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3% de PDGères et eux et eux et eux...

Par L'Economiste | Edition N°:1626 Le 20/10/2003 | Partager

. Parmi les 400 plus grands patrons français, il n'y a que 12 femmes. Elles ont pourtant investi les grandes écoles depuis trente ans. Un score bien plus faible qu'en politiqueElles sont douze. Douze femmes à diriger l'un des 400 plus grands groupes français, selon le Guide 2003 des états-majors des grandes entreprises(1). Dans la galerie de photos que constitue cet annuaire des patrons les plus puissants de France, on les distingue à peine tant l'avalanche de costumes-cravates emporte le regard. Aux côtés des médiatiques Arnault, Pinault ou Bolloré, leurs noms ne sont guère connus: Dominique Hériard-Dubreuil dirige le groupe familial Rémy Cointreau, Dominique Reiniche la filiale France de Coca-Cola, Anne Lauvergeon le nucléaire français via le groupe Areva ou Anne-Marie Idrac la RATP. De 1994 à 1998, aucune femme ne présidait un grand groupe, selon ce même guide. Elles sont 4 en 1999, 7 en 2000, et 12 cette année. Soit 3% des effectifs, un score bien plus faible qu'en politique.. Avec le foot et la chasse…Depuis trente ans, les femmes sortent des grandes écoles de commerce, les promotions sont aujourd'hui à parité, mais elles sont toujours aussi peu à atteindre les plus hauts postes de l'entreprise. Les articles de presse ressassent les mêmes noms. Dans les années 80, c'était la businesswoman Francine Gomez avec les stylos Waterman, puis la réussite modèle d'Annette Roux et les bateaux Beneteau, enfin la version Internet avec Oriane Garcia à la fin des années 90. «Médiatiser une femme dirigeante masque d'autant mieux les 99% autres qui ne sont jamais nommées», remarque un chasseur de têtes. Avec le foot et la chasse, le milieu des grands patrons est l'un des derniers bastions masculins de la société française imperméable à la mixité. «La caricature d'un grand patron français, c'est un homme de 55 ans, qui déjeune dans les grands restaurants, fume le cigare et sort entre hommes», observe un proche des milieux d'affaires. En général, ces hommes partagent de longues amitiés depuis les bancs de Polytechnique, les Mines, HEC ou l'ENA. Réseaux d'excellence à la française qui laissent peu de place aux femmes: seules 15% d'entre elles sont diplômées de Polytechnique, 25 à 30% à l'ENA, mais seulement 10% à l'Inspection des finances, corps d'Etat qui fournit les élites économiques de demain. «Au cours de déjeuners, les inspecteurs des finances présentent les petits jeunes qui arrivent. Ils les font connaître», explique un haut fonctionnaire. Plus tard, on se souviendra d'eux. «Dans les comités de direction constitués entièrement d'hommes, la tendance est de favoriser les hommes», souligne un recruteur. Ils font appel à celui qui leur ressemble, celui dont ils se sentent le plus proche. «Aucune des rares femmes inspectrices des finances n'a été nommée à la tête d'un grand groupe, poursuit ce fonctionnaire. Même au coeur de la crème des élites, les femmes sont discriminées.» Les femmes manquent donc de relations, ne se font pas assez connaître. Les hommes, eux, protègent leurs réseaux et ne sont pas encore prêts à les partager. Trompées par l'idéal scolaire, les femmes pensent qu'il suffit de bien travailler leurs dossiers pour être promues. Elles ne «médiatisent» pas assez leur succès professionnel, seule façon de bâtir une carrière ou de sortir du lot dans des groupes qui comptent des dizaines de milliers de salariés. «Les femmes ne vont négocier ni rémunération ni promotion, alors que les hommes le font», souligne Agnès Arcier, présidente d'Administration moderne, association de femmes hautes fonctionnaires. Ce n'est donc pas une histoire d'envie ou de compétences, mais bien de mentalité et de comportement. L'entreprise s'organise toujours autour de l'homme, valeur-étalon du monde économique. Foin de la vie familiale! il faut aligner 70 heures par semaine, finir tard le soir, afficher une virile ambition. D'entrée de jeu, sont exclues ou s'autoexcluent les femmes, elles qui assument la quasi-totalité des tâches domestiques. Pour la philosophe Elisabeth Badinter, ce n'est donc pas par manque d'ambition qu'elles renoncent mais bien parce que les sacrifices sont trop grands. «Le jour où on dira qu'un grand patron n'est pas obligé de travailler 70 heures par semaine et de sacrifier sa vie privée, comme cela se fait dans certains pays, les femmes prendront davantage de responsabilités», estime Agnès Arcier. A défaut de repenser l'exercice du pouvoir, de grandes entreprises commencent à réfléchir à l'idée de promouvoir des femmes. France Télécom ou Schlumberger mènent depuis peu des politiques volontaristes. Repérages de hauts potentiels ou coaching, ces actions sont encore timides. Bilan dans quelques années.


L'égalité professionnelle en négociation

Dans les entreprises, c'est le sujet qui fait rigoler tout le monde. Parler d'égalité professionnelle relève de l'exploit, entre des femmes qui ne veulent pas passer pour des féministes et des hommes qui se contentent de prendre une mine concernée. En dépit des lois et des accords interprofessionnels successifs émis depuis vingt ans, l'égalité n'a guère progressé. L'écart entre les salaires est toujours le même (-27% en moyenne), le chômage des femmes plus élevé et les emplois dits féminins dévalorisés. C'est donc à un vaste chantier que les partenaires sociaux, Medef et syndicats, se sont attaqués en rouvrant en juin le dossier «égalité professionnelle». Les négociations doivent se poursuivre cet automne avec un programme chargé: salaire, formation, accès aux postes à responsabilités... De son côté, le gouvernement, via sa ministre de la parité Nicole Ameline, a décidé de donner «un coup d'accélérateur» à l'égalité professionnelle. En projet, un «label égalité» décerné aux entreprises modèles dans le domaine!(1) Etats-Majors Editions. ------------------------------Cécile DAUMAS Syndication L'Economiste-Libération (France)

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