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Conseiller et accompagnateur de l'investisseur
Les «nouveaux» habits de l'expert-comptable

Par L'Economiste | Edition N°:1655 Le 04/12/2003 | Partager

. A partir d'aujourd'hui, la profession se réunit en congrès à Tanger jusqu'au 6 décembre. La pression de l'ouverture des frontières agit comme un levier à la valorisation du consulting dans les PME Les travaux du Congrès des experts-comptables qui démarre cet après-midi(1) à Tanger marquent un tournant pour la profession. Si l'investissement doit être au coeur des débats, les professionnels voudraient que leur rôle d'accompagnateur de l'investisseur soit plus lisible et mieux perçu. Indirectement, ils entendent aussi apporter leur pierre à l'édifice de la promotion de l'investissement en sortant des recommandations pratiques de leurs travaux.Dans le conseil, l'action de l'expert-comptable a souvent été confondue, à tort, avec l'optimisation fiscale. Pour le profane comme pour le grand public, c'est, il est vrai, le côté apparent de son intervention dans une entreprise. Pourtant, il est avant tout et surtout un praticien multidisciplinaire qui couvre un large champ d'action: conseil juridique, fiscal, social organisation, conseil en investissement, etc. “L'expert-comptable n'est pas que le praticien des chiffres qui ne s'intéresse qu'aux bilans et à la comptabilité de l'entreprise”, souligne Abdelkrim Hamdi, commissaire général du congrès. C'est en quelque sorte “l'accompagnateur de l'entreprise, de la conception du projet jusqu'à sa mise en oeuvre”. Il se doit d'être en permanence auprès du client durant toute la vie sociale, l'assister par exemple en phase de croissance car le changement de taille est souvent générateur de déstabilisation. Bref, l'expert-comptable ne doit pas pratiquer une médecine d'urgence, mais suivre de manière régulière l'état de santé de son client afin d'anticiper ses difficultés. C'est à ce prix qu'il “pourra sauver des emplois et pérenniser l'activité de l'entreprise”, insiste Abdelkrim Hamdi. Moins connu mais tout aussi important, le rôle d'accompagnateur dans le choix d'investissement. Il n'appartient pas à l'expert-comptable de trancher, mais il peut apporter son expertise et son expérience du terrain à l'étude de faisabilité, la localisation du projet ou au mode de financement. La décision finale revient au chef d'entreprise et au promoteur, même si le conseil peut donner un avis négatif sur l'opportunité du projet. L'objectif est de sécuriser l'investissement en minimisant l'erreur, insiste Rachid Seddik Seghir, expert-comptable, membre du comité de préparation du congrès. . Relation de confidence avec le clientPour la profession, ces missions de conseil ne sont pas en réalité nouvelles. Elles sont peut-être moins connues alors qu'elles regorgent de prestations à valeur ajoutée. Si au plan individuel, l'expert-comptable est présumé compétent pour ces types d'interventions, cette évolution exige des structures multidisciplinaires et une taille critique pour assurer une prestation plurielle. Pour des missions lourdes, il y a probablement nécessité de regroupement des compétences, concède Abdelkrim Hamdi. “On devrait envisager le groupement des cabinets ou la mise en commun des ressources”, assure-t-il. Pas sûr qu'il soit entendu. Vu la culture individualiste qui caractérise les professions libérales, ce sera une petite révolution dans une activité où l'offre est atomisée entre une myriade de petites structures. Il y a presque autant de cabinets que d'experts-comptables inscrits à l'Ordre. Il n'en reste pas moins que c'est une nécessité impérieuse, renchérit Rachid Seddik Seghir, “car la relation avec le client est une course à l'infini”. Le professionnel doit constamment se mettre à jour afin d'apporter une valeur ajoutée à la prestation au client, explique-t-il. Il se doit surtout d'être en avance sur son client, car beaucoup d'entreprises exigent un service pointu qu'elles ne peuvent obtenir en interne. L'enjeu est que l'expert-comptable soit en