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Politique Internationale

Echecs : Karpov, plus communicatif, hypnotise son public à Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:23 Le 02/04/1992 | Partager

L'Arrivée du n° 2 mondial des échecs, Anatoly Karpov, au Maroc, a été fort remarquée, lors de la simultanée qui s'est déroulée dans le salon "Atlantique" du Royal Mansour de Casablanca. Organisée par Wafabank et par M. Skalli, président de la Fédération Royale Marocaine des Echecs, la soirée a remporté un franc succès.
Le vice-champion du monde a mené le "combat" contre ses adversaires avec brio et sang-froid. Malgré un silence lourd, pesant sur la salle, Anatoly Karpov est resté maître de lui-même et du jeu, et a pu ainsi prouver sa suprématie et montrer qu'il était autre chose qu'un simple "héros en papier".
Quand on joue à un certain niveau, on comprend très vite qui l'on a en face de soi, même si quelquefois, on préférerait ne pas le savoir. Par le biais des échecs, on voit, et les gens ne savent pas que l'on peut voir. Cette expérience montre que les échecs constituent, une activité mentale, souvent intense, riche en suspens et qui exprime, avec beaucoup de nuances, les personnalités de ceux qui s'y adonnent.

Un public hypnotisé

Quant aux très jeunes antagonistes du champion, figuraient le petit Walid Hamri (7 ans), Mehdi Hajoui (11 ans), la championne dans sa catégorie Nawal El Amri (10 ans) et Melle Bensouda (12 ans) qui a tenu durant toute la simultanée contre Karpov. Concentrés, les jeunes adversaires du champion ne lui ont pas fait de cadeau, rien n'a pu les émouvoir. Anatoly Karpov, quant à lui, est resté très souriant tout en se concentrant sur le jeu. Peu importe l'adversaire. Il a pu ainsi, observé par un public "hypnotisé", exprimer ses possibilités créatrices et son jeu positionnel.
Les nombreux spectateurs, dont Nawal Moutawakil, Omar Salim, le président de l'Union Maghrébine des Echecs M. El Fassi et de son épouse, ont pu observer la même expression de calme sur le visage de Karpov, ainsi que son jeu de "regards" (qui fixait) sur chaque adversaire.
Le public composé de personnalités diverses, d'échémanes mais aussi d'amateurs, ont pu constater quelle souffrance, quelle angoisse et quelle joie se cachaient, dans une partie d'échecs. Et plus encore dans une simultanée.
Car le joueur fort doit affronter seul, un certain nombre, parfois même plusieurs centaines, d'amateurs. Le maître gagne presque toujours, car les adversaires ont les pièces noires et doivent jouer "leur coup" à l'instant même où le champion passe devant l'échiquier, ce qui a un effet psychologique, assez néfaste sur les adversaires. Anatoly Karpov, par sa présence, par sa décontraction face aux adversaires, a fait de la simultanée un spectacle vivant aux allures, cependant, de combat sans merci.
Dans la salle, l'ambiance surchargée est restée la même. Le silence était trompeur et la sévérité, qui imprégnait le visage des joueurs, cachait leur émotion et leur jouissance profondes.
A la fin de partie, qui a duré 3h30, le suspense devenait de plus en plus fort voire même à la limite insupportable, tant la tension des joueurs était extrême.
Les spectateurs et les photographes se rassemblèrent autour des échiquiers, en attente, afin de mieux observer et suivre la fin de ce match-show.
Sous les applaudissements d'un public conquis, Anatoly Karpov fit 3 nuls contre M. Sekkat, contre la jeune championne du Maroc Nawal El Amri et contre M. Guessous, qui fut le dernier adversaire du champion. Le public, en définitive, put constater que, contrairement à son rival Garry Kasparov, Anatoly Karpov possédait un étonnant sens de l'humour, le faisant ainsi passer pour quelqu'un de simple, réservé et agréable. Très attentif au jeu de ses adversaires à Casablanca et avoue avoir été agréablement surpris par le jeu calme et rationnel, notamment, de ses jeunes adversaires.

Humour et gaité

En conclusion, si vous aimez l'humour et la gaité, le jeu des échecs vous séduira! Inutile d'avoir des qualités comme l'intelligence ou la mémoire car elles se développeront au cours du jeu.
Ce qui compte en fait, c'est l'intuition, l'imagination, mais c'est aussi l'occasion de donner libre cours à vos instincts les plus bas, pour "assassiner", lentement et joyeusement votre antagoniste installé de l'autre côté de l'échiquier. Sadique? et lui, comme par exemple Karpov, s'il n'était pas masochiste, serait-il là ?

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