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Economie

Fès-Effondrement: Les conclusions des experts-architectes

Par L'Economiste | Edition N°:668 Le 27/12/1999 | Partager



· Déficiences matérielles et incompétence des services de contrôle de l'Etat sont à l'origine de la
catastrophe


L'effondrement de l'immeuble de Hay Hassani à Fès, mercredi 8 décembre, suscite encore de vives réactions. Hier, c'était la FNBTP qui déplorait l'absence de contrôle. Aujourd'hui, c'est le Collège National des Experts Architectes Marocains (CNEAM) qui dénonce l'implication des services de contrôle de l'Etat dans ce genre de sinistre.
Six membres du CNEAM se sont rendus sur les lieux, samedi 11 décembre, pour mener une expertise sur les causes de l'effondrement. La conjonction de plusieurs facteurs serait à l'origine de la catastrophe, selon les premières conclusions de l'expertise. Tout d'abord, la nature du site de l'immeuble, "la colline sur laquelle est implanté ce quartier est traversée par un collecteur non achevé et non branché encore au réseau urbain", explique un membre de la commission. En d'autres termes, les eaux drainées sont rejetées dans le sous-sol du site dont la nature est argileuse (marnes gonflantes). La présence de ces marnes gonflantes est aggravée par l'absence d'infrastructures de base comme la voirie et l'assainissement. L'apport de l'eau est de ce fait à l'origine d'importants mouvements du sol et de la déstabilisation des bâtiments en l'absence de fondations spécifiques, d'autant plus que la forte pente du site et la nature de son sous-sol (argileux) le rendent impropre à la construction.
Le manque de technicité, la nature des matériaux et la qualité de mise en oeuvre en général, tels qu'observés sur l'emplacement et dans le quartier sont également très médiocres: armature en fer lisse (de récupération?), béton très pauvre (facilement friable, surdosé en sable), sous-dimensionnement de certains éléments de la structure, voire absence totale par endroits (dalles posées sur des cloisons en briques rouges de 6 trous), désaxement des poteaux d'un étage à l'autre. Les agrégats entrant dans la composition du béton sont de nature hétéroclites et non calibrés, des briques d'agglomérés de béton des cloisons de très mauvaise qualité (friables)...
Les membres du CNEAM déplorent aussi le fait que les opérateurs de cette catégorie d'habitat ne font pas appel aux services de professionnels: pas d'architecte, ni ingénieur de structure, ni laboratoire d'analyse du sol, et encore moins d'entreprise qualifiée. Ils s'adressent dans la plupart des cas aux services d'un "tâcheron" agissant en dehors de tout cadre légal, sans patente ni registre de commerce et n'offrant aucune garantie de ses actes professionnels.
Le CNEAM rappelle aussi que la catastrophe du 8 décembre n'est pas un accident isolé. L'année dernière, un effondrement similaire a causé la mort de dix-sept personnes. "Périodiquement, les habitants de certains quartiers à Fès tels que Hay El Hassani, Hay Hajoui, Haft Moulay Driss et Haft Benzakour, paient leur lourd tribu en victimes, dans l'indifférence totale". "Pis, ce type de constructions continue encore à s'édifier sous nos yeux et ceux des responsables de la gestion urbaine dans bon nombre de quartiers périphériques de villes, dans l'indifférence coupable générale", s'indigne un architecte.
Conscients de leur responsabilité et conformément aux objectifs qu'ils se sont tracés, les membres du CNEAM souhaiteraient apporter leur contribution dans la prévention de pareilles catastrophes qui menacent la vie de centaines de milliers de citoyens, ils appellent à l'émergence au niveau des pouvoirs publics d'une volonté politique de mise en place des structures et des moyens nécessaires à l'éradication de pareils phénomènes.


Réseaux de connivence

Sans sous-estimer la complexité du problème, ni l'importance des moyens matériels nécessaires pour venir à bout du phénomène de l'habitat clandestin, le CNEAM n'en reste pas moins convaincu que l'habitat clandestin résulte d'abord du désordre général qui règne dans les administrations chargées de la gestion urbaine. Le développement de ce désordre est, selon eux, favorisé par les réseaux de connivence tissés entre les services de contrôle de l'Etat et les promoteurs-spéculateurs. Ces derniers exploitent cette situation au détriment de la sécurité des citoyens et de l'ordre public. Il est temps de mettre un terme à ces pratiques frauduleuses et mettre en place des mesures à même de garantir leur arrêt définitif.

Fedoua TOUNASSI

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