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    Economie

    Contrefaçon de logiciels: Le bâton en support de la carotte

    Par L'Economiste | Edition N°:535 Le 23/06/1999 | Partager

    · Neuf logiciels sur dix utilisés sont des copies piratées

    · Un deal: Régularisation spontanée contre abandon de poursuites

    Confortés par des condamnations de quelques revendeurs devant les tribunaux, Microsoft et le groupement des éditeurs mondiaux présent au Maroc veulent passer à la vitesse supérieure dans la croisade contre la copie frauduleuse des logiciels. M. El Madhi
    Benabdeljalil, chargé de la Lute Antipiratage chez Microsoft, confie ses espoirs.

    - L'Economiste: Vos récents succès devant la justice présagent-ils d'une intensification de la lutte contre la duplication frauduleuse des logiciels?
    - M. El Mahdi Benabdeljalil: Nous n'avons pas d'autre choix vu la situation actuelle. Selon les estimations les plus récentes (juin 1999), 89,6% des logiciels utilisés au Maroc sont des copies piratées. La situation est telle qu'aucune banque ne se risque aujourd'hui à prêter de l'argent à un informaticien qui a inventé un logiciel faute d'un dispositif efficace de la protection du produit.
    Notre objectif (très conservateur) serait d'arriver à 85%. Les revendeurs font croire aux chefs d'entreprise que le prix du logiciel est compris dans celui du matériel. Même si des fois ce dernier tout en étant conscient d'être en situation illégale s'en accommode. La plus grosse source de piratage provient aujourd'hui de revendeurs informatiques, même si le phénomène n'a pas encore atteint des proportions "industrielles" comme dans des pays asiatiques.

    - Pour l'instant, vous avez fait le choix de privilégier le bâton.
    - Pas exclusivement. Notre démarche est double: La première, envers les revendeurs qui sont aussi des partenaires, et une autre en direction du client final. Les premiers sont au fait de la loi sur la propriété intellectuelle et savent que l'installation d'un logiciel sur une machine sans licence est illégale, et ils l'ont quand même fait tranquillement pendant des années. Il était donc indispensable de les sensibiliser tout en restant ferme. Sur six cents revendeurs, seuls 250 ont une démarche plus ou moins respectable. Il était nécessaire de faire valoir nos droits et montrer que le piratage ne pouvait se poursuivre en toute impunité. Aux utilisateurs finaux, on ne pouvait pas avoir la même démarche d'autant plus que la majorité des chefs d'entreprise, notamment dans les PME/PMI, ne savent pas qu'il faut une licence d'utilisation d'un logiciel. Ce qui explique pour l'instant que les procès qui ont été engagés ne concernent que les revendeurs informatiques.

    - Vis-à-vis du droit, vendeur et utilisateur d'un logiciel piraté sont-ils sur un pied d'égalité?
    - Effectivement, un chef d'entreprise qui vend des bananes et qui utilise un logiciel piraté est aussi coupable que celui d'une société informatique qui lui a vendu ce logiciel. Il n'y a pas de différence, mais étant donné le contexte, nous ne pouvions pas raisonnablement adopter la même attitude envers les deux parties, car nous avons conscience que le succès de notre action passe aussi par la sensibilisation.
    Depuis l'implantation d'une antenne de la BSA(1) au Maroc l'année dernière, nous avons procédé à des visites-inventaires dans les entreprises avec l'accord de dirigeants. Je peux vous assurer que j'ai découvert des choses plus ou moins graves; des sociétés avec un parc informatique de 250-300 machines avaient un taux de logiciels originaux qui arrive à peine à 50%.
    Ce qui est très intéressant, c'est que sur les vingt entreprises que nous avons visitées, plus de la moitié ont régularisé leur situation. Cela prouve que lorsque nous sommes en face des chefs d'entreprise qui, une fois sensibilisés au piratage et aux risques qu'ils encourent à cause d'un problème mineur, les choses se normalisent très rapidement. Le deal arrange tout le monde: Microsoft renonce aux poursuites et dommages-intérêts contre régularisation spontanée de la société.

    Propos recueillis par Lamia El BOUANANI ET Abashi SHAMAMBA

    (1) Business Software Alliance est une association internationale qui regroupe les six grands éditeurs mondiaux de logiciels: Microsoft, Corel, Autodesk, Attachmate, Apple, Adobe. Sa mission est de promouvoir un commerce libre et ouvert des logiciels légaux. L'objectif numéro un du groupement est de protéger les droits de propriété de ses membres et lutter contre la copie illégale des logiciels.

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