×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Affaires

Comment Managem s’est retrouvée dans l’impasse

Par L'Economiste | Edition N°:1792 Le 17/06/2004 | Partager

. Des ventes à terme ont été conclues, mais l’or s’est mis à monter . Les réserves ne sont pas aussi importantes que prévues. Les risques de pertes sont «préoccupants»PREMIERE société cotée dà la place de Casablanca à avoir lancé un warning (avertissement) sur ses résultats, concernant un surengagement dans des couvertures sur les prix de matières premières (www.leconomiste.com), Ma-nagem a compris qu’il ne fallait pas en rester là et envoie depuis plusieurs signaux en direction des actionnaires. Le message est clair, la société traverse une mauvaise passe. Mais “inutile de céder à la panique”, le nouveau management a repris les choses en main et tente de rectifier le tir. Une réunion a été organisée, mardi 15 juin, avec la presse pour expliquer les tenants et les aboutissants de ce warning qui a provoqué un tollé dans le microcosme financier. “D’abord parce que c’est la première fois qu’une société cotée entreprend une démarche pareille, mais cela a confirmé aussi les craintes nourries sur les perspectives de la minière”, explique un analyste de la place. La sanction du marché ne s’est pas fait attendre. Les ordres de vente “au mieux” pleuvaient aussitôt sur les tables de marché des sociétés de bourse. Au terme de la semaine dernière, et après deux journées de réservation à la baisse, la minière avait plongé ainsi de 22,99% à 320 DH. “Les investisseurs anticipent, en effet, des résultats négatifs pour l’année 2004”, indiquent les analystes.. Plusieurs maladresses dans les engagementsA l’origine de ce faux recul, des erreurs de jugement de l’ancien management. Et même si Abdelaziz Abarro, actuel président de la société, se refuse à le dire, Rachid Benyakhlef a, semble-t-il, commis des “erreurs de vision” et c’est pour cette raison qu’il a été débarqué sans ménagement de sa fonction de président. Pour sa défense, Benyakhlef affirme que les décisions concernant la couverture des métaux avaient l’assentiment du conseil d’administration. Interrogé à ce propos, Abarro rétorque que le CA a intervenu sur les questions stratégiques seulement, pas sur la gestion courante. On n’en saura pas plus. “On ne peut certes pas parler de spéculations de la part de l’ancien management, mais toujours est-il que les engagements pris sur les contrats sont difficiles à tenir”, dira-t-il en substance. Plusieurs maladresses ont été relevées au niveau des engagements, notamment que “les modalités de mise en œuvre de ces instruments se sont progressivement écartées de leurs objectifs de couverture appropriée au point de présenter des risques significatifs sur les résultats”, indiquent les responsables de la société. Ainsi, sur l’ensemble des métaux, les volumes engagés à la vente font apparaître des taux très élevés par rapport aux rythmes de production actuels (dépassant parfois les 100% sur une période annuelle). C’est au niveau de l’or que la situation est qualifiée de “particulièrement préoccupante”. “Le portefeuille de couverture est largement supérieur aux réserves”, explique Abarro. Ainsi, le total des volumes engagés à la vente, lors du lancement de l’exploitation de la mine de Akka en 1999, s’avère excessif, sur la base des réserves estimées à cette époque et par rapport aux réserves réévaluées aujourd’hui (environ 230% selon les estimations actuelles). “Les cours de l’or ayant connu une progression significative ces derniers mois, suivie d’une légère accalmie, il apparaît nécessaire de réduire les engagements y afférents”, est-il expliqué. Objectif: les mettre en adéquation avec les réserves et limiter les pertes en cas de rebond des cours. Pour l’actuel management, deux solutions sont possibles dans ce genre de situation: “s’approvisionner sur le marché international, ou alors augmenter les réserves à travers l’accélération de la prospection”.Pour réduire la facture, Managem est obligée “de jouer sur les deux tableaux”. “Nous essayerons aussi bien de dénouer quelques contrats en ayant recours au marché international et d’accélérer la prospection d’autres gisements”, est-il indiqué du côté de la minière. En dehors de ces erreurs de jugement, la mauvaise passe que traverse Managem en ce moment est également le résultat d’un changement dans l’évaluation des réserves. “Cette évaluation est faite depuis 2003 sur la base de normes internationales, la NF101 notamment”, explique Abarro. Quoi qu’il en soit, Managem est sur la mauvaise pente et seule une baisse des prix de l’or pourrait réduire l’ampleur des pertes. Et en principe, l’or baisse lorsque la situation internationale est très calme et parfaitement prévisible.


Prospection avancée

MANAGEM, qui contribue pour près de 70% dans la production minière hors phosphate, développe son activité à l’international, notamment en Afrique subsaharienne. Sur fond de récession, 2003 aura été une année charnière pour la filiale de l’ONA. Les mines de Guemassa et d’Imiter sont toutes deux arrivées à maturité. “Leur exploitation est entrée en phase de complexification avec une baisse de la teneur en minerai”, est-il expliqué du côté de la minière. Ce qui s’est traduit par une hausse des charges d’exploitation. Une hausse qui devrait s’atténuer avec le démarrage du projet Draâ Sfar en 2004. En outre, pour répondre à une stratégie de valorisation, Managem a lancé au second semestre 2003, la production d’oxyde de zinc sur le site même de Guemassa, dans la région de Marrakech. Cette unité de traitement vient consolider le complexe industriel de Guemassa. Elle utilise un process inventé par les laboratoires Reminex. Cette invention hisse Managem parmi les 5 premiers producteurs mondiaux de zinc (www.leconomiste.com).A l’étranger, Managem a opté pour l’acquisition de nouveaux gisements, notamment en Guinée. En outre, des travaux de construction viennent d’être lancés sur une mine au Niger, l’exploitation étant programmée pour le second semestre 2004. La prise de contrôle de la Société d’exploitation minière en Afrique de l’Ouest (SEMAFO) en 2002 devrait faciliter son implantation dans la région, notamment au Burkina Faso.Fédoua TOUNASSI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc