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    L’interview du lundi: «Les grandes écoles ne sont pas des ghettos de fils à papa»
    Entretien avec Bernard Ramanantsoa, directeur général du groupe HEC

    Par L'Economiste | Edition N°:2879 Le 13/10/2008 | Partager

    . Surtout ne rien lâcher sur la qualité du corps professoral. «Nos diplômés doivent avoir l’ambition de contribuer à dessiner le futur paysage économique». Le business de l’éducation est un marché mondial Les états-majors de grands groupes français sont trustés de ses anciens élèves. Pour la troisième année consécutive, HEC est numéro un du très redouté classement des business schools établi par le Financial Times. La prestigieuse école de Jouy-en-Josas maintient plus que jamais à distance ses rivales parisiennes, l’Essec et l’ESCP-EAP, mais aussi européennes. Elle veut dorénavant se hisser au niveau des meilleures enseignes anglo-saxonnes dont Harvard et Standford sont les références. Directeur général du groupe HEC, le Pr Bernard Ramanantsoa explique les ingrédients de cette réussite exceptionnelle.- L’Economiste: Quelle doit être la formation d’un manager dans le contexte de la globalisation? Et comment HEC répond-elle à ses exigences? - Bernard Ramanantsoa: Dans le contexte de la globalisation, une formation doit donner au manager ou à l’étudiant confronté aux enjeux de la mondialisation, d’une part, la capacité d’appréhender le multiculturalisme et, d’autre part, la capacité de questionner les règles établies pour pouvoir les faire évoluer dans une recherche de performance certes, mais responsable. Personne ne peut prévoir avec précision à quoi ressemblera le paysage économique mondial ne serait-ce que dans 5 ans. C’est pourquoi nos diplômés doivent avoir l’ambition de contribuer à le dessiner, et pas seulement celle de s’inscrire avantageusement dans le tableau. - Pensez-vous que le modèle anglo-saxon s’est imposé comme le standard des business schools?- Avec la mondialisation, les pressions se font toujours plus fortes pour se conformer aux standards internationaux: il est vrai que les professeurs et les institutions sont jugés à l’aune de leurs publications dans les revues américaines, des MBA sont mis en place dans le monde entier et l’on se mesure dans les rankings. Les règles du jeu se sont, elles aussi, mondialisées et les grandes écoles françaises n'ont pas d'autre choix que d'accepter, avec optimisme, cette compétition internationale. Mais c'est en se confrontant aux meilleures universités américaines que les Européens garderont leur identité et seront les vecteurs d’un modèle de management alternatif.- Quelle signification accordez-vous au classement du Financial Times qui vous place encore premier cette année?- La progression générale des programmes européens, notamment dans le classement du FT, démontre que le modèle européen de l’enseignement au management basé sur le multiculturalisme, la proximité avec les entreprises et l’ouverture sur le monde, est compatible avec le respect des hauts standards anglo-saxons.Les business schools européennes ont réellement réussi à se positionner dans la compétition mondiale. Les classements internationaux ne sont que des révélateurs de performance et ils sont sans aucun doute imparfaits. Il faut en avoir une lecture globale, car je reste persuadé que la présence d’une école dans chaque classement et ce, quel que soit le programme ou le critère retenu, est un indicateur fiable de la qualité d’une institution. Il faut se féliciter de cette embellie, car elle accroît significativement la visibilité des écoles européennes sur le plan mondial.- Pourquoi les grandes écoles traînent-elles l’image de «ghettos» de «fils à papa»? Comment surmonter la barrière des frais de scolarité?- L’identité des grandes écoles a beaucoup évolué. Je récuse le terme de «fils à papa», car la sélectivité du concours interdit tout phénomène «d’hérédité» si j’ose dire.Plus que jamais consciente de son rôle citoyen, la «performance responsable» est au cœur du projet d’HEC et consiste à œuvrer pour s’ouvrir aux catégories sociales les moins favorisées, repérer les jeunes à fort potentiel et les soutenir dans leurs efforts. De nouvelles initiatives ont été lancées pour favoriser l’égalité des chances. Par exemple, à la rentrée 2007, l'école HEC a participé, en partenariat avec l'Education nationale, à l'ouverture, au lycée Michelet de Vanves, d'une classe préparatoire économique et commerciale «voie technologique», à destination d'un public recruté parmi les meilleurs bacheliers STG (sciences et techniques de gestion), issus de milieux défavorisés, de zones urbaines sensibles ou de territoires en relégation économique. Une trentaine d'élèves sont concernés.En outre, un tutorat