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    FIRECO: Une nouvelle prestation, le recouvrement des impayés

    Par L'Economiste | Edition N°:59 Le 24/12/1992 | Partager

    Les problèmes de trésorerie génèrent une recrudescence des impayés. Les sociétés dites de recouvrement sont réglementées et leur développement date de la fin du 19ème siècle, en Europe et aux USA notamment. Au Maroc, FIRECO est la première Société organisée qui fait du recouvrement à grande échelle sa spécialité.

    La Financière Internationale de Recouvrement et de Contentieux (FIRECO) s'est lancée sur le marché du recouvrement au Maroc. C'est la première société organisée qui s'attaque à ce marché. Ses dirigeants avancent qu'elle est en mesure de traiter 200 à 300 dossiers par jour, l'outil informatique aidant.

    La stratégie globale de la société englobe deux domaines d'intervention. La priorité est accordée aux créances dites "financières". Ces dernières sont celles qui ont pour origine une institution financière (secteur bancaire et financier, les sociétés de crédit à la consommation, de leasing... et les assurances). Selon les données recueillies par FIRECO concernant l'année 1991, les engagements financiers étaient de quelque 50 milliards de Dirhams. Toujours selon les estimations de l'agence de recouvrement, ces engagements génèrent, en moyenne, 5 à 10% d'impayés, soit un marché potentiel de 5 à 6 milliards.

    Le second domaine d'intervention de FIRECO est celui du recouvrement de créances commerciales. Le marché des impayés dûs aux échanges commerciaux est plus difficile à évaluer.

    "Le but est de traiter le recouvrement en tant qu'outil de gestion destiné à améliorer la gestion de la trésorerie et à prévenir le contentieux", indique, de prime abord, M. Menouni, Président Délégué de FIRECO. En fait, à côté du recouvrement amiable, notamment en matière de recouvrement, FIRECO qui est installée à Casablanca depuis Juin 1991, propose tant le renseignement financier et commercial que l'assistance et le conseil, en passant par la gestion et le suivi d'échéancier. Ainsi l'agence souhaite parallèlement à sa principale activité, développer l'assistance et le conseil en matière de créances douteuses. Ce produit s'adresse à des entités disposant déjà d'un service chargé du recouvrement ou qui envisagent d'en créer un.

    Les importantes entreprises marocaines disposent de "Départements Recouvrement" d'impayés, mais nombre d'entre elles les gèrent de façon plutôt artisanale et selon les habitudes acquises. Cette prestation consiste en l'explication et la mise en place des outils nouveaux en matière de recouvrement. Les contrats avec les principales institutions financières durent depuis un an. Le Président de l'agence explique que ce secteur, contrairement à ceux du commerce et de l'industrie met plus de temps à réagir car il n'écarte pas la possibilité de s'impliquer directement dans le recouvrement.

    Les objectifs de l'agence pour 1993 sont fixés. Il s'agit de traiter quelque 2.000 à 5.000 dossiers contenant des créances dont les montants varient entre 10 et 50.000 Dirhams en moyenne . L'objectif qualitatif est d'atteindre un taux de performance de 50 à 60%. L'agence se fixe pour objectifs de traiter en recouvrement amiable 80% des dossiers. Le reste relèverait du recouvrement judiciaire à savoir le contentieux. Les taux de performance sont de l'ordre de 50 à 70% pour les sociétés étrangères.

    Le recouvrement consiste à récupérer des montants dûs par un débiteur à un créancier. Le recouvrement est parfois confié à une société tierce: c'est une activité à part entière. Le spécialiste du recouvrement agit sur la base du mandat. L'activité est régie par des dispositions qui lui sont spécifiques en Europe et aux USA. En France, la profession fait actuellement l'objet d'une réforme exigeant notamment le respect d'un code déontologique. La presse économique préconise la disparition de nombre de petites sociétés, faute de garantie suffisante. A titre indicatif, le marché du recouvrement en France est évalué à 1,5 milliard de Francs. Seules une dizaine de sociétés dépassent les 50 millions de Francs de chiffre d'affaires. Nombreuses sont les sociétés françaises qui ont une activité complémentaire de renseignement commercial: il en est ainsi pour la CDG, la SCRL, Piguet, Pouey ou encore S & W.

    La caractéristique principale des entreprises franc, aises est de ne recourir à une société de recouvrement qu'une fois la date d'échéance du règlement de leur facture est passée.

