Mustapha Ababri, chef de la division de l’Organisation du marché et des Opérations financières au ministère des Finances et de la Privatisation. Car en plus des provisions techniques suffisantes et d’actifs de bonne qualité, le troisième pilier du code n’est autre qu’une bonne marge de solvabilité.L’adoption de la technique suppose des prérequis dont une évaluation préalable de la cartographie des risques de l’assureur, et qui diffère entre actifs et passifs. Il faut aussi procéder à l’identification d’une structure cible d’actifs optimale en fonction des contraintes issues de la gestion actif/passif.«La technique implique un suivi de l’évolution des placements et des engagements pour maîtriser les risques liés à l’actif et au passif», explique Zouhaïr El Alaoui, président d’Actuaris Consulting. Mais attention! Il existe une nuance dans son application entre l’assurance vie et non-vie. Selon Abdelhakim Majdoubi, directeur financier de la SCR, «les approches ALM traditionnelles en assurance vie considèrent les dettes comme plus ou moins déterministes en considération de leur faible variabilité, alors qu’une hypothèse de ce type pourrait s’avérer dangereuse en assurance dommage, dans la mesure où les cash-flows du passif ont une nature plus volatile».Concrètement, et après avoir établi des hypothèses actuarielles et financières, l’ALM suppose une modélisation de l’actif et du passif. Si celle de l’actif est relativement aisée et peut se faire sur la base de modèles déterministes, celle du passif est par nature délicate du fait de son imprévisibilité. «Les options cachées, qui impliquent que les obligations peuvent être rachetées, font que l’adoption de modèles probabilistiques évolués, comme la simulation Monte-Carlo, est plus adaptée», estime Ali Alami Idrissi, directeur général d’Optima Finance Consulting. Les options cachées regroupant les clauses de transfert, de rachat et des garanties données notamment.Après l’évaluation des interactions entre actifs et passifs, évaluation qui peut englober des analyses de scénarios et des analyses de cas extrêmes (stress-testing), il faut projeter les flux d’actifs et de passifs. Ainsi, et pour une compagnie dont les engagements sont essentiellement longs, des actifs d’une duration similaire devraient naturellement constituer la majeure partie de ses placements. Ceci permet une immunisation du bilan contre les fluctuations des taux d’intérêt. A ce niveau, et si du point de vue comptable, l’actif est toujours égal au passif, l’adossement prend comme base la valeur de marché, ce qui fait que des situations d’inégalité surviennent généralement.Pour Yann Le Pallec, directeur général du pôle Notation des assureurs à l’Agence Standard & Poor’s, le processus ALM est par définition itératif et doit s’étaler dans le temps. En plus d’un suivi de la concordance des investissements avec le cadre institué initialement, le management doit toujours disposer d’un plan d’actions correctives au cas où des déviations surviendraient. L’évaluation régulière de l’avancement de l’implémentation ainsi que son adaptation sont rendues nécessaires au fur et à mesure que les flux financiers sont comptabilisés. «L’ALM appliquée aux sociétés d’assurances n’est finalement pas pertinente, conclut Le Pallec, si elle n’est pas accompagnée par une culture de gestion de risques enracinée dans l’organisation».


Trois étapes pour l’allocation d’actifs

L’allocation d’actifs englobe trois étapes: l’allocation stratégique, l’allocation tactique et la sélection des valeurs mobilières. L’allocation stratégique, qui échoit au conseil d’administration, doit déterminer le pourcentage qui sera investi dans différentes classes d’actifs (actions, obligations, monétaire et immobilier). En plus de respecter le principe sacro-saint de diversification des actifs, elle se base principalement sur l’alignement de l’exigibilité des passifs sur celle des actifs. L’allocation tactique, pour sa part, est décidée dans le cadre de comités d’investissements, et prend en compte les données quantitatives historiques du marché. Selon Karim Fath, directeur général de Wafa Gestion, des études d’analyse de performance des portefeuilles montrent que l’allocation stratégique compte pour 70% dans la performance globale. L’allocation tactique, elle, en représente 20% et la fonction support 10%. Tarek HALIM--------------------------------------------------------------------------------------------(1) Séminaire organisé les 3 et 4 avril à Casablanca, en collaboration avec l’Organisation des assurances africaines (OAA). Il avait pour thème: «La gestion actif/passif dans les compagnies d’assurances et les caisses de retraites».

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