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    Economie

    Compétitivité: Bilan mitigé

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    Les performances de l'économie marocaine pour 1997 enregistrent de bons résultats pour les infrastructures physiques et institutionnelles. Le taux d'analphabétisme tire les ressources humaines vers le bas.


    LE rendez-vous annuel est devenu presqu'un rituel. La présentation le 10 décembre des résultats des travaux de l'Observatoire de la Compétitivité Interna-tionale de l'Economie Marocaine (OCIEM) pour 1997 a suscité beaucoup d'intérêt. Pas une seule voix de l'assistance composée d'industriels, de hauts fonction-naires et de chercheurs n'a manqué à l'appel pour applaudir l'initiative et féliciter les experts de ce travail de fourmis. L'échantillon retenu comprend seize pays soigneusement sélectionnés afin de permettre une comparaison avec des pays en forte expansion économique du Sud-Est asiatique comme la Thaïlande ou la Malaisie, à fort potentiel industriel (Brésil, Mexique), à économie en transition (Pologne, Hongrie) et des pays de l'Union Européenne comme le Portugal et la Grèce.
    L'analyse des ratios et la comparaison avec les pays retenus dégagent un bilan mitigé. Le Maroc collectionne les performances faibles ou moyennes dans la tranche inférieure. A l'exception du facteur des «infrastructures physiques et institutionnelles» où le Maroc a enregistré des «résultats intermédiaires, tranche supérieure». Le ministre des Finances, du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, M. Driss Jettou les qualifie «d'assez bons résultats».

    Tranche inférieure


    Par contre, cet enthousiasme disparaît en cédant la place aux résultats faibles, particulièrement lorsqu'il s'agit du dynamisme macro-économique, les ressources humaines et le développement technologique. De l'analyse des sept facteurs retenus, il se dégage plusieurs constatations. Au regard du dynamisme macro-économique, le Maroc enregistre des résultats faibles, en nette régression par rapport à l'année dernière où il était dans la catégorie des pays à «performances moyennes, tranche inférieure». Cette contre-performance s'explique par le taux négatif de -1% pour la croissance prévisionnelle du PIB réel du Maroc pour l'année 1997. C'est le seul taux inscrit dans le rouge pour l'ensemble de l'échantillon puisque le plus faible est celui de la Hongrie (2%), alors que les pays asiatiques enregistrent un taux de croissance supérieur à 6%. De même, le PIB par habitant n'a guère dépassé les 1.000 Dollars, alors que la moyenne des pays retenus était de 4.180 Dollars. Par ailleurs, la contribution des industries manufacturières au PIB a gagné deux points, s'établissant actuellement à 19%, soit le même pourcentage que le Mexique. Cette proportion est de 33% en Malaisie.

    Au regard du dynamisme financier, le Maroc n'améliore guère son classement par rapport à l'année dernière en se maintenant dans la catégorie des pays à résultats moyens, tranche inférieure. Seuls le Chili et la Malaisie enregistrent de «bons résultats». Ce résultat du Maroc est tiré vers le bas par la diminution du ratio de l'épargne intérieure brute au PIB, passant de 15 à 13,2%, sachant que la moyenne des pays retenus est de 22%. Pour la cote crédit des investisseurs institutionnels, elle a enregistré une légère amélioration par rapport à l'année dernière, passant de 38,7 à 39,3% pour le Maroc. Cependant, elle reste en deçà de la moyenne des pays pour cette année qui est de 43,7% et qui dépasse 60% pour des pays comme la Thaïlande, le Portugal, la Malaisie et le Chili.
    Le facteur «dynamisme du marché domestique» n'enregistre aucun changement par rapport à 1996 et se maintient dans la catégorie des pays à performance moyenne, tranche inférieure. La consommation privée par habitant reste faible (896 Dollars) en comparaison de ce qu'elle représente par rapport à la moyenne des pays de l'échantillon (2.571 Dollars).

    Une seule pierre blanche

    La fiscalité reste moyenne mais le niveau des taxes sur les échanges et les transactions internationaux (7,8% du PNB) demeure élevé en comparaison des pays retenus où le taux est de 2,1%.
    Le commerce extérieur n'a pas enregistré non plus de changement par rapport à l'année dernière. Il se maintient dans la catégorie des pays à résultats moyens, tranche inférieure. Cette position s'explique par le volume des échanges extérieurs du Maroc par rapport au PIB, ce taux était de 44,3% en 1996 contre une moyenne de 54,2% pour les autres pays. Il est de 66,3% pour la Hongrie, 73,7% pour la Thaïlande et a atteint un chiffre record pour la Malaisie avec 198,4%. La proportion des produits manufacturés dans les exportations accuse un léger fléchissement passant de 70 à 67,7% mais reste à un niveau appréciable comparé à celui de l'Argentine (33,9%) ou du Chili (13,9%).

    Au regard du facteur ressources humaines, le Maroc se maintient dans la catégorie des pays à faibles résultats. Cette position s'explique par le taux d'analphabétisme élevé de 56% et par l'indicateur des dépenses publiques de santé qui ne dépasse guère 12 Dollars par habitant pour 1995 alors que la moyenne des pays retenus était autour de 88 Dollars pour la même année.
    Pour le facteur développement technologique, le Maroc est classé dans la catégorie des résultats faibles. Une progression légère dans le classement a été enregistrée puisqu'il dépasse le Brésil et l'Indonésie alors qu'il était classé en dernière position l'année dernière.
    La seule pierre blanche dans l'édifice concerne les infrastructures physiques et institutionnelles, puisque ce facteur passe de la tranche inférieure à celle supérieure dans la catégorie des pays à résultats moyens. Cette progression est due principalement aux appréciations positives des chefs d'entreprise marocain quant à la qualité des services.


    Des contraintes


    Un chapitre est consacré aux contraintes au développement industriel. L'Observatoire a mené une enquête auprès d'un échantillon représentatif d'entreprises industrielles qui a permis d'identifier une liste de contraintes considérées par les chefs d'entreprise comme obstacles à la compétitivité. Le noyau dur des contraintes concerne la lourdeur des procédures administratives et la difficulté de faire valoir les droits légaux. Le coût élevé du financement, la concurrence de l'économie souterraine et le niveau élevé des impôts sont également cités par dirigeants d'entreprises.

    Fiche technique


    Pour l'Observatoire, l'échantillon comprend 16 pays: l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Grèce, la Hongrie, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Mexique, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Thaïlande, la Turquie et le Maroc.
    Les indicateurs qualitatifs et quantitatifs retenus pour cette photographie de l'économie sont
    répartis en sept facteurs: dynamisme macro-économique, dynamisme du système financier, dynamisme du marché domestique, commerce extérieur, ressources humaines, développement technologique et infrastructures physiques et institutionnelles.

    Mohamed CHAOUI



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