complètera le dispositif de soutien. En partenariat avec l'association étudiante «Fleur de bitume», l'initiative d'HEC vise à accompagner des lycéens issus de Zones d’éducation prioritaire (ZEP), de la seconde au premier cycle de l'enseignement supérieur, grâce au soutien d'étudiants d'HEC de première et de deuxième années. Les principaux objectifs de ce tutorat sont l'ouverture culturelle, la curiosité et la motivation, par le biais d'un programme mettant l'accent sur la méthodologie, la culture et l'orientation professionnelle. Concernant la «barrière» des frais de scolarité, l’école s’est dotée d’un fonds de bourses permettant d’aider tous les étudiants dont les parents ont des revenus modestes. Tous les élèves d’HEC ayant besoin d’être aidés financièrement le sont. Les bourses les plus importantes, souvent distribuées en première année, peuvent couvrir l’intégralité des frais de scolarité et d’hébergement.- A quoi tiennent le succès et le rayonnement d’un groupe comme le vôtre?- La taille et l'excellence de son corps professoral permettent une formation aux meilleurs standards et notre «marque« a désormais une notoriété internationale. De plus, la proximité d'HEC avec le monde de l'entreprise et la puissance du réseau des diplômés sont des atouts majeurs, de même que nos partenariats académiques internationaux. Les nouveaux accords de double diplôme avec les meilleures business schools européennes nous distinguent également. Enfin, un campus qui favorise le travail en groupe, la vie associative, les échanges interculturels entre les étudiants et la pratique de nombreux sports, est une spécificité d'HEC.Bien que classée première business school en Europe en 2006, 2007 et 2008 par le Financial Times, HEC a une position concurrentielle fragile et nous poursuivons nos efforts. Il n’est pas question de nous laisser anesthésier par ces classements. Bien au contraire, cette reconnaissance nous impose toujours plus d’effort.- Le passage obligé par les classes préparatoires n’est-il pas un frein à la diversité des profils de vos étudiants? Ce mode de sélection vous paraît-il toujours adapté?- Plus de 120 étudiants par an accèdent au programme «Grande Ecole» par un concours d’admission directe en deuxième année, ce n’est pas rien. Les classes préparatoires ont fait leurs preuves et fournissent la garantie de sélectionner des étudiants remarquables.- La Chine est aujourd’hui un acteur économique incontournable avec de gros besoins en managers. Avez-vous l’intention de vous y implanter?- L’Europe a toujours été notre cible principale, c’est là que nous sommes basés et où sont nos racines. Cela étant, le marché du business éducation est aujourd’hui mondial et afin de rester dans la compétition, nous devons être au premier rang dans les pays émergents. C’est pourquoi nous avons été très actifs pour conclure des partenariats internationaux. A Pékin par exemple, nous proposons depuis septembre 2006 un Executive MBA en collaboration avec la SASAC afin de former de hauts dirigeants chinois. Un nouvel Executive-MBA sera lancé à Shanghai dès 2009. En partenariat avec la School of Economics and Management de l’Université de Tsinghua et l’Institut français de la mode, nous offrons un programme spécialisé Advanced Management Program in Fashion and Luxury. Nous tissons depuis de nombreuses années déjà des liens forts avec des universités chinoises et des instituts de recherche renommés.


    «Rama» et l’internationalisation

    Professeur de stratégie d'entreprise, Bernard Ramanantsoa, 59 ans, est directeur général du groupe HEC depuis 1995 et président de la Community of Management Schools (CEMS). Arrivé au groupe HEC en 1979, il a été coordinateur du département Stratégie et Politique générale de 1988 à 1990 et doyen du corps professoral et de la recherche de 1993 à 1995. «Rama», comme l’appellent familièrement ses étudiants, est membre de la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion du ministère de l’Education nationale et du bureau de la Conférence des grandes écoles qui vient de tenir son congrès jeudi et vendredi derniers à Skhirat dans la région de Rabat. Bernard Ramanantsoa a également travaillé avec des cabinets de conseil comme McKinsey et publié de nombreux ouvrages.D'origine malgache, par son père qui fut médecin militaire dans l'armée française, le Pr Ramanantsoa est ingénieur Supaéro et MBA de HEC. Docteur en sciences de gestion, «Rama» a aussi un DEA de sociologie et un autre encore en philosophie. Son leitmotiv a toujours été l'internationalisation. Après treize ans à la tête de HEC, l’école compte 30% d'étudiants étrangers en formation initiale et 85% en MBA.Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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