×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Echecs: le Maroc exclu de la Fédération Internationale

    Par L'Economiste | Edition N°:48 Le 08/10/1992 | Partager

    La Fédération marocaine des Echecs a été exclue de la Fédération Internationale. Au-delà de la modique somme due, c'est la situation de ce jeu millénaire qui est en question.
    Pour 7.500 Francs suisses non réglés, la FIDE, la Fédération Internationale d'Echecs, a exclu le Maroc. La décision n'est sans doute que provisoire, (il réintégrera après paiement), mais l'événement en lui-même pose le problème des moyens financiers de la Fédération.
    Avec 60.000DH alloués chaque année, la Fédération Marocaine a du mal à joindre les deux bouts. Kamal Skalli, son nouveau Président souhaite d'ailleurs que "le jeu d'échecs soit considéré comme un sport à part entière". Ceci permettra d'atteindre deux objectifs, insuffler un nouveau dynamisme, et peut être un véritable budget. Le jeu d'échecs a évolué au fil des siècles, passant de l'Inde à l'Iran. Affiné chez les Perses, ce seront les Arabes qui lui donneront ses lettres de noblesse. Aujourd'hui les échecs(1) sont devenus un sport universel. La consécration d'un jeu est l'uni-versalité.
    Le monopoly, créé en 1925, a également connu l'universalité. Le football, le basket-ball, etc., sont des sports universels. Si le nouveau souffle tant attendu tarde à voir le jour, c'est parce que des raisons de fonds viennent freiner le développement d'un jeu où le Maroc a son mot à dire.
    Le jeune champion marocain, Hicham Hamdouchi, meilleur Arabe international, une équipe nationale qui réalise des scores honorables, et des espoirs de plus en plus nombreux confortent la Fédération dans ses ambitions de voir le Maroc figurer dans de bonnes places.
    Malgré tout, la vie à l'intérieur des clubs d'échecs, leur nombre réduit, et leurs moyens d'organisation de fortune, sont autant de freins qui rendent vains les efforts de la Fédération. Alors qu'en Europe de l'Ouest, et même de l'Est, les associations d'échecs se comptent par centaines, au Maroc, si les procédures de leur création sont claires, en revanche, lorsque les clubs sont mis sur pied, ces mêmes procédures n'encouragent pas les adhérents à une participation active. L'organisation des clubs d'échecs est freinée par le manque de transparence qui peut exister souvent dans les associations à but non lucratif, et d'une manière plus générale, dans le sport. Pour que les autorisations puissent être accordées, il faut que les activités d'une part puissent être clairement déterminées, et d'autre part que les finances soient saines. C'est le second volet qui est déjà abordé.
    La Fédération marocaine d'Echecs, à cause des moyens limités dont elle dispose, a signé un contrat de parrainage avec Wafabank qui a choisi le jeu d'échecs comme support de son image de marque. Les échecs véhiculant plusieurs images médiatiques positives, d'intelligence, de patience, de propreté morale... La fondation Wafabank (le bras mécène de la banque) a dépensé un peu moins de 1 million de Dirhams en 1991 pour le développement des échecs et 500.000 Dirhams, cette année.
    Si côté tournoi, la Fédération a été satisfaite l'année passée, en 1992 on précise que "ce n'est pas à la Fédération de remplacer les "privés pour l'organisation de tournois". Les promoteurs (des organisateurs) peuvent venir réaliser leur calcul de rentabilité, comme cela se passe dans d'autres disciplines sportives ou artistiques.
    Autrement dit, l'organisation de tournois, aux échecs également, répond à des règles de rentabilité clairement définies. Si en Espagne, par exemple, on dénombre plus de trois cents tournois par an, c'est que l'investissement y est largement rentable. Les grosses organisation et les entreprises importantes dans les manifestations sportives participent doublement à cette croissance. D'une part, elles jouent les mécènes et permettent à des activités culturelles (base intellectuelle du développement) de voir le jour. D'autre part, elles investissent pour améliorer leur image. Si certaines entreprises au Maroc ont compris l'importance de l'enjeu, il reste que les actions entreprises revêtent le plus souvent un caractère ponctuel. Le trophée national des échecs, organisé par la fondation Wafabank, n'aura plus lieu.

    H.H.

    (1) On dit par abus de langage les échecs alors que l'appellation correcte est le jeu d'échecs.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc