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    Courrier des Lecteurs

    Euro: Les entreprises dans l'expectative

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    En mai 1998 seront désignés les pays qui emprunteront le premier train de l'Euro. Pour l'entreprise marocaine, les sujets d'interrogations ne manquent pas. La réflexion est pourtant à ses débuts. La Société Générale tente d'animer le débat.


    L'Euro entrera réellement en jeu le 1er janvier 1999. C'est à cette date que les pays concernés basculeront dans la monnaie unique par la fixation des parités bilatérales de conversion en Euro. Les devises externes seront cotées par rapport à cette monnaie qui servira également de base aux règlements interbancaires et à l'organisation des marchés. Si le calendrier mis en place est strictement respecté, les monnaies nationales des pays éligibles cesseront d'avoir cours légal à la mi-2002.
    Bien évidement, les partenaires économiques de l'Union Européenne dont le Maroc devront commencer à raisonner en Euro dès 1999. Cependant sur la place, la réflexion sur les retombées de la monnaie unique est à ses débuts, du moins si l'on prend en considération la fréquence des réunions publiques consacrées à ce sujet. Après la séance relative à l'Euro du Forum Finance de L'Econo-miste de juin dernier, la Société Générale Marocaine de Banques a pris le relais en organisant, jeudi 27 novembre, un séminaire sur «l'Euro et votre entreprise».

    Bien sûr, MM. Abdelaziz Tazi et Abderrahim Rhiati, respectivement président directeur général et directeur de l'International et de la Trésorerie de la banque, n'ont pas oublié de donner une petite touche commerciale à leur intervention. Cependant la réunion a permis d'ouvrir un peu plus les yeux sur le futur environnement. Avec environ 60% du commerce extérieur tournée sur l'Union Européenne, il n'y a pas de doute que l'Euro aura «un impact inévitable sur l'entreprise marocaine», a souligné M. Rhiati.
    Des questions, il ne devrait donc pas en manquer. Quelques-unes ont été d'ailleurs soulevées par M. Ahmed Benkirane, premier vice-président de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc). Outre le poids du premier train sur le commerce extérieur du Maroc, ses interrogations portent sur l'impact de l'Euro sur le Dirham, les implications comptables et fiscales sur les filiales des entreprises européennes de la place et sur la dette, notamment.

    Ancrage à l'Euro


    De l'avis de M. Lucio Guerrato, chef de la Délégation de la Commission Européenne à Rabat, le Maroc aura un partenaire stable et fiable. Il estime par ailleurs qu'il faudra réfléchir à l'ancrage du Dirham sur l'Euro. Cette idée a soulevé des doutes vu les avatars des pays du Sud-Est asiatique dont les monnaies étaient scotchées au Dollar.
    De toute manière, la concrétisation de l'accord d'asso-ciation renforcera de fait l'appartenance du Maroc dans la zone Euro. En fait, le panier de devises sur lequel est assise la valeur du Dirham a déjà une bonne coloration européenne. «Tout dépendra de la politique commerciale du Maroc», a précisé M. Guerrato.
    Pour les entreprises, de nouvelles donnes doivent dès à présent être intériorisées. En 1999, une devise européenne «in» ne sera «plus qu'une expression nationale de l'Euro», explique M. François Saintigny, directeur Projet Monnaie Unique à la Société Générale Paris. «Toutes les conversions entre les monnaies seront autorisées et la continuité des contrats assurée», poursuit-il. Pour ce dernier point, il n'existe pas de législation particulière. Les contrats seront exécutés dans la monnaie prévue à moins que les parties veuillent les modifier. Compte tenu de la fixité des taux à l'intérieur de l'UME les difficultés ne pourraient résider que dans les conversions. Ce qui, apparem-ment, a déjà été réglé.

    «Cette stabilité des changes, découlant de la politique monétaire des états membres, constitue un des premiers avantages de l'Euro pour les entreprises marocaines», note M. Rhiati. Il en est de même pour les taux d'intérêt stables et bas. Autres effets bénéfiques: une meilleure gestion des flux de trésorerie, pour limiter le risque de change et une réduction du coût de la couverture de ce risque du fait du regroupement de plusieurs opérations libellées dans d'autres devises «in» en Euro.
    Côté inconvénients: la période précédant l'entrée en vigueur de l'Euro est très redoutée. D'autant que les spéculations sur les monnaies candidates pourraient pro-voquer des fluctuations erratiques avec à la clé l'augmentation des risques de changes.


    Comment préparer l'Euro


    Quelques adaptations sont nécessaires pour être en phase avec le futur environnement, indique M. Rhiati.
    · Les opérateurs marocains devront se rapprocher de leurs clients et fournisseurs de la zone euro, ou qui utilisent une monnaie «in» pour se tenir au courant de leurs préparatifs et coordonner avec eux le passage éventuel à l'Euro.
    · Il leur faudra également réexaminer les contrats commerciaux et financiers en cours et qui vont au-delà de janvier 1999, et repréciser les modalités de leur dénouement (monnaie de règlement, taux d'intérêt de référence).
    · Les exportateurs qui utilisent des catalogues auront à les aménager de manière à présenter leurs tarifs à la fois en monnaie «in» et en Euro.

    Alié Dior NDOUR

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