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    Economie

    En dépit de l'installation de nouvelles centrales : De nouveaux délestages sont à craindre

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    Mauvaise situation financière, mise en place du programme d'entretien du parc électrique, courbe de la demande toujours en pic, l'ONE n'est toujours pas sortie de l'impasse. Le risque de nouveaux délestages n'est toujours pas écarté.

    L'éventualité de nouveaux délestages n'est pas écartée. C'est ce qu'a annoncé en substance M. Driss Benhima, directeur général de l'ONE (Office National d'Electricité) devant une salle archi-comble le 27 octobre lors de la séance mensuelle de la Chambre Française du Commerce et d'Industrie du Maroc, sur le thème: l'énergie au Maroc. Gardant le pire pour la fin, le directeur de l'ONE souligne en effet que la situation électrique n'est "toujours pas brillante". Alors que les précédents délestages étaient en grande partie attribués à la sécheresse, ceux prévus cette fois-ci seraient liés à bien d'autres facteurs, à la tête desquels la mauvaise situation financière.

    D'abord, cette situation risque de compromettre les achats d'hydrocarbures. En effet, la trésorerie de l'ONE est négative et les engagements qu'il a vis-à-vis des compagnies pétrolières l'obligent à honorer ses échéanciers. A cela s'ajoutent les retards liés aux recouvrements de ses propres créances. Le problème de trésorerie est d'autant plus accru que, s'ils se poursuivaient, ces retards pourraient entraîner des difficultés dans le cadre de la production indépendante, "I 'ONE étant engagé dans un processus de paiement rapide", explique M. Benhima.

    Ensuite, le déficit énergétique des années passées a poussé l'ONE "face à l'urgence de la situation" à reporter le programme d'entretien du parc électrique. Résultat: aujourd'hui les centrales sont en mauvais état. Le programme de rénovation de 10 ans arrive en même temps et le gros entretien s'impose.

    Solution d'extrême onction

    A ces deux problèmes s'ajoute une courbe de charge jugée "problématique" Le taux de croissance constant de la demande fait que la courbe de consommation est toujours en "pic" . Il n'y a un grand intérêt à lisser cette courbe", souligne M. Benhima, "quelle que soit l'offre" Il est aussi urgent de mettre en place une nouvelle tarification.

    Pour répondre à cette demande en "pic", l'Office a dû mettre en place en 1994 des solutions d'urgence qui ressemblent davantage à des solutions d'extrême "onction". Il s'agit notamment de l'installation des turbines à gaz de Tit Mellil et Tétouan. M. Benhima affirme que ces unités ont été très coûteuses. L'installation rapide de ces turbines a entraîné une augmentation du coût de revient de 1,5 à 3 fois supérieur au prix normal. A cause de ces turbines, précise le directeur de l'Office, le prix de revient de l'électricité à l'avenir ne pourra en aucun cas baisser.

    M. Benhima explique en partie ces difficultés par deux faiblesses que connaîtrait l'Office, l'une institutionnelle et l'autre organisationnelle. Du point de vue institutionnel, l'ONE est pris en "sandwich" entre le Ministère des Finances et le Ministère de l'Incitation de l'Economie. En effet, d'un côté le Ministère des Finances impose une lourde fiscalité des hydrocarbures qui grève de prés 1e 23% le chiffre d'affaires de l'ONE, d'un autre, le prix du kw est fixé par la Direction des Prix. La marge de "manoeuvre de l 'ONE est assez étroite"

    Trois grands axes

    D'un point de vue organisationnel, la gestion de l'Office est trop lourde. A cet effet, la nouvelle direction a mis en place un système de contrôle de gestion, une comptabilité analytique et un programme de formation continue.

    Pour rassurer l'assistance, le directeur de l'Office a rappelé les investissements en vue de remédier au déficit. L'année 1994 est marquée par le démarrage de Jorf Lasfar, des 2 tranches de Matmata, des centrales de Tit Mellil et Tétouan. M. Benhima a en outre retracé les trois grands axes de la politique électrique en marche.

    Le premier concerne l'électrification rurale. L'ONE participe au programme d'intensification de l'électrification rurale. Un budget de près de 300 millions de Dirhams par an y est consacré. Cette politique permettra de lutter contre l'exode rural. Un certain nombre de mesures ont été prises pour réduire les coûts des installations électriques. Il s'agit notamment de l'augmentation du nombre des entreprises soumissionnaires aux travaux, de la baisse de la hauteur des poteaux de la possibilité d'adjoindre des transformateurs aux poteaux et du soutien de l'action du CDER (Centre des Energies Renouvelables). Le directeur de l'ONE insiste sur la nécessité d'une participation d'au moins un tiers de l'abonné à l'électrification et ce, avant le lancement du projet.

    Le second grand axe de la politique électrique de l'ONE concerne le démarrage de la production concessionnelle. "C'est une décision historique", souligne M. Benhima. Le dernier axe vise l'abaissement des coûts d'investissements. Celui-ci passe par la modernisation de l'ONE.

    F.M.

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    Voici les 10 axes de la politique énergétique décrits par M. Ahmed Bouhaouli, conseiller au Ministère de l'Energie et des Mines:

    - Assurer l'approvisionnement du pays dans les meilleures conditions de prix et de sécurité.
    - Diversifier les sources d'énergie et les marchés d'approvisionnement.
    - Réduire la dépendance énergétique du pays.
    - Encourager l'économie d'énergie et la gestion de la demande.
    -Accorder la priorité aux investissements énergétiques.
    - Encourager la libre initiative et la production indépendante.
    - Mobiliser les ressources de l'Etat dans le cadre d'actions sociales.
    - Développer le marché de l'énergie et satisfaire les investisseurs.
    - Encourager les liens avec les opérateurs énergétiques internationaux .
    - Restructurer l'Administration électrique .

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