    Ce comportement, légitime en soi, fait que les sociétés spécialisées dans le recouvrement lancent d'autres produits tendant à la prévention de l'impayé. Ce qui se concrétise par une action plus en amont sur la gestion du poste client. Ainsi, le Cabinet Gaude Conseil, à Lyon, s'est proposé de se charger de la formation et de la sensibilisation des commerciaux au risque. La CDG a depuis deux ans lancé son produit "accélération de trésorerie" . L'une des agences leaders a bâti un service de relance des clients avant l'échéance.

    Elle affirme avoir réduit de 30% les impayés à l'échéance pour les clients qui en ont bénéficié.

    Le fonctionnement du réseau international de recouvrement

    La Financière Internationale de Recouvrement et de Contentieux a une activité développée sur l'étranger. Le Président Délégué de FIRECO explique à L'Economiste l'intérêt que présente l'adhésion de la société à un réseau international couvrant quelque 200 pays.

    - L'Economiste: Pourquoi Financière Internationale? Vous exercez à l'étranger ou êtes-vous une filiale?

    - M. Menouni: La Financière Internationale de Recouvrement et de Contentieux a établie, depuis sa création la mi-1991, un réseau de correspondants à l'étranger. Ce réseau a été constitué par le biais de conventions de partenariat avec trois leaders en matière de recouvrement basés en France, en Grande-Bretagne et aux USA. Les dix premiers mois ont été entièrement consacrés à la mise en place de conventions avec les différents partenaires et correspondants internationaux. Le champ d'intervention de notre réseau couvre actuellement quelque 200 pays. Dans ce cadre international sont traités essentiellement les dossiers impayés qui nous sont confiés par des exportateurs locaux.

    - Comment cela se passe-t-il concrètement? Confiez-vous le dossier impayé à un correspondant moyennant commission? Sur le plan juridique comment s'effectue cette opération?

    - Le dossier est d'abord étudié en comité par FIRECO sur les plans tant juridique que financier. Juridiquement, nous travaillons sur la base d'un mandat avec faculté de substitution. Après acceptation du dossier, il y a transmission au correspondant spécialisé dans le pays concerné. Concrètement, cela se passe comme s'il s'agissait du simple transfert dudit dossier d'un département à un autre. Les créances sur tout débiteur marocain nous sont confiées dans le même esprit.

    - Quels sont les avantages de ce réseau de correspondants internationaux?

    - Les avantages pour notre mandant créancier me semblent évidents. Notre correspondant est physiquement sur place et peut intervenir rapidement et rencontrer le débiteur. Il maîtrise les us, coutumes et lois du pays et connaît les rouages administratifs et financiers de son environnement. Il existe, en effet, des moyens et des méthodologies d'approche spécifiques au recouvrement dans chaque pays. Un autre avantage de l'appartenance à ce réseau international est l'accès à des banques de données qui nous permettent de développer notre activité de renseignement financier et commercial. A compter de la mi-1993, nous espérons traiter les dossiers en temps réel.

    - En quoi consiste exactement le renseignement ?

    - Le renseignement financier et commercial fait partie des produits qui favorisent la prévention des impayés. Il s'agit de se renseigner sur le partenaire, qu'il soit client ou fournisseur, acquis ou potentiel. Ce produit est modulable: il va du renseignement d'ordre général (identité de l'entreprise, capital...) jusqu'à l'information sur les données financières internes, y compris le bilan, l'état de ses engagements vis-à-vis des banques des partenaires, sa cote de crédibilité... Le tout est accompagné d'une analyse financière (solvabilité, rentabilité). Cette analyse porte, en général, sur les trois derniers exercices. Les renseignements peuvent porter sur les futurs partenaires comme sur les partenaires acquis que le demandeur connaît à un moment donné. Par essence, la situation d'une entreprise est évolutive, bonne à un moment, mauvaise à un autre. Le risque encouru est donc permanent et à surveiller.

    - Mais alors, quel est l'apport du renseignement ?

    - L'apport fondamental réside dans la valeur ajoutée et l'exploitation que fait l'agence des renseignements qu'elle recueille pour obtenir ce que nous appelons la cote-expert. C'est une cote établie par un expert financier, suite aux données actualisées collectées. L'expert va pouvoir informer le demandeur du niveau d'engagement à tenir, au-delà il y a risque. Grâce à cette cote qu'obtient l'expert, il est possible de préciser à l'avance si le partenaire est bon, moyen ou mauvais payeur. Ceci en fonction de ses investissements, de ses engagements, de son historique... Là, il y a prévention des impayés.

    Naïma HADER

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