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    Economie

    Moyen-Orient et Afrique du Nord : Des modèles triangulaires pour le partenariat d'affaires

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    En dépit des potentialités économiques de la région, les réticences ces à y investir demeurent. Un grand nombre de responsables politiques suggèrent aujourd'hui des modèles triangulaires ou tripartites pour le partenariat d'affaires.

    Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord jouent aujourd'hui un rôle relativement modeste dans l'économie mondiale. La production totale de cette région compte actuellement pour environ 2% de la production mondiale.

    Selon les estimations, effectuées sur la base d'une extrapolation du Rapport Mondial sur le Développement, concernant la croissance démographique et la croissance du Produit National Brut par habitant dans les 25 prochaines années, il est prévu que la région (avec Israël) constituera 10 % de l'économie mondiale. En termes relatifs, il s'agit par conséquent d'une multiplication par cinq du poids de la région. Cela signifie que cette région, en tant qu'entité économique, va devenir de plus en plus importante et que son rôle va croître dans l'économie mondiale. "Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord doivent être un élément central de la planification à moyen et long termes des groupes multinationaux comme des autres décideurs et gestionnaires du monde des affaires", estime M . Shimon Shetreet, ministre israélien de l'Economie et de la Planification.

    Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord représentent un peu plus de 250 millions de personnes et un PIB supérieur à 600 milliards de Dollars. "C'est plus que l'Espagne, le Canada. C'est égal aux 2/3 du PIB de la Grande Bretagne", souligne M. Stanley Fischer, premier directeur général adjoint du FMI. Le revenu des populations de ces régions est équivalent à 5% de celui des Occidentaux. Le commerce extérieur de la région totalise environ 145 milliards de Dollars, dont 5% uniquement pour le commerce régional. Le tourisme représente 11% de l'économie globale. Toutefois, le manque de confiance au niveau de la viabilité économique de la région a provoqué la fuite des capitaux. Plus de 600 milliards de Dollars ont été investis, les dix dernières années, dans l'immobilier à l'étranger. "La Méditerranée ne peut s'attendre à atteindre la prospérité en se cachant derrière des frontières nationales. La technologie ne tolère aucune frontière, la science refuse les douanes, l'information n'a pas besoin de visa", déclare le Ministre des Affaires Etrangères d'Israël, M. Shimon Perès, lors de l'inauguration du Sommet Economique . Aussi, ajoute-il, "à Casablanca, nous sommes investis de la transformation du Moyen-Orient d'un terrain de chasse en un champ créatif". Le potentiel économique entre les différents pays du Moyen-Orient et ceux de l'Afrique du Nord est donc immense, mais il n'est pas encore exactement évalué. Les études dans ce domaine sont encore à leur début.

    Les partenariats d'affaires, selon un modèle triangulaire ou tripartite de coopération économique, peuvent aider à diminuer les contraintes psychologiques de la coopération bilatérale entre Israël et la Palestine, suggère M. Shetreet.

    Cette solution pourrait apporter les avantages de la participation européenne, américaine, japonaise ou australienne, en termes d'investissements ou d'ouverture de marchés extérieurs au Moyen-Orient. "Le partenaire israélien apporterait son assistance et le pays arabe sa connaissance des conditions locales", avance M. Shetreet. Des projets de coopération formés sur ce modèle ont déjà démarré. Il s'agit notamment du projet Salam 2000, avec la participation de Palestiniens, d'lsraéliens, d'Espagnols et de Marocains.

    Dans ce contexte, la création d'une banque de développement pour le Proche-Orient s'impose et est jugée nécessaire. Mais qui fournira les capitaux ? Les Européens restent les plus grands donateurs de la zone, les Japonais demeurent réticents. Quant aux pays du Golfe, leurs revenus ont très largement diminué avec la chute du prix du baril de pétrole. De là, les Américains. très optimistes au départ, font aujourd'hui preuve de prudence. Ils suggèrent la création d'un "comité d'experts" dont le but serait de mettre au point cette banque et de faire des propositions concrètes d'ici six mois, tout en espérant que "cela mettra moins de temps que pour la BERD". Celle-ci a été créée il y a quatre ans au profit des pays de l'Est.

    Pour beaucoup, cette banque "ne résoudra pas tout et ne pourra se substituer à l'investissement privé". De nombreuses questions restent en suspens, notamment quant à la nature des investissements à financer. De plus, un grand nombre d'entrepreneurs hésitent encore à investir dans des endroits à risque. "La région déborde de potentialités d'investissement, mais il ne faut pas faire miroiter des espoirs s 'ils ne seront pas respectés", estime l'un des dirigeants de la Qatar General Insurance & Reinsurance Company (SAQ) présent à la Conférence.

    M.O

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