×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Conseil de la Monnaie et de l'Epargne: Débat sur la politique monétaire

Par L'Economiste | Edition N°:499 Le 04/05/1999 | Partager

· Faut-il desserrer les contraintes prudentielles?

· Bank Al-Maghrib veut améliorer l'audit interne des banques


Demain se réunit le CNME, le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne, avec plusieurs semaines de retard sur son propre calendrier. "Il nous fallait une meilleure visibilité sur le projet de Loi de Finances et sur le profil de l'année agricole, donc sur le PIB", notent les autorités monétaires pour expliquer ce retard.
Vis-à-vis de la politique budgétaire, Bank Al-Maghrib a déjà donné une façon d'imprimatur en abaissant le taux des pensions en avril. En revanche, elle reste réservée sur le désir gouvernemental de voir s'assouplir les critères prudentiels. L'argument gouvernemental reprend en grande partie les remarques formulées par les banques et selon lesquelles certains critères marocains sont plus sévères que les critères occidentaux.
Mais l'accroissement des créances douteuses et contentieuses "montre que les banques, prises globalement, ne sont pas assez soigneuses sur les sûretés qu'elles demandent ou sur la surveillance des comptabilités d'entreprises", soulignent les autorités monétaires.
Bank Al-Maghrib, qui par statut est responsable de la valeur de la monnaie et de la sécurité de la place, considère donc qu'il lui faut être vigilante sur la santé des établissements financiers. "Un desserrement des contraintes prudentielles ne peut donc aller qu'avec un renforcement préalable et très sérieux de l'audit interne", soulignent les autorités monétaires. Elles ajoutent qu'il leur faut avoir au préalable la certitude que ces contrôles fonctionnent avant d'envisager un assouplissement des critères prudentiels.

Sur cette question, c'est un débat sans fin qui va s'engager.
Pour les banques, l'accroissement des mauvais crédits pèse directement sur la rentabilité bancaire et justifie que le taux d'intérêt reste au Maroc plus élevé qu'ailleurs. Autrement, disent les banquiers, c'est signer l'arrêt de mort de plusieurs établissements qui seront victimes de l'effet ciseau. La place peut-elle le supporter alors que "les entreprises vont souffrir de la déprotection", note un banquier dont l'établissement est filiale d'une grande banque française? Pour lui, pas de doute, le marché a déjà commencé à trier entre les banques rentables et "celles qui le sont moins".
Quel sera l'impact de la déprotection sur la santé financière des entreprises? C'est le coeur du débat, lequel pour l'instant reste à la surface des choses sans chercher à distinguer la place particulière de chaque entreprise face à la libéralisation.

En analysant d'une manière plus fouillée, qu'il ne l'a jamais fait, l'environnement économique, le Ministère de l'Economie et des Finances note les besoins de la mise à niveau. Il signale par ailleurs les 1,4 milliard de DH de manque à gagner budgétaire du fait de la baisse des droits de douane. Ce montant n'est pas perdu pour tout le monde: il va aller partiellement dans les comptes d'exploitation des entreprises qui vont voir le prix de leurs intrants baisser, tandis que les out-put resteront protégés pour quelques années. Le système bancaire et la politique du crédit doivent-ils utiliser ce différentiel comme un levier pour accorder des financements supplémentaires ou au contraire rester très prudents sachant que cette période est limitée dans le temps? Et plus en amont, les autorités monétaires doivent-elles accéder à la demande gouvernementale de desserrer les contraintes prudentielles ou bien s'y opposer? Ou bien encore doivent-elles desserrer un peu et récupérer la possibilité d'un contrôle plus direct, comme avec l'article 3 de la circulaire du 26 avril 1999, concernant les interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire?
En fait, c'est ce CNME qui va véritablement ouvrir le débat quant à la politique monétaire accompagnant la mise à niveau.

Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc