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Economie

Exiflor 94: Les floriculteurs harcèlent l'Europe

Par L'Economiste | Edition N°:112 Le 13/01/1994 | Partager

La tradition veut qu'on ne pollue pas les ambiances de fêtes par les mauvais souvenirs ou de mauvaises nouvelles. Pourtant, il est difficile de parler d'Exiflor sans un détour sur la situation de la floriculture. Or, celle-ci, sans être dramatique, inquiète les professionnels.

La crise persistante de l'économie mondiale a entraîné une contraction de la demande, les acheteurs finaux préférant réserver leurs dépenses à des besoins plus pressants. En face, l'offre a connu une légère croissance dans laquelle la production marocaine n'est pas en reste. Ceci a eu pour effet la baisse des prix sur les marchés mondiaux.

Bénéficiant au départ du climat favorable et de la proximité des marchés européens, la culture des fleurs au Maroc a connu un essor important au cours des dernières années. En 1981, le Maroc a exporté 86 tonnes de fleurs coupée. En 1992, ce chiffre est passé à 2.600 tonnes. La rentabilité du secteur a attiré les investisseurs, d'autant plus que le secteur agricole est défiscalisé. Selon une étude réalisée par M. Mimoun Mokhtari, professeur de floriculture à l'Institut Agronomique Hassan II, la culture de fleurs coupées recouvre 427ha actuellement; 351ha seraient sous serres plastiques. La serre permet un gain de productivité très important: le plein champ produit en moyenne 90.000 fleurs/ha, la serre 300.000/ha. Ce gain peut être amélioré, voire doublé, par l'utilisation du chauffage et de la ventilation; la moyenne avoisine alors les 500.000 fleurs/ha.

Le marché local étant exigu, l'essentiel de la production est destiné à l'exportation, et les professionnels avançaient avec confiance le chiffre de 15.000 tonnes qui seront exportées en l'an 2000.

Mais la conjoncture actuelle assombrit ce tableau et menace même le secteur dans sa survie.

Le problème des quotas européens et du droit d'entrée de 15%(1) handicapent la fleur marocaine dans la course aux marchés du vieux continent. Après une croissance sans difficulté majeure, le secteur de la floriculture se trouve face à une conjoncture de recession. Cette crise peut le consolider. Si elle met hors course certains producteurs, les autres, plus résolus ou mieux organisés, pourront la vivre. Il suffirait, selon les professionnels, que "l'Etat fasse un effort". En effet, le fret est d'un énorme poids dans le prix de revient. Il représente 70% des charges variables. "Si l'Etat consentait à étendre sa subvention à toute l'année et à toutes les destinations, il permettrait à la fleur marocaine de rester compétitive" affirment les professionnels

Non désireux de passer pour des assistés potentiels, les professionnels font remarquer que ce soutien ne serait que conjoncturel.

En effet, des négociations sont en cours avec l'Union Européenne. Elles portent sur les mesures discriminatoires qui constituent un obstacle à l'entrée des fleurs marocaines en Europe.

Le quota fixé est largement insuffisant. Le droit d'entrée de 15% est inique, puisqu'il n'est appliqué qu'à la production marocaine.

Israël, la Colombie et même le Kenya, pour des raisons différentes, bénéficient d'avantages indéniables à l'entrée de ces marchés. Les floriculteurs nationaux espèrent donc, à bon escient, que ces barrières seront inéluctablement levées. Mais ils savent que ce n'est ni une affaire de jour, ni de mois. L'Etat est donc sollicité pour "relayer" les longues négociations. En outre, la récession n'est pas éternelle et la demande devrait être relancée dans les années à venir.

Le secteur de la floriculture a diversifié sa production, amélioré les techniques utilisées et, pour une large partie des professionnels, s'est structuré. La "crise" a donc du bon, puisqu'elle a permis au secteur d'atteindre ces acquis. Les floriculteurs, malgré leurs difficultés, restent donc optimistes. Leur "fête" Exiflor 94, ils la veulent gaie. Aux débats professionnels succéderont dîner de gala et spectacle.

Gloria Gaynor animera la soirée du samedi 15 janvier 94. Ce spectacle, qui aura lieu au chapiteau du Palmeraie Golf Palace est une première au Maroc. "La reine du disco" est très éclectique; elle passe du Gospel au disco avec la même aisance qu'elle interprète le jazz.

"Exiflor 94" se veut aussi l'occasion d'incruster une culture de la fleur. Ouverte au public, l'exposition a pour principal objectif de mettre en valeur les fleurs dans leur grande variété, et de susciter des vocations.

J.B.

(1) Cf L'Economiste du 6 janvier 1994.

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