mesure d'apporter un plus par rapport aux cadres de son client. En pratique, la relation entre l'expert-comptable et l'entreprise relève aujourd'hui presque de la complicité (positive), constate Rachid Seddik Seghir. “A la base, c'est la confiance entre les deux parties qui au fil du temps fait de l'expert-comptable un confident du chef d'entreprise”. Il y a là une évolution qui ouvre des opportunités à la profession mais qui lui pose aussi de nouveaux défis, dont celui de la multidisciplinarité. Dans le processus de mise à niveau des entreprises, les experts-comptables vont devoir jouer un rôle fondamental, “à condition qu'ils soient en phase avec les attentes de leur clientèle”. De plus en plus, nos clients nous consultent pour le moindre problème et pas seulement dans le domaine comptable ou fiscal, confirme Seddik Seghir. La mise à jour du portefeuille des compétences devient donc un enjeu fondamental. C'est de cela que dépendra la compétitivité de la profession face à la concurrence. Les instances de l'Ordre prévoient des modules de formation sur plusieurs domaines. La norme obligatoire est de 40 heures de formation minimum par an pour chaque professionnel inscrit au tableau de l'Ordre. Il apparaît que la prestation intellectuelle est beaucoup mieux perçue aujourd'hui par les entreprises et que celles-ci commencent à appréhender la valeur ajoutée de l'intervention d'un consultant, “sans toutefois y mettre tout le prix qu'il faut”. Il y a incontestablement une évolution, confirme Abdelkrim Hamdi. Ce qui est sûr, c'est que la pression de l'ouverture des frontières et l'horizon de la déprotection complète avec l'Union européenne en 2010 agissent comme des leviers à ce regain de foi dans le conseil. L'aspect financier d'une firme, aussi solide soit-il, ne suffit pas à garantir son avenir. . Rôle pédagogiqueCe message devient audible aujourd'hui, observe Rachid Seddik Seghir. Les chefs d'entreprise (même dans les PME de dimension moyenne) ont pris conscience que c'est dans les restructurations d'aujourd'hui que résident les chances de survie demain face à la concurrence de firmes plus rompues à la compétition internationale.Le rôle (historique) de conseiller assuré par l'expert-comptable (mais il n'est pas le seul dans ce cas) dépasse le simple cadre de l'optimisation fiscale, à laquelle les chefs d'entreprise sont si attachés. Il reste que le souci légitime de payer moins d'impôts est encore très présent auprès des dirigeants. Au-delà, le rôle des praticiens est de pousser leurs clients à respecter le sacro-saint principe d'image fidèle des comptes, tout en leur permettant d'utiliser des instruments légaux pour minimiser l'impôt. “Un bon expert-comptable n'est plus forcément celui qui fait payer à son client le moins d'impôts de manière légale”.Avec la mise en place du code général de normalisation comptable, la profession a joué un rôle de pédagogue auprès de beaucoup de petites entreprises dans l'apprentissage de la transparence. En tout cas, elle a fait sortir des centaines du circuit informel en implémentant la comptabilité dans leur organisation, fait remarquer Rachid Seddik Seghir. La fameuse pratique des trois bilans est un souvenir lointain et dans tous les cas, la profession ne joue pas à ce jeu-là, insiste le commissaire général du congrès. Ce qu'on attend de la profession est qu'elle inculque à l'entreprise marocaine un comportement de citoyenneté vis-à-vis de ses obligations fiscales et sociales, en insistant le cas échéant sur les risques encourus.Abashi SHAMAMBA---------------------------(1) Le congrès se tiendra du 4 au 6 décembre à l'hôtel Movënpick de Tanger. Plus de 300 personnes participeront à ce rendez-vous, dont de nombreuses personnalités représentant la Fédération internationale des experts-comptables francophones, l'Union arabe des experts-comptables, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (France), etc. André Azoulay, conseiller du Souverain, est annoncé pour l'ouverture de la manifestation